jeudi 16 avril 2026
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Révision constitutionnelle : Une nouvelle aventure vouée à l’échec !

Par L'Aube 395 vues
Révision constitutionnelle : Une nouvelle aventure vouée à l’échec !

Le Mali s’achemine-t-il vers une nouvelle crise de révision constitutionnelle ? de toute évidence, IBK ne semble pas avoir appris de la reculade nocturne humiliante de sa dernière tentative. Il s’entête et s’engage de nouveau dans une nouvelle aventure de tripatouillage constitutionnel comme annoncé par le gouvernement.

 

C’est un pari fou, à la limite de l’irresponsabilité coupable, que de prétendre, après l’échec cuisant de 2017, faire retripatouiller la Constitution du 25 février 1992 par une aventurière de la vingt-cinquième heure parachutée dans l’appareil d’Etat. La pauvre dame ne tardera très certainement pas de l’apprendra à ses dépens : la réforme constitutionnelle n’est ni la Réforme administrative, ni la Transparence de la vie publique qui délimitent son champ de compétence gouvernemental. Quelle folie en effet, que de s’attaquer encore une fois à la Loi fondamentale de la République du Mali, alors même que les conditions à l’origine de la mobilisation populaire spontanée qui a contraint IBK à l’humiliante reculade du vendredi 19 août 2017, sont toujours de mise, quand elles ne se sont pas tout simplement empirées. Sans même préjuger du fond de cette nouvelle opération de tripatouillage constitutionnel qui se profile à l’horizon, on se rend bien compte qu’au plan de la forme, elle paraît déjà suffisamment condamnée comme une entreprise mort-née.

 Un climat asphyxiant de rupture de dialogue politique

Il est illusoire de vouloir défaire tout seul, par son seul clan politique ou familial, la Constitution du 25 février 1992 qui constitue un patrimoine commun façonné par tous dans un cadre consensuel. Le nouveau tripatouillage constitutionnel envisagé par IBK est un défi insensé à cette règle de bon sens. Le Mali rame, tel un bateau ivre, dans un climat politique de tempête tropicale radicalisé par la présidentielle truquée des 29 juillet et 12 août 2018 la plus frauduleuse de toute l’histoire politique du pays. A cause de ce hold-up électoral du siècle, une bonne partie de la classe politique conteste à juste titre le second mandat arraché au forceps par IBK et son clan. Et qui, malgré tout, refusent de faire profil bas en s’ouvrant humblement à un dialogue politique avec les victimes de sa casse du siècle. Tant que les comptes truqués de la mascarade de la présidentielle n’ont pas été soldés, il sera difficile d’obtenir un apaisement du climat politique avec l’opposition. IBK se devra également de solder les comptes de ses alliances et accointances opportunistes de second tour en train de s’effondrer sous nos yeux à cause de ses querelles intestines de partage de butins d’une victoire mal acquise. Ce double front hypothèque toute révision constitutionnelle. S’y ajoute le discrédit institutionnel de la Cour constitutionnelle.

 Une Cour constitutionnelle frappée de discrédit institutionnel

La mascarade électorale de la présidentielle a provoqué la gangrène des principales institutions de la République. A commencer par la Cour constitutionnelle. Comme on le sait, la Cour constitutionnelle joue un rôle capital dans la procédure de révision constitutionnelle y compris à son stade ultime de référendum. Malheureusement, il se trouve qu’aujourd’hui, elle apparaît aux yeux du citoyen malien comme l’institution la plus discréditée et la moins républicaine de tous les temps. Depuis la dernière tentative de révision constitutionnelle et même avant, la Cour constitutionnelle n’a cessé de faire la preuve de son assujettissement total à IBK. La dernière présidentielle vient d’achever de déchanter les plus optimistes quant à un éventuel sursaut d’honneur démocratique de la part de cette institution qui fait aujourd’hui la honte de la République. Elle vient de nouveau d’en administrer la preuve avec ses deux avis contradictoires à propos de la constitutionnalité de la prorogation de mandat des députés ! Quelle autorité peut encore revêtir un quelconque avis ou arrêt de cette Cour sur le retripatouillage constitutionnel annoncé ? Comment compter en outre sur une Assemblée nationale dans le mandat est expiré et dont les députés ne disposent plus de mandat de la nation ?

