Micro-trottoir: Les avis des Maliens sur le phénomène
Dans les rues de Bamako, la santé mentale reste un sujet entouré de tabous et de méfiance. Pour beaucoup, les troubles psychiques sont encore associés à la possession, à la sorcellerie ou à la honte familiale. Pourtant, les mentalités évoluent peu à peu. À travers ce micro-trottoir, six citoyens partagent leurs perceptions, leurs doutes et leurs espoirs face à une réalité souvent ignorée mais de plus en plus visible.
Aminata Traoré, (commerçante) :
"Les gens disent toujours que c’est la folie, donc les familles cachent leurs malades. La première réaction, c’est souvent d’aller voir un marabout, pas un médecin. »
Moussa Cissé, (enseignant) :
"On pense que c’est une histoire de djinns. Les hôpitaux psychiatriques sont là, mais peu de gens y vont. Moi je crois qu’il faut plus sensibiliser et ouvrir des centres partout."
Fatoumata Tessougué, (étudiante) :
"Beaucoup ne savent même pas qu’il existe des psychiatres au Mali. Pour eux, le marabout est la solution. Mais je pense qu’on doit parler plus de ça dans les médias pour que les jeunes sachent où aller."
Daouda Sylla, (chauffeur de taxi) :
"À notre époque, on disait que c’était une malédiction. Mais maintenant je crois qu’il faut aussi écouter les médecins. Les guérisseurs ne peuvent pas tout régler."
Hawa Doumbia, (ménagère) :
"Pour moi, c’est la honte qui fait que les familles cachent leurs malades. On dit qu’ils sont possédés. Il faut expliquer aux gens que c’est une maladie comme les autres."
Ibrahim Sacko, (commerçant) :
"Les familles commencent souvent par le marabout, et si ça ne marche pas, elles vont à l’hôpital. Mais c’est dommage parce que le malade perd beaucoup de temps avant d’avoir le vrai traitement."
Nènè Mah Zasso Théra
(Stagiaire)