La période de décrue du fleuve Niger: Le bon moment pour curer et concasser les roches dangereuses
La décrue progressive du Djoliba est le moment propice pour les travaux de sécurisation du lit du fleuve, notamment le curage et le concassage des roches qui constituent un danger réel pour les usagers et les populations riveraines.
Selon plusieurs riverains, de nombreuses noyades enregistrées pendant la période de crue seraient liées à la présence de grosses formations rocheuses dans l’eau. Certaines de ces roches, creusées par l’érosion, forment des cavités semblables à des cases sous l’eau.
Selon des témoignages recueillis, des personnes qui s’y retrouvent piégées ont très peu de chances de s’en sortir. On attribue souvent cet acte à des ‘’diables’’.
Cette situation constitue une menace permanente pour les pêcheurs, les piroguiers, les baigneurs et pour tous ceux qui fréquentent le fleuve.
La période de décrue apparaît ainsi comme le moment idéal pour mener des opérations de curage du lit du fleuve et de concassage des roches les plus dange reuses. À défaut d’une élimination systématique de ces obstacles naturels, il faut au minimum, l’installation de repères de danger visibles même en période de crue, afin d’alerter les usagers et de réduire les risques d’accidents.
Au-delà de la question sécuritaire, le fleuve Niger demeure un soubassement stratégique de développement pour les villes et villages riverains, notamment sur l’axe Bamako-Koulikoro et même au-delà, où il peut jouer un rôle majeur dans le transport fluvial, la pêche, l’irrigation et les activités économiques locales.
Intervention coordonnée
Pourtant, malgré l’existence de départements et de programmes dédiés à l’environnement et à la gestion des ressources naturelles, les actions structurantes visant l’entretien et l’aménagement du fleuve restent se font désirer. Pour de nombreux observateurs, une intervention coordonnée des autorités publiques, des collectivités territoriales et des partenaires techniques réduirait non seulement les risques de noyades, mais valoriserait davantage ce patrimoine naturel majeur au service du développement économique et social des populations riveraines.
Par Drissa Togola