Elevage de chèvre à Bananzolé : Un exemple d’autonomisation féminine réussie qui inspire
Au Mali tout comme dans d’autres pays de la sous-région, la place qu’occupent les femmes rurales est très importante dans la gestion familiale. En plus des tâches quotidiennes (aller chercher l'eau et le bois, préparer les repas), elles sont des acteurs importants dans les exploitations agricoles, participant à la création de revenus et au développement économique.
Pour consolider ces acquis et améliorer leur indépendance sociale et financière, l'organisation Zakat Foundation of America a financé en 2014 un projet d'élevage de petits animaux (chèvres) pour les femmes du village de Bananzolé, qui se sont regroupées en association. Situé à plus de 50 km de Bamako, sur la route de Sikasso dans la région de Koulikoro, Bananzolé est un village où les ethnies Bambara, Dogon et Mandingue vivent ensemble paisiblement.
La population de ce village, d'environ 2 245 habitants, est composée à 52 % de femmes. Traditionnellement, comme dans beaucoup de zones rurales du Mali, la principale source de revenus à Bananzolé était la production de charbon de bois. Cependant, cette activité, pratiquée après les travaux agricoles, a beaucoup diminué à cause de la déforestation excessive.
Face à cette situation, le projet d'élevage de chèvres financé par l'organisation humanitaire s'est révélé être une alternative viable pour un développement durable. Aujourd'hui, il fait du village de Bananzolé un modèle d'émancipation féminine dans la région de Koulikoro.
De 27 chèvres à une indépendance économique durable
Le projet avait commencé avec seulement 27 chèvres, destinées à des centaines de femmes membres de l'association du village. Son but principal était de mettre en place un plan d'aide sociale et économique pour répondre à leurs besoins spécifiques, afin de les rendre autonomes et d'assurer leur participation totale à la vie de leurs communautés.
Mme Traoré Rokia COULIBALY, représentante de l'association féminine de Bananzolé, explique l'impact positif du projet : « Le don de 27 chèvres à notre association a été un nouveau départ non seulement pour nous, les femmes, mais aussi pour nos familles. La méthode que nous avons suivie est que les premiers chevreaux nés ont été donnés à d'autres femmes. Grâce à cette pratique, toutes les femmes du village ont pu en profiter. Aujourd'hui, avec plusieurs centaines de chèvres, nous pouvons payer les besoins de nos enfants (école, santé, vêtements) et aider nos maris… »
Avant cette initiative, les habitants de Bananzolé, surtout les femmes et les enfants, étaient confrontés à de grandes difficultés en raison du manque d'accès à l'éducation, aux soins médicaux et aux opportunités économiques.
Souleymane TRAORÉ, représentant du chef de village de Bananzolé, confirme ce changement : « Le don de chèvres, depuis ses débuts il y a plus de 10 ans, a toujours été très bien accueilli à Bananzolé. Chaque femme qui en a bénéficié aide efficacement à payer les dépenses de la famille, surtout pendant la période de soudure. Aujourd'hui, nos femmes sont vues comme des exemples dans la communauté grâce à Zakat Foundation of America. »
Un exemple pour la solidarité et le développement durable
Multiplier ce genre d'initiatives pour les femmes des campagnes ne serait-il pas un moyen efficace de renforcer le lien social et de favoriser un développement durable ? En effet, cela aide directement à réduire la pauvreté, encourage une croissance économique pour tous et a un impact positif important sur la santé et l'éducation des familles. L'exemple de Bananzolé montre qu'avec un soutien adapté, l'émancipation des femmes rurales est un outil puissant pour le développement de la communauté.
A.Ouattara/Malijet.com