Sécurité Sanitaire : Les acteurs de l’agroalimentaire maliens formés aux enjeux de santé publique
Le siège de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire des Aliments (ANSSA) a accueilli, ce mercredi 31 décembre 2025, la clôture d’un atelier national stratégique. Cette session de formation était destinée aux entrepreneurs de la filière agroalimentaire, avec un focus central : la sécurité sanitaire et la protection de la santé des populations.
Renforcer les capacités techniques
L’objectif de cette rencontre était de doter les transformateurs et les usiniers de compétences pointues sur trois piliers fondamentaux :
-Les Bonnes Pratiques d’Hygiène (BPH) ;
-Les Bonnes Pratiques de Conditionnement (BPC) ;
-Les Bonnes Pratiques de Transformation des produits agricoles.
Des exigences de marché cruciales
Pour les bénéficiaires, cette initiative est une réponse concrète à leurs défis quotidiens. Mme Coulibaly Mariam Keïta, présidente de l’Association des transformateurs de riz, a souligné l'importance de ce soutien :
« Cette formation, initiée par la FAO en collaboration avec l’ANSSA Afrique Verte, vise à améliorer nos processus internes. Nos principales difficultés résident dans le respect des critères de certification pour répondre aux exigences de plus en plus strictes du marché. »
Un diagnostic alarmant de l'alimentation de rue
M. Abdoul Aziz, coordonnateur technique du projet Sécurité Sanitaire des Aliments et Nutrition à la FAO, a précisé que cet atelier fait suite à un diagnostic rigoureux de l'alimentation de rue au Mali.
Les analyses ont porté sur les plats les plus consommés, tels que les grillades, les plats à base de céréales et de sauces, ainsi que les jus locaux. L'objectif est d'assainir ces circuits de consommation massive pour réduire les risques d'intoxication.
Un enjeu de santé publique majeur en Afrique
L’urgence de ces formations est étayée par des chiffres préoccupants de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). En Afrique, l'insécurité alimentaire ne se limite pas à la disponibilité des stocks, mais concerne aussi leur qualité :
-91 millions de personnes tombent malades chaque année à cause d'aliments contaminés.
-137 000 décès sont enregistrés annuellement, soit un tiers de la mortalité mondiale liée aux maladies d'origine alimentaire.
-Les maladies diarrhéiques représentent à elles seules 70 % de ces pathologies.
Cet atelier marque donc une étape essentielle pour le Mali dans sa quête d'une souveraineté alimentaire qualitative et sécurisée.
A.Ouattara/Malijet.com