 Une Assemblée nationale illégitime de députés nommés à compter du 31 décembre 2018

Aux termes de la Constitution en son article 118, « le projet ou la proposition de révision doit être voté par l’Assemblée nationale à la majorité des deux tiers de ses membres… ». La Constitution parle bien de l’Assemblée nationale dont les membres portent le titre de « député » (article 60) qui sont « élus pour cinq ans au suffrage universel direct » (article 61). En aucun cas, aucun quelconque avis-non contraignant de surcroit-de la Cour constitutionnelle, n’a pu à aucun moment, valablement autoriser la prorogation d’un mandat fixé par la Constitution. Sauf à admettre que Manassa DANIOKO et sa cour de conseillers sont au-dessus de la Constitution du peuple souverain du Mali. Ce n’est tout de même pas avec une Assemblée nationale constituée de pseudo- députés, c’est à dire d’anciens députés en réalité, dont le mandat est constitutionnellement arrivé à expiration le 31 décembre 2018 à minuit, qu’on va engager une révision de la Constitution du Mali. Le fait serait inédit dans les annales ! A partir du 31 décembre 2018, le peuple malien ne serait plus représenté par aucun élu national constitutionnellement fondé à tripatouiller sa Constitution.En tout état de cause, même une Assemblée nationale régulièrement élue ne pourrait engager une révision constitutionnelle dans le contexte actuel d’atteinte incontestable grave à l’intégrité du territoire national.

 Une persistance aggravée d’atteinte à l’intégrité du territoire national

L’article 118 de la Constitution dispose qu’« aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu’il est porté atteinte à l’intégrité du territoire ». La présidentielle des 29 juillet et 12 août 2018 en a apporté la preuve irréfutable, y compris aux conseillers politisés de la Cour constitutionnelle qui avaient prétendu le contraire au mépris de l’évidence : le Mali n’exerce aucune souveraineté étatique sur les régions du nord où se sont des groupes armés qui, en lieu et place du pouvoir d‘Etat, ont régenté à leur guise pour ne pas dire manipulé toutes les opérations électorales au mépris souverain des lois et règlements de la République. C’est cet état de fait caractéristique d’atteinte grave à l’intégrité du territoire national au sens de l’article 118 de la Constitution, qui explique le chantage auquel les autorités semblent avoir été soumises lors de la dernière présidentielle. Tout laisse croire que des promesses auraient pu avoir été faites moyennant la tenue du scrutin présidentiel dans ces « territoires perdus » ou « no man’s lands » au sein de la République. Toutes choses que le Constituant de 1992 a voulu éviter en s’opposant à toute révision de la Constitution dans les périodes d’atteinte à l’intégrité du territoire propices à la soumission de l’Etat à des chantages. Il est évident que le tripatouillage envisagé de la Constitution n’est que la rançon du chantage de groupes armés rebelles grossièrement enveloppé dans l’Accord d’Alger. Ce n’est ni plus ni moins qu’une confiscation de la souveraineté nationale du peuple tout entier par une ses fractions. En tout état de cause, comme les Maliens ont toujours su le démontrer, les accointances institutionnelles d’essence incestueuse entre un Président mal élu en mal de légitimité, une Cour constitutionnelle discréditée par sa politisation et une Assemblée nationale sans mandat constitutionnel, ne pourraient jamais réussir à confisquer la volonté réelle du peuple souverain. C’est lui qui détient toujours, en dernière instance, le dernier mot. Le mot de la fin de la récréation !

Dr Brahima FOMBA, Université des Sciences Juridiques et Politiques de Bamako (USJP)

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Commentaires (27)

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G
golo il y a 7 ans

Merci Fomba IBK est malade

A
Anonyme il y a 7 ans

CERTAINS PENSENT QU'ILS SONT INDISPENSABLES POUR CE MALI, ... LE DRAME C'EST QU'ILS NE SONT MEME PAS CONSCIENTS QU'ILS SE TROMPENT, ...

