samedi 18 avril 2026
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Controverses juridiques de la démission de IBK

Par Malijet 412 vues
Controverses juridiques de la démission de IBK

 

Que nul ne nous parle encore de coup d'Etat, puisque notre Président IBK a tout simplement démissionné, créant du coup une vacance de pouvoir. Ce qui est tout à fait en adéquation avec notre Constitution qui prévoit effectivement en son article 36 les cas de vacance de la Présidence de la République " pour quelque cause que ce soit" dont la démission telle que présentée par IBK.
 
DES INCONGRUITES JURIDIQUES DANS LE MESSAGE PRÉSIDENTIEL
 
Il existe pourtant une incongruité juridique qui se loge dans le bref et pathétique message de démission lu par IBK.
Il s'agit de ce petit bout de phrase anodin en apparence qui soulève de bien curieuses questions juridiques sur la démission de IBK : "C'est pourquoi je voudrais vous dire .....ma décision de quitter mes fonctions, toutes mes fonctions à partir de ce moment et avec toutes les conséquences de droit, la dissolution de l'Assemblé nationale et celle du gouvernement".
 
QUE VOUDRAIT DIRE IBK PAR LÀ?
 
Que sa démission à lui seul emporte ipso facto dissolution de l'Assemblé nationale et du gouvernement?
 
Ou alors qu'il aurait formellement procédé au paravent à la dissolution de l'Assemblé nationale et du gouvernement avant de rendre sa démission?
 
QUEL LIEN ENTRE LA DÉMISSION DE IBK ET LA DISSOLUTION DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE ET DU GOUVERNEMENT?
 
S'agissant du premier questionnement, on peut se demander dans quelle mesure la démission du Président de la République suffirait à elle seule à entraîner automatiquement la dissolution de l'Assemblé nationale et du gouvernement. La réponse est évidemment non du strict point de vue juridique. Sur un plan plus politique, il est également possible d'imaginer que dans certains contextes de démission, le départ du Président puisse faire tomber l'ensemble du régime et donc des institutions de la
République. Le contexte de la démission de IBK présente bien de similitudes avec ce cas de figure.
 
Sur la base de considérations juridiques, la dissolution de l'Assemblé nationale suppose de la part du Président de la République de consulter au préalable le Premier ministre et le Président de l'Assemblé nationale en vertu de l'article 42 de la Constitution.
 
S'agissant du Premier ministre, les conditions sont plus restrictives et les marges de manœuvre du Président de la République relativement étroites au regard de l'article 38 de la Constitution. Il ne peut mettre fin aux fonctions du Premier ministre que sur présentation par celui-ci de la démission du gouvernement. D'ailleurs sur le plan strictement juridique, même le Président par intérim ne peut mettre fin aux fonctions du Premier ministre et du gouvernement qu'il trouve sur place, car la Constitution lui interdit formellement d'exercer entre autres les prérogatives présidentielles de l'article 38 de la Constitution.
 
Notons toutefois que ces remarques ne valent en réalité que dans un cadre formel de transition constitutionnelle. Un cadre pour le moins inadapté au contexte politique actuel du Mali où le peuple réclame à juste titre l'expression politique directe de son pouvoir souverain. A la limite, nulle Constitution ne peut lui être opposable dans ce combat démocratique.
 
Dr Brahima FOMBA
Enseignant-chercheur
Faculté de Droit-USJPB
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Commentaires (6)

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F
Fanga 10020 il y a 5 ans

Le droit est très souvent une question d'interprétation. Je suis moi aussi d'avis que ce qu'IBK a subi, du point de vue juridique, n'est pas une "démission" mais un "coup d'État" militaire. Je reviendrai dans les prochains jours sur cette question. La situation politique étant actuellement celle qu'on connaît, la qualification juridique des faits en "démission" ou "coup d'État", n'a à ce jour, je crois, aucune importance. Il est difficile de ne pas admettre qu'il y a désormais au Mali un changement de paradigme politique et que le régime d'IBK est fini. C'est la suite des évènements, l'après-IBK, qui est plus intéressant à analyser.

A
Anonyme il y a 5 ans

Fomba tu me fais bondir qu'il n'y a plus de problèmes,car le président a démissionné. Il a fait cela sous la contrainte,la décision d'une personne sous contrainte est nulle en droit. Vous avez trepigné ,car vous étiez jaloux des juristes qui y sont. Le soutien de fanga pour vous ne m'étonne pas.

A
Anonyme il y a 5 ans

Il est mentionné quelque part dans notre constitution de 1992, " le coup d'état est un crime contre le peuple" pourtant sur les trois premiers régimes issus de cette constitution, deux ont été victimes de ce même crime avec chaque fois la bénédiction de certains acteurs notables du mouvement démocratique . Cela suppose que si l'armée n'avait pas été sur le banc des accusés lors de la rédaction de cette constitution, elle aurait certainement émis des réserves voire contesté cet article du document fondamental.

F
Fanga 10020 il y a 5 ans

Pas d'insulte de cette nature sur ce forum ! Tu n'es pas obligé de lire les articles de monsieur Fomba. Tourne la page si tu es fatigué par les leçons de droit. Beaucoup de lecