Mines : Comment intégrer les mineurs artisanaux dans les chaînes de valeur ?
Le représentant du Ministre des Mines, Jidou Ag Alhassane, a présidé, le mercredi 12 novembre 2025 à Bamako, les travaux du deuxième dialogue politique pour illustrer comment les mineurs artisanaux peuvent être formellement intégrés dans les chaînes de valeur. Prennent part à ces réflexions, les délégués venus du Haut Conseil des Collectivités territoriales du Mali ; la Coalition Malienne PCQVP-Mali ; le groupe de Travail de PCQVP-Mali ; les services techniques ; les Organisations professionnelles de l’orpaillage du Mali ; les organisations de la société civile ; les Médias.
L’objectif général de l’atelier est de promouvoir l’intégration formelle des mineurs artisanaux dans les chaînes de valeur nationales et internationales afin de renforcer leur contribution à l’économie, améliorer leurs conditions de travail et garantir la traçabilité des ressources. Singulièrement, il s’agit d’identifier les obstacles juridiques, économiques et sociaux à l’intégration formelle des mineurs artisanaux dans les chaînes de valeurs ; proposer des mécanismes d’enregistrement, de certification et d’accès aux marchés pour les mineurs artisanaux ; encourager le dialogue entre les parties prenantes : gouvernement, secteur privé, communautés locales.
Jidou Ag Alhassane a, dans son intervention, félicité PCQVP-Mali pour la pertinence de cette initiative et pour son engagement constant en faveur d’une gouvernance plus inclusive et plus responsable du secteur minier. Selon Jidou, l’exploitation artisanale constitue aujourd’hui une réalité socio-économique incontournable dans notre pays. Illustration parfaite, dit-il, elle fait vivre directement ou indirectement plus de deux millions de Maliens, notamment en milieu rural, et contribue de manière significative à la création de revenus, à la réduction de la pauvreté. Nonobstant, précise Jidou Ag Alhassane, la pratique soulève des défis majeurs : dégradation de l’environnement, risques sanitaires, insécurité, et faibles retombées économiques pour l’État, les Collectivités Territoriales et les communautés.
« C’est pourquoi depuis plusieurs années, le Gouvernement du Mali, à travers le Ministère des Mines, œuvre à la formalisation progressive du secteur de l’orpaillage traditionnel. Cette formalisation vise à transformer l’activité artisanale en véritable moteur de développement local, dans le respect des normes sociales, environnementales et économiques », a souligné Jidou Ag Alhassane.
Il a par ailleurs indiqué que l’intégration des mineurs artisanaux dans les chaînes de valeur formelles représente une étape décisive dans ce processus. De son avis, elle permet de garantir la traçabilité des produits extraits, d’améliorer les revenus des producteurs, de faciliter l’accès au financement, à la technologie et à la formation, et de renforcer la gouvernance locale autour des ressources minières. De l’avis de Jidou Ag Alhassane, les réformes en cours, l’adoption de la Loi N°2023-040 du 29 août 2023 portant Code minier en République du Mali et de ses décrets d’application, illustrent bien la ferme volonté du Gouvernement de formaliser ce secteur.
« Ce deuxième dialogue politique est l’occasion d’approfondir les réflexions, de partager les expériences réussies, et surtout de concevoir la meilleure manière d’accompagner cette formalisation », a déclaré le représentant du ministre des Mines. Avant de réaffirmer la disponibilité totale du Ministère des Mines à travailler avec la Coalition PCQVP-Mali et ses partenaires pour renforcer la sensibilisation, promouvoir les bonnes pratiques, et faire de ce secteur le levier du développement économique.
Le président de PCQVP-MALI, Abdoul Wahab Diakité, a déclaré que c’est dans un contexte de demande croissante de minerais responsables et traçables sur les marchés internationaux, la formalisation des mineurs artisanaux devient une priorité stratégique. Pour lui, elle permettrait non seulement d’améliorer les conditions de travail et de vie des mineurs, mais aussi de renforcer la gouvernance du secteur et d’attirer des investissements durables. « La nécessité de créer un cadre inclusif pour le dialogue entre les acteurs publics, privés et communautaires devient alors une priorité pour les organisations de la société civile en général et spécifiquement le consortium composé par la Coalition Malienne Publiez Ce Que Vous Payez (PCQVP-Mali), la Fondation pour le Développement au Sahel (FDS) et l’Institut International pour l’Environnement et le Développement (IIED). Ledit consortium met en œuvre depuis Mars 2023 le projet intitulé « Greater Value for Gold (une plus grande valeur pour l’or) », dans la commune rurale de Gouandiaka », a fait savoir le président Abdoul W. Diakité. Le projet « Greater Value for Gold (une plus grande valeur pour l’or) », dit-il, a été élaboré avec l’appui technique et financier d’European Partnership for Responsible Minerals (EPRM). « PCQVP-Mali organise le présent atelier «deuxième dialogue politique pour illustrer comment les mineurs artisanaux peuvent être formellement intégrés dans les chaînes de valeur ». Il rentre dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Greater Value for Gold » du consortium », a expliqué Abdoul Wahab Diakité à l’assistance.
Il est attendu comme résultats lors des travaux, que les obstacles juridiques, économiques et sociaux à l’intégration formelle des mineurs artisanaux sont identifiés ; que les mécanismes d’enregistrement, de certification et d’accès aux marchés pour les mineurs artisanaux sont proposés ; que le dialogue entre les parties prenantes : gouvernement, secteur privé, communautés locales est encouragé.
Hadama B. FOFANA