P
PAPOU il y a 7 ans

Nous sommes tous impatient du référendum car cette constituions de 1992 mérite d'être bien réviser pour le bonheur et la stabilité du Mali. Nous devrons réviser la constitution selon la situation du pays parce que il ya certaine accord dans dudit d'Accord pour la paix et la réconciliation qui doit être mise en oeuvre pour le bonheur du mali.

A
AICHA WALLETTE il y a 7 ans

Nous soutenons SBM sur ce projet de révision constitutionnelle qui permettra d'appliquer la bonne mise en œuvre de l'accord pour la paix et la réconciliation nationale afin que la stabilité revienne au mali. Avec ce projet de référendum c'est l’intérêt du Mali qui est en jeu.

T
TOURAMAKAN TRAORE il y a 7 ans

Seul la révision constitutionnelle est l'intérêt pour notre pays de retrouvé sa stabilité. Nous allons au référendum d’une manière consensuelle en mars et je pense que sa sera meilleur pour le mali et nous la soutenons jusqu’à ce que sa soit appliquer par ce que c'est la seul porte de sorti pour notre crise.

J
José Traoré il y a 7 ans

Nous savons tous que la constitution de 1992 n’est plus d’actualité parce qu’elle ne répond plus à tous nos aspirations actuelle. Nous devons apporter des changements pour l’adapter à notre contexte actuel. Ce n’est pas le changement de la constitution qui causait problème lors de la deuxième tentative, mais plutôt certains passages du contenu. Ils ont été revus donc je ne vois vraiment pas la partie où il y a confusion.

B
Ben Chérif il y a 7 ans

Quand le temps évolue , nous devons évoluer avec le temps , après 27 ans je pense que nous devons a tout prix revoir la constitution malienne et surtout cette révision constitutionnelle jouera un rôle beaucoup plus important pour la paix et la cohésion sociale , le président de la république SEM IBK a mis un accent spécial sur la révision constitutionnelle alors le premier ministre a la lourd tâche de faire en sorte que cette révision se tienne , c’est pourquoi il fut un moment donner que le PM a eu le courage de démarché tout les couches de la société malienne y compris la classe politique pour mettre le dossiers sur la table enfin que chacun puisse étudier ensemble les points où même faire des propositions pour que le Mali sort gagnant alors chers maliens et maliennes sachons que cette révision va dans l’intérêt supérieure du Mali donc accompagnons ce projet avec les énergies .

M
Moussa Doucouré il y a 7 ans

Pour moi le PM a besoin de l'aide de la mouvance présidentielle parce que lors du projet dont le président est revenu en arrière la majorité présidentielle avait laissé le terrain aux oiseaux mauvaises annonceurs pollué l'air avec des mensonges venu de je ne sais d'où.

M
Moussa Dembélé il y a 7 ans

La révision constitution tous les hommes politiques savent que la constitution du 25 Février 1992 doit être révisée mais pour ne pas voir IBK réussir, ils se sont y opposés tout en créant des plateformes de tout genre pour bloquer la route au développement du Mali, la cour des comptes n'existe pas au Mali, et le Mali a besoin de ça pour booster notre économie. Il y a certains articles aussi qui doivent être révisés tel que l'art 2, 3, 4 de la constitution du Mali. ART. 2 Tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs. Toute discrimination fondée sur l’origine sociale, la couleur, la langue, la race, le sexe, la religion et l’opinion politique est prohibée. ART. 3 Nul ne sera soumis à la torture, ni à des sévices ou traitements inhumains, cruels, dégradants ou humiliants. Tout individu, tout agent de l’Etat qui se rendrait coupable de tels actes, soit de sa propre initiative, soit sur instruction, sera puni conformément à la loi. ART. 4 Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion, de culte, d’opinion, d’expression et de création dans le respect de la loi. Pour moi c'est encourage les PD comme base juridique.

