jeudi 16 avril 2026
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Bras de fer IBK - Soumaila : Ce que je propose

Par Lerepublicainmali 178 vues
Bras de fer IBK - Soumaila : Ce que je propose

Proclamée par la Cour constitutionnelle, la réélection d'IBK est contestée par le leader de l'opposition, Soumaila Cissé, lequel dit "catégoriquement" rejeter l'arrêt de la Cour et appelle à la mobilisation générale pour restaurer sa "victoire volée". On assiste donc à un troisième tour du scrutin, cette fois dans les rues.

 

LE RECOURS À LA RUE

Mais pourquoi Soumaila Cissé, pourtant réputé pacifiste et qui, en 2013, est allé féliciter Le président élu jusqu'à domicile, en appelle-t-il aujourd'hui à la rue ? Plusieurs explications sont possibles.

D'abord, Cissé a 69 ans et joue sa dernière carte présidentielle, 2023 s'annonçant comme un tournant générationnel aux dépens des acteurs du 26 Mars 1991.

Ensuite, le chef de l'opposition paraît réellement convaincu d'avoir remporté le scrutin si l'on ne comptabilise pas ce qu'il prend pour des "bourrages d'urnes" perpétrés au nord et au centre du Mali.

De surcroît, Soumaila Cissé estime qu'avec le "système de fraude et de corruption" mis en place par le pouvoir à l'échelle étatique, aucune des futures échéances électorales (législatives, régionales et communales) ne sourira à l'opposition.

En outre, maints alliés de Cissé, notamment Choguel Maiga, pensent que pour gagner au nord et au centre, le chef de l'Etat a pactisé avec les rebelles de la CMA qui profiteront du nouveau quinquennat pour légaliser leur domination sur les deux tiers du territoire national, au détriment des majorités populaires locales.

De plus, toutes les forces regroupées autour de Soumaila Cissé croient dur comme fer que si elles laissent IBK gouverner en paix, il organisera une transmission dysnastique du pouvoir et que plus jamais, il n'y aura d'élection régulière au Mali.

Enfin, les leaders de la contestation sont persuadés qu'en se démobilisant, ils seront esseulés et embastillés un à un par le pouvoir qui, ces derniers mois, aurait acquis un puissant arsenal répressif.

On le voit, l'enjeu du conflit dépasse le cadre de la seule présidentielle; il induit une totale crise de confiance entre les deux bords politiques, agrémentée d'arêtes ethno-sécuritaires.

OFFRE DE DIALOGUE

Pour apaiser le climat, le président IBK invite Soumaila Cissé à "gérer le réel et non les illusions", en acceptant de participer à la gestion du pouvoir car, assure l'hôte de Koulouba, "il y a de la place pour tout le monde". L'offre est déclinée par Cissé qui refuse de reconnaître l'élection de son rival dont la Cour constitutionnelle ne serait qu'une "prisonnière volontaire".

Pourquoi le chef de l'opposition refuse-t-il l'offre de dialogue du chef de l'Etat ? Deux hypothèses explicatives nous viennent à l'esprit.

La première tient à la crise de confiance susdite. L'opposition pointe du doigt la forte discordance entre le discours apaisant tenu par le président IBK en français et les menaces qu'il a ensuite proférées contre ses adversaires en bambara. Elle en déduit que la volonté de dialogue du chef de l'Etat manque de sincérité et qu'en y donnant suite, l'opposition tomberait, la tête la première, dans un piège.

De plus, Soumaila Cissé et ses compagnons ne semblent nullement assurés de pouvoir travailler librement dans un gouvernement que leur ouvrirait à contrecœur IBK. "D'ailleurs, murmure-t-on dans les coulisses de l'opposition, rien ne permet de penser qu'IBK remettra à l'opposition des ministères importants ni qu'il maintiendra les opposants en poste une fois qu'il se sentira assez fort pour se débarrasser d'eux. Sans compter les risques de trahison des ministres que l'opposition enverrait au gouvernement".

Il s'ensuit que Soumaila Cissé voit de meilleures garanties dans une conjoncture où, à défaut de pouvoir arracher la magistrature suprême, il garderait son statut de chef de file de l'opposition avec, en prime, plusieurs présidences de conseils de cercles et de régions, ainsi que de multiples mairies. Or, en participant au gouvernement, l'URD cesserait légalement d'appartenir à l'opposition et son président, Soumaila Cissé, perdrait (au profit d'Aliou Diallo par exemple) le statut de chef de file de l'opposition qui lui confère une liberté d'action, un rang protocolaire, une visibilité politique et un budget annuel dépassant de loin les avantages d'un ministère.

