Les Soliloques d’Angèle : Quand la pénurie de carburant révèle nos comportements collectifs
La pénurie de carburant que connaît actuellement notre pays n’est pas qu’une crise économique ou logistique. C’est aussi un miroir tendu à notre société, révélant des comportements qui, loin d’aider à surmonter la difficulté, l’aggravent souvent.
Et si cette crise devenait une leçon de civisme ? Car ce n’est pas la pénurie en elle-même qui détruit la société, mais la manière dont nous la vivons. Quand certains profitent, d’autres souffrent. Quand la peur domine, la solidarité disparaît.
Dans les stations-service, les files d’attente s’étirent à perte de vue. Les esprits s’échauffent, les klaxons retentissent, et la tension monte. Certains en profitent pour revendre de l’essence à prix d’or, d’autres stockent bien plus que nécessaire, pendant que des travailleurs peinent à se rendre à leur poste faute de quelques litres de carburant.
Ce désordre collectif se produit à chaque crise de ce genre, l’on observe les mêmes réflexes : la peur de manquer, la ruée, la spéculation, parfois même la violence. Pourtant, ces comportements, compréhensibles sur le plan individuel, sont destructeurs pour la communauté. Ils transforment une difficulté temporaire en chaos social.
L’attitude citoyenne devrait être toute autre. Dans ces moments, la responsabilité et la solidarité devraient primer sur l’égoïsme. Prendre seulement ce dont on a besoin, éviter la revente illégale, respecter l’ordre établi dans les stations, ne pas céder à la colère. Ce sont de petits gestes, mais qui font toute la différence.
Une crise est toujours un test de maturité collective. Elle évalue notre capacité à rester unis malgré la tension, à comprendre que la survie d’un pays ne dépend pas seulement de l’État ou des autorités, mais de chacun de nous.
Les pénuries passeront, comme elles ont toujours passé ; notre attitude, elle, restera dans les mémoires. Les leçons, elles, doivent rester : le civisme, la patience et le respect mutuel sont les carburants indispensables de toute nation en marche vers la stabilité ; pensons-y et vivons-les.
Parce que c’est notre Mali.
Muriel Jules