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Suspension d'exploitation minière artisanale pour les étrangers : Une mesure gouvernementale décisive en difficulté

Par Malijet 3,515 vues
Suspension d'exploitation minière artisanale pour les étrangers : Une mesure gouvernementale décisive en difficulté

Le gouvernement malien a instauré des mesures majeures relatives à l'extraction minière artisanale dans l'ensemble du pays. Pendant la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, tenue le mercredi 5 mars 2025 sous la présidence du Général d'Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l'État, un des points principaux abordés a été la suspension des activités minières artisanales menées par des étrangers.

Près de quatre mois après son annonce, cette initiative, qui visait à prévenir les catastrophes humanitaires et environnementales, peine à être mise en œuvre sur le terrain, la complicité des populations locales étant invoquée comme raison principale.

Pourquoi cette mesure importante ?

Le Mali, en tant que l'un des principaux producteurs d'or en Afrique, dispose d'environ 800 tonnes de réserves aurifères. Malgré les efforts et la détermination des autorités à bien encadrer leur extraction pour qu'elles contribuent efficacement à l'économie nationale, le secteur minier est miné par l'exploitation illégale. De nombreux sites artisanaux non autorisés prolifèrent et sont souvent le théâtre d'éboulements tragiques. Entre 2024 et début 2025, des incidents dans les mines gérées par des sociétés étrangères ont causé une centaine de décès sur les sites aurifères de Kokoyo, au village de Danga, dans le cercle de Kangaba (région de Koulikoro) et à Bilalikoto dans le cercle de Kéniéba (région de Kayes).

Face aux dangers accrus de l'exploitation minière artisanale et ses effets dévastateurs sur l'environnement, le Chef de l'État a demandé au gouvernement de renforcer les mesures.

Quatre mesures principales pour règlementer le secteur minier

Le Président de la Transition, Chef de l'État, Général d'Armée Assimi GOITA a aussi ordonné : l'annulation des nominations des responsables administratifs directement impliqués dans ces incidents : préfets, sous-préfets, responsables des forces de sécurité (police, gendarmerie, garde), des services locaux des Eaux et Forêts, des services d'assainissement et de contrôle de la pollution et des nuisances, ainsi que les responsables des services subrégionaux de la géologie et des mines ; la révision de certaines lois pour, notamment, mettre un terme à la transaction dans le domaine environnemental, faciliter la récupération des équipements liés à l'orpaillage et leur transfert au patrimoines de l'État ; la suspension des permis d'exploitation minière artisanale accordés aux étrangers ; le début de la procédure de dissolution du Conseil communal de Dabia.

Quand le terrain s'impose

Bien que le Conseil communal de Dabia ait été dissous, l'exploitation minière artisanale se poursuit dans les cercles de Kéniéba et Kangaba, malgré la détermination des autorités à en restreindre l'ampleur. Depuis environ quarante ans, dans ces deux régions du pays, principales zones d'orpaillage traditionnel, de nombreuses générations se succèdent sur différents sites pour chercher le précieux métal jaune.

« Dans notre communauté, il est très difficile, voire impossible, d'arrêter l'orpaillage traditionnel et l'exploitation minière artisanale. Aujourd'hui, elles représentent l'activité principale pour la population », a confié Diémory Camara, orpailleur à Kangaba.

« Cette pratique existe depuis longtemps, nous la considérons comme un héritage de nos ancêtres. Les générations passeront, mais l'activité perdurera. Depuis environ cinquante ans, l'agriculture est devenue secondaire pour la survie de la population. Dans notre village, il n'y a pas une seule famille qui ne pratique pas l'orpaillage traditionnel. », témoigne Bakary Dansoko, orpailleur dans la commune rurale de Dabia.

« Tout le long du fleuve Niger dans le cercle de Kangaba, soit plus de 100 km, était occupé par des exploitants étrangers disposant d'équipements adaptés à l'extraction de l'or. Malgré les conséquences sur notre environnement et notre santé, à cause de la pollution de l'eau, nous y sommes très favorables. En effet, tous leurs employés sont issus de nos communautés, nous sommes bien rémunérés, et c'est grâce à cela que nous pouvons subvenir aux besoins de nos familles… », a déclaré Moussa Kanté, résident de Kangaba. Compte tenu de ces témoignages, l'application stricte des mesures envisagées par les autorités pourrait provoquer des controverses chez les citoyens maliens qui perçoivent déjà une menace sur leur survie.

A.Ouattara/Malijet.com

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