Pour ne rien arranger, les médiateurs sociaux (leaders religieux, griots, notables) qui auraient pu forcer IBK et Soumaila Cissé à s'entendre sont pour la plupart grillés. La raison? Eux-mêmes ont trempé dans le sulfure partisan, apparaissant désormais comme des acteurs plutôt que comme des arbitres. Leur rôle d'intercesseur revient maintenant, hélas!, aux puissances étrangères qui ne veulent pas forcément du bien de notre pays.

RAPPORTS DE FORCE

À présent, le commun des Maliens s'interroge sur l'issue du bras de fer engagé dans les rues. Si, lors de ses premières marches du 11 et du 18 août, l'opposition a mobilisé des foules moyennes, elle a, en revanche, fait un véritable raz-de-marée le 25 août et ce, de manière simultanée, dans plusieurs localités de l'intérieur et de l'extérieur : Bamako, Mopti, Tombouctou, Gao, Ségou, Goundam, Niafunke (fief de Soumaila Cissé), Nioro (fief du Chérif Bouillé Haidara), Paris, Barcelone et New York...

Soumaila Cissé réussit ainsi à troubler la quiétude du pouvoir comme l'atteste le cafouillage administratif qui a consisté, de la part du gouverneur de Bamako, à interdire puis à autoriser la marche du 25 août en l'espace de quelques heures, rendant, du coup, parfaitement indéfendable le prétexte officiel d'interdiction tiré de l'état d'urgence.

Ce faisant, Cissé fait d'une pierre deux coups : il engrange les dividendes de son alliance avec le CDR de l'activiste Ras Bath, passé maître dans l'art de galvaniser les foules; parallèlement, il entretient un climat délétère susceptible d'entraîner, au fil des étapes, de nouveaux groupes de mécontents : syndicats de magistrats, de la santé, de l'éducation, des collectivités territoriales, etc.

Le résultat de cette stratégie de harcèlement pourrait fortement préjudicier au régime d'IBK. Cerné d'adversaires et de brouhaha, celui-ci attirera difficilement les investisseurs étrangers pour développer l'économie et tenir ses promesses socioéconomiques de base. Pis, alors que le désordre règne dans les rues des villes, comment appliquer plus vigoureusement l'accord de paix signé avec les groupes armés ? Comment procéder aux réformes légales et constitutionnelles que requiert le texte ? Et si IBK, faute de stabilité au sud, se voyait obligé de retarder l'application de l'accord, ne pousserait-il pas les groupes armés et leur marraine (la communauté internationale) dans les bras de Soumaila Cissé ?

Ces questions montrent bien pourquoi IBK multiplie les menaces contre "quiconque veut mettre le feu au pays". Elles permettent surtout de mesurer l'ampleur de son embarras dans la réponse à apporter aux grondements de la rue. Deux options s'offrent à lui:

* gagner les contestataires à l'usure: cette éventualité présente l'avantage que le président n'usera pas de la force, gardera une image de bon démocrate laissant chacun s'exprimer à sa guise, débauchera les opposants les moins convaincus, tout en laissant les foules adverses se décourager progressivement et l'opposition mourir de sa belle mort comme le défunt Coppo de 1997; mais l'inconvénient majeur de cette stratégie d'usure réside dans les urgences sociales à régler et, surtout, dans la vive impatience de la communauté internationale à voir l'accord de paix appliqué;

* réprimer les contestataires: cette démarche, si elle réussissait, permettrait de mettre fin à la grogne en un temps record et de libérer le président de toute contrainte dans l'exécution de ses promesses intérieures et extérieures; mais la stratégie de la force comporte des risques de bain de sang, d'exacerbation de la révolte et de réprobation internationale dans un monde où de nombreux dirigeants sont poursuivis devant la CPI pour faits de répression sanglante (Laurent Gbagbo, par exemple).

Il y a lieu de souligner qu'une dégradation de la situation politique et sociale pourrait faire l'objet de récupération à des fins terroristes ou putschistes.

QUE FAIRE ?

Pour toutes ces raisons, il nous paraît judicieux de proposer au chef de l'Etat et à l'opposition les compromis suivants:

* former un gouvernement d'union nationale où la primature et plusieurs ministères clés reviennent à l'opposition: cette équipe, qui durera un ou deux ans, aura charge d'organiser, sous supervision internationale, les élections législatives, régionales et communales avec la garantie que nul n'en contestera les résultats;

* laisser le gouvernement à l'opposition au cas où elle sort majoritaire des législatives;

* laisser le président IBK former le gouvernement de son choix au cas où ses partisans gagnent aux législatives;

* convoquer des assises nationales pour relire l'accord de paix, la loi électorale et la Constitution du Mali.

