Recrutement dans les Forces de l'Ordre : Une opportunité pour la jeunesse malienne, face à des défis organisationnels
Le ministère de la Sécurité et de la Protection Civile du Mali a annoncé, dans un communiqué daté du 12 juin 2025, l'ouverture d'un recrutement national de 3 000 jeunes pour renforcer les effectifs de la Police Nationale et de la Protection Civile.
Selon le communiqué signé par le Général de Division Daoud Aly Mohammadine, ministre en charge de la Sécurité, ce recrutement vise à consolider les dispositifs sécuritaires du pays dans un contexte marqué par de multiples défis, tant sécuritaires qu'humanitaires. Il s'inscrit également dans les efforts du gouvernement visant à offrir des opportunités professionnelles aux jeunes, dans un pays où le chômage est élevé.
Le communiqué précise la répartition des postes : 2 000 gardiens de la paix au sein de la Police Nationale et 1 000 sapeurs du rang pour la Protection Civile.
Témoignages des candidats : Entre détermination et difficultés sur le terrain
La rédaction de Malijet a interrogé plusieurs candidats pour recueillir leurs avis sur les conditions de ce recrutement.
Abdoulaye Samaké, candidat pour la Protection Civile, témoigne de sa persévérance malgré les obstacles : « Je suis candidat au recrutement des militaires de la Protection Civile, c'est la troisième fois que je postule. Je viens d'Ouelessebougou, très loin de mon lieu de recrutement. C'est la deuxième fois que je fais ces allers-retours depuis que j'ai commencé, je passe la nuit dehors par problème de proximité. Mais malgré toutes ces files d'attente, j'ai fait un constat amer qui est un désagrément pour la plupart d'entre nous les candidats. Ces longues attentes m'ont causé des désagréments, et je me soucie beaucoup du résultat de la visite médicale qui me tracasse. »
Moussa Diaby, de Koutiala, affiche une détermination sans faille : « Je suis de Koutiala, je n'ai personne ici. C'est ma 4ème fois de me présenter, j'ai toujours rêvé d'être policier, j'ai mon DEF, je ne lâcherai jamais jusqu'à ce que j'atteigne mon objectif. Cela faisait 2 jours que j'étais ici, mais gloire à Dieu, j'ai pu effectuer mon dépôt et ils m'ont donné un reçu portant mon numéro de dépôt. Je souhaite bonne chance à tous. »
Adama Niakaté, candidat pour la Police Nationale, pointe des problèmes d'organisation : « Je suis candidat de la Police Nationale. Malgré le nombre élevé de candidats, j'ai constaté que c'est trop lent. Ils devraient passer toute la nuit à recevoir les dépôts pour éviter tout désagrément. Mais à partir de 16h, ils commencent à fermer. Dorénavant, qu'ils prennent des précautions pour éviter ces bousculades. »
En revanche, Ibrahim Traoré, qui a déposé son dossier au commissariat du 12ème arrondissement à Kalaban Coura, exprime sa pleine satisfaction : « J'ai effectué mon dépôt au commissariat du 12ème à Kalaban Coura, je suis pleinement satisfait. La commission de recrutement était très accueillante, il n'y avait pas trop de bousculade, c'était très bien organisé et j'ai fait mon dépôt sans problème. »
Enfin, Madina Diakité, candidate pour la Protection Civile, décrit les difficultés liées à la distance et à l'attente : « Je suis candidate au recrutement de la Protection Civile, je suis très éloignée d'ici. Je me suis levée depuis 4h du matin pour rejoindre Sogoniko. Cette année, j'ai trouvé un rang long devant moi, je n'ai même pas mangé sous ce soleil accablant, on ne fait que se pousser en rang, comme prescrit par les éléments du bureau de recrutement. »
Un enjeu majeur pour la sécurité et l'emploi des jeunes
En somme, ce recrutement est un facteur qui va contribuer à diminuer le taux de chômage des jeunes Maliens et vise à renforcer l'effectif des forces armées maliennes, afin de sécuriser toute l'étendue du territoire national. Cependant, il est impératif de décentraliser les lieux de dépôt ou de les multiplier afin que les candidats puissent effectuer leur dépôt sans tracasserie et dans de meilleures conditions.
Fanta.DIOP/Stagiaire/Malijet.com