jeudi 16 avril 2026
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Pré-Tabeski : L'exode des urbains vers leurs racines

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Pré-Tabeski : L'exode des urbains vers leurs racines

À l'approche de la fête de la Tabaski, les gares routières de Bamako sont en pleine effervescence. De nombreuses familles se préparent à retourner dans leurs villages d'origine, une tradition profondément ancrée dans les coutumes culturelles, sociales et économiques maliennes.

Un retour aux racines pour renforcer les liens familiaux et sociaux
La Tabaski est une célébration religieuse et familiale d'une importance capitale. Elle offre une occasion précieuse de se réunir, de profiter ensemble et de resserrer les liens familiaux. Pour beaucoup, passer Tabaski loin des siens est dénué de sens et de valeur. Ce retour aux villages est également motivé par des raisons économiques et sociales. Les résidents de Bamako, souvent considérés comme mieux lotis, apportent des denrées, de la nourriture ou de l'argent à leurs proches restés au village. Certains contribuent même à l'achat des moutons pour le sacrifice, illustrant ainsi la solidarité et le partage caractéristiques de cette période.

Récits des voyageurs et professionnels 
Les témoignages des voyageurs exposent bien les raisons de ces retours.

Une aide-ménagère originaire de Dioïla raconte : « Je retourne au village avant chaque fête, car c'est pour moi l'occasion d'être proche de mes amis d'enfance. Ce retour est très bénéfique. Il me permet aussi de parler de mes difficultés au travail à mes parents, tout en cherchant conseils et bénédictions. Ce que je trouve particulièrement gratifiant, c'est de renouer avec ma culture et de changer d'air. »

Amadou Diarra, de Kolokani, partage ce ressenti : « À chaque Tabaski, j'emmène ma famille au village. C'est une habitude pour tous les membres de notre famille qui vivent en dehors du village. Les fêtes sont des moments de grandes retrouvailles et de divertissement. Une fois au village, j'oublie complètement mes soucis citadins, c'est vraiment un moment de détente pour moi. »

Pour les conducteurs de bus, cette période représente une activité intense. Un chauffeur témoigne : « La veille des fêtes est une époque de forte activité pour nous, car avec les passagers, nous gagnons beaucoup. Mais c'est aussi très épuisant. Souvent, les passagers s'impatientent car tout le monde souhaite rejoindre ses proches rapidement. »

Un voyageur de Sikasso Wayarama décrit l'atmosphère unique du village : « À Sikasso, nous passons notre temps à organiser des événements culturels, les sons de tam-tams résonnent partout. La jeunesse organise des matchs de foot, certains écoutent de la musique, d'autres dansent au son du balafon. Souvent, on ne veut même pas retourner en ville avec son bruit et son atmosphère polluée par la fumée. »

Une fête, un mouvement national
Ainsi, la Tabaski au Mali dépasse largement le cadre d'une simple fête religieuse ; elle est un moment essentiel de cohésion sociale, marqué par une activité intense, une mobilisation collective et un esprit de partage. Les citadins quittent Bamako pour rejoindre leurs familles, honorer les traditions et célébrer ensemble en communauté, parfois pour échapper aux coûts de la vie urbaine.

Fanta.Diop/Stagiaire/Malijet.com

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