Me Cheick Oumar Konaré, avocat à la Cour

 

 

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Commentaires (17)

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A
Anonyme il y a 7 ans

ont va entendre les vraix raisons de tout se feu qui est en projet laisse Mr cissé travaille tranquillement u lieu de le detruire politiquement préparer les legislative si il a la Majorite le gouvernnement lui reviens d'office c'est comme ca certains ont ose dire que ils prefere voir les djihadistes envhir le Mali sinon le nord que voir leur candidat perdre la presidence du Mali je m 'adresse a ceux de la region de Gao et surtout ceux qui ont ose dire cela devant des temoins donc moi cela ont le reglera a Gao et je ne suis pas surprise il n'ont rien labas donc ils peuvent suhaiter tous le malheur du monde a Gao donc ils n'ont jamais seche les larmes chaque fois que Gao est dans le Besoin et aussi ceux qui ont des arguments qui ne tiennent pas si Gao ou la communaute sedentaire se fragilisent c'est la faute a qui !

M
Maliforever il y a 7 ans

CET AVOCAT EST NUL. CERTAINES DE SES PROPOSITIONS SONT TOUT SIMPLEMENT HONTEUSES

A
Anonyme il y a 7 ans

Vous n'etes qu'un pionde Soumaila et c'est qui le conduisez vers le crepuscule de sa carriere politique.

A
Anonyme il y a 7 ans

C'est decevant de la part d'un intellectuel apres la cour constitutionnelle ait proclame les resultats definitif.Vous venez de montrer aux yeux du monde entier les vrais objetifs de Soumaila Cisse.C'est regretable.

A
Anonyme il y a 7 ans

Non mais etes vous serieux Mr. konate, donner la primature et les ministeres cles a l'opposition qu'est ce que le parti de IBK et ses allies vont avoir ? etant donne que ce sera dans ce cas le partage de Gateau ( comme sous ATT)... N'oubions pas que IBK a eu enormement de probleme car le PM n'etait pas de son parti mais de ses allies, alors imaginez la suite si c'est un opposant qui est PM . Ce sera un eternal recommencement car les allies vont devenir Opposants et les Opposants vont devenir allies et le cycle continuera.... Je doute fort qu'apres toutes ces reactions de Soumi il accepte autre chose que le poste de PRESIDENT de la REPUBLIQUE mais en politique tout est possible . So wait and see !!!

C
Citoyen il y a 7 ans

Tous mes respects Mr Konaré mais cela constituerait un recul pour notre démocratie car une élection est à gagner ou à perdre sans oublier que le multipartisme ne se résument pas seulement au RPM et à l'URD qui font beaucoup de bruits donc vivement la raison.

A
Anonyme il y a 7 ans

merci bien pour votre analyse mon cher ******** <sup><font color=#0066FF;>[masqué car insultes interdites sur Malijet !]</font></sup>ère plus de commentaire voila une solution pour le bonheur de tous les maliens.IBK montre nous que vous été un grand homme ne laisser pas les politiciens vous trompé.nous somme tous maliens pour l’intérêt supérieur de nation.Maitre KONATE très bonne réflexion.c’était encours mieux si c’était sur la chaine africable dans le débat de dimanche qui une chaine de fierté et ORTM une chaine qui la honte des maliens.merci 1000 fois Maitre KONATE.je ne suis ni de l'opposition ni de la majorité juste un malien qui souhaite la paix rien que la paix.vive le Mali vive les Maliens.

D
DRC il y a 7 ans

Faites attention. Personne ne veut voir ce pays en feu. Mais si les legislatives sont organisées de la même manière, s'en est fini la democratie au Mali Ce seront les mêmes fraudes au nord et au centre, du pays et le RPM et alliés auront la majorité. Et IBK fera la grosse tête parce qu'il aura la legitimité sur tous les plans. Mais cela ne veut pas dire que la majorité des maliens l'ont choisi. Faites reculer la date des elections legislatives et l'opposition doit se battre pour ses droits. Mais à l'heure actuelle, contester les resultats des elections n'aboutira à rien. Laisser le gouvernement poser des actes ( les promesses de champagne ) et poussr les à la faute. Ils ne maaitisent plus le pays.... Laissons le temps faire.

