Les soliloques d’Angèle : Le transport en commun : un défi pour le développement urbain
Ce week-end j’ai assisté, avec consternation, à la chute d’une dame d’un âge avancé, qui montait dans ce que nous appelons ici à Bamako, le «dourouni », moyen de transport en commun, d’un autre âge (certains sont presque des épaves, comme les « requins » qui desservent le Point G). Vous n’imaginez pas le nombre de véhicules et de motos rasant la scène par curiosité.
Dans beaucoup de grandes villes du monde, des systèmes de transport en commun performants facilitent la vie des habitants, réduisent la congestion et participent activement au développement économique. À Bamako, cette réalité est encore loin d’être atteinte. La ville, qui continue son expansion, fait face à un vide criant en matière de transport collectif organisé dans beaucoup de zones.
Le transport en commun n’est pas seulement une question de déplacement : c’est un pilier du développement urbain. Il permet de réduire les embouteillages, d’améliorer la sécurité routière et de diminuer la pollution atmosphérique. Nos rues sont souvent encombrées et où la circulation est chaotique sur certains axes, un système de transport collectif meilleur pourrait transformer le quotidien des habitants. Les travailleurs, étudiants et commerçants pourraient gagner un temps précieux et se déplacer de manière plus sûre et plus économique.
Au-delà des aspects pratiques, le transport en commun favorise l’équité sociale. Il offre un accès abordable à tous, indépendamment des revenus. Dans une ville où beaucoup dépendent encore de taxis, de motos ou de véhicules personnels, un réseau structuré permettrait de créer des opportunités pour tous, tout en décongestionnant les artères principales de la ville.
Cependant, mettre en place un tel système exige une volonté politique forte, des investissements conséquents et une planification rigoureuse. Il s’agit de définir des lignes fiables, des horaires clairs, et d’assurer la sécurité et la régularité du service. Mais les bénéfices à long terme devraient dépasser largement ces défis.
Pour un pays comme le nôtre qui aspire à se développer et à améliorer la qualité de vie de ses habitants, le transport en commun n’est pas une option : c’est une nécessité. C’est en investissant dans un réseau fiable et structuré que l’on pourra se rapprocher des standards des grandes villes et offrir à ses citoyens un quotidien plus fluide, plus sûr et plus moderne.
Parce que c’est notre Mali.
Muriel Jules