M
Moumouny Denon il y a 7 ans

Cette fois moi je suis vraiment derrière vous pour la révision de la constitution du 25 Février 1992, parce que cette constitution a fait son jour, le monde change, il y a beaucoup de chose au Mali qui sont bloquées à cause de la constitution, parce qu'elle ferme sur elle. Je faisais partie des gens qui se sont opposé mais cette fois ci je suis pour.

P
Paul Diarra il y a 7 ans

Bréhima Fomba j'ai eu ton dossier, tout ton acharnement contre le régime c'est parce que tu voulais être soit ministre de la justice soit ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale. Donc vraiment il est temps de laisser de côté nos différends, et nos intérêts personnels. La révision constitutionnelle au Mali est un bien nécessaire donc donnons nous les mains pour sa réussite.

B
BINTOU il y a 7 ans

Nous sommes conscients de l’engagement et de la détermination du président IBK de son premier ministre et de tout son gouvernement pour chercher le meilleur pour le Mali et la population malienne. Tous engagés pour faire le bonheur de notre chère patrie.

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GAFOU il y a 7 ans

Nous sommes fières du président IBK et de son équipe dynamique qui sont à pied d’œuvre pour le développement et l’émergence de notre pays à travers des réalisations pour un avenir meilleur pour le Mali et les maliens.

S
Salif blenii il y a 7 ans

Si une personne est capable de relever le défis qui est celui de la révision constitutionnelle je pense que c'est la personne de SMB car depuis l’arrivée de l'homme je pense qu'il a tous fait bien et le peuple maliens compte sur lui pour faire en sorte que cette révision constitutionnelle soit une réalité car notre pays a vraiment de cela pour passer dans une nouvelle aires et qui de mieux pour faire cela que la personnes de Boubey .

B
BIBI il y a 7 ans

Le Mali a besoin de paix de stabilité et surtout de réconciliation entre les uns et les autres car nous sommes tous les fils de ce pays le Mali et il est temps que nous mettons fin à ces conflits communautaires politiques et d’intérêts personnels et se concentrer sur l’essentiel qui est le Mali pour la paix et la sécurité dans notre pays car sans la paix il n y a pas de développement.

O
OUMAR il y a 7 ans

Pour cette révision constitutionnelle on a pas besoin d'être éloquent on a besoin d'une application pour avoir des résultats sinon la parole n'est que la parole mais la puissance réside dans l'action. C’est pourquoi la majorité des maliens ont choisi IBK,donc donnons nous les mains pour un mali meilleur

I
Inna Mannassa Guindo il y a 7 ans

Le peuple maliens compte sur la personne de SMB pour mener a bien les grand projet que vise la nation malienne vraiment je pense que I B K est un homme intelligent un homme qui sais mettre les hommes qu'il faut la ou il faut car avec un premier ministre comme sa je suis sur que la révision constitutionnelle va passer cette fois car Boubey est un homme qui sais comment fonctionne un états comment fonctionne les maliens et le mali compte sur lui pour que dans deux mois le mali est une nouvelle constitution plus adapter .

F
FASSO DEN il y a 7 ans

Il n’y a pas de doute le premier ministre SBM est un homme de défis qui est prêt à tout pour relever les défis auxquels le pays est confronter pour son développement et un avenir meilleur pour le Mali. Tous ensembles pour accompagner le premier ministre pour faire cette révision constitutionnelle pour le meilleur pour le Mali.

P
Pierre Diarra il y a 7 ans

Il existe toujours au Mali des hommes politiques qui savent tenir parole, telle est le cas du président IBK ainsi que le chef du gouvernement Boubeye.

A
Aicha Barry il y a 7 ans

Le Premier Ministre SBM tient toujours ses promesses, il avait dit que les élections se tiendrons à la bonne, beaucoup avaient des doutes mais malheureusement pour eux ça été comme il l’avait dit. Je lui fais entièrement confiance pour ce qui est de la révision dans les deux mois à venir.