Crise du carburant: Bamako reprend son souffle
Lundi, Bamako a renoué avec son tumulte habituel. Après plusieurs semaines de paralysie causée par une sévère pénurie de carburant, la capitale malienne semble enfin respirer. Les artères principales s’animent à nouveau, les klaxons résonnent, et les commerces, longtemps fermés ou au ralenti, rouvrent progressivement leurs portes.
À Hamdallaye ACI, épicentre des affaires, les signes de reprise sont palpables. Les files interminables devant les stations-service diminuent, même si elles sont encore visibles, et les visages, encore marqués par l’incertitude, laissent entrevoir un soupçon d’optimisme. La circulation, redevenue dense, est désormais encadrée par des policiers postés aux grands carrefours, sifflet aux lèvres symbole d’un retour progressif à la normale.
Au grand marché de Dabanani, l’activité reprend peu à peu avec des étals approvisionnés et une fréquentation en hausse. Mais la question demeure : la crise est-elle réellement derrière nous ? Si l’amélioration est tangible, les autorités restent sur le qui-vive. Les forces de l’ordre poursuivent leurs opérations pour endiguer la spéculation et les détournements, qui ont largement contribué à aggraver la pénurie.
Ces dernières semaines, plusieurs saisies ont été effectuées dans le district de Bamako et ses environs, illustrant une volonté de restaurer l’ordre et la transparence dans la chaîne d’approvisionnement.
Ce mercredi matin, l’arrivée d’un convoi de citernes sous escorte militaire marque une étape cruciale dans les efforts de stabilisation. Mais la reprise reste fragile, et la vigilance demeure essentielle.
Au-delà de la crise immédiate, c’est tout un système qu’il faut repenser. Comment éviter une nouvelle asphyxie ? Quelles réformes pour garantir un accès équitable et durable à l’énergie ? La réponse ne se trouve pas uniquement dans les réservoirs, mais dans une volonté politique et citoyenne de bâtir un modèle plus juste, plus résilient.
Ousmane Mahamane