M
MTC il y a 7 ans

Gouvernement d'union nationale = Partage du gâteau. Le Mali n'est pas un gâteau à partager, ATT l'a essayé, l'Assemblée Nationale était devenu une caisse de résonance, seul Oumar MARIKO portait la contradiction au Gouvernement.

A
Anonyme il y a 7 ans

IBK a été élu. Le gouvernement reste en place, les partis iront aux législatives et après le nouveau gouvernement sera formé en fonction de la représentation des partis à l'assemblée nationale . Vive la République, vive le Mali!

M
Mamadou il y a 7 ans

Me si les élections n avaient pas eu lieu et que Soumi soit entrain de demander une transition ???. Si tous ceux qui ont été battu faisaient. Comme. Lui on aurait d emble 24 ministres. Non ??

A
Anonyme il y a 7 ans

Que du charabia bla bla bla

A
Anonyme il y a 7 ans

personne ne peut s'unir avec ces opposants ils ne connaissent que la negation

L
Lakami il y a 7 ans

Bravo! Me Cheick Oumar, je vous remercie de votre analyse impartiale, soutenue, intelligente, émotionnelle et qui va droit au but. Vous venez de montrer que le Mali a des bons fils qui sont autonomes et indépendants mais qui pensent sérieusement au bien être de leur pays. Votre analyse vient de votre bon cœur. Votre souci de voire le Mali vivre en paix se démontre derrière votre analyse. Il est important qu´on évite des problèmes pour le pays, il est important que les deux parties acceptent le dialogue, écoutent et analysent les proposions des fils du pays pour trouver une solution pour le peuple malien. Votre PROPOSITION permet d´assainir le climat politique de réconcilier les maliens, de donner la force pour préparer des bonnes élections. Votre PROPOSITION permet de former un front commun fasse aux obstacles qui s´imposent de toutes pièces à notre avancée. Il est nécessaire de lire et de relire votre PROPOSITION car elle est la porte de sortie que Dieu nous propose à travers votre modeste Personne. Le Président IBK, SOUMAILA et autres leaders Politiques se sont engagés de tout leur moyen physique, intellectuel, financier pour se sacrifier pour le Mali. C´est pourquoi, ils sont leaders. Alors il ne doit pas être difficile pour eux d´accepter des propositions venant de ceux pour qui ils se sont engagés. Si on mesure sa démarche avant de faire la guerre alors on aura beaucoup de chance d´éviter la guerre et de réussir: Sinon on fera la guerre et c´est la perte sur toute la ligne qui s´en suit. J´avais proposé une transition de deux ou trois ans en lieu et place des élections pour sauver le Mali. Mais si tous les partis ont accepté d´aller aux élections alors qu´on dépasse le statut des élections pour réfléchir comment il faudra davantage mieux garantir les élections à venir avec des très bonnes lois bien élaborées pour éviter des contestations infinies. Ainsi la PROPOSITION DE ME CHEICK OUMAR EST MIEUX INDIQUÉE.

A
Anonyme il y a 7 ans

Nous voulons avances, nous voulons une nouvelle generation de politiciens, ces anciens, " U Negebora" Ils ne peuvent rien offrir de mieux aux Maliens. Le president a bien dit qu'il va s'occuper de la jeunesse, c'est tout notre souhait. Il n'a qu'a faire tout pour donner les affaires aux jeunes.

D
DRC il y a 7 ans

Je suis en partie d'accord ave votre solution Mr l'avocat Mais IBK n'a pas les mains libres et je doute fort de sa sincerité. Il aime le pouvoir. Il a les yeux braqués sur l'opposition ( c'est logique en cette periode post-electorale ) mais le centre et le nord echappent de plus en plus à son contrôle. Les movements rebelles se donnent à Coeur joie au traffic de drogues et autres contrebandes. L'Etat n'existe pas dans les 3 regions du nord.. Et encore pour combien de temps. IBK ne doit pas menacre les gens, il doit appeler à la reconcialiation. Quelque soit les mouvements de l'opposition, les elections ne seront pas remises en cause. Mais il suffit d'une petite erreur de gouvernance, pour que l'état s'effondre de nouveau comme en 2012. Personne ne le souhaite. La balle est dans le camp de IBK. Il n'a pasété elu mais "nommé." par l'argent. Donc qu'il calme le jeu.

M
malien soucieux il y a 7 ans

Nous ne voulons pas de gouvernement d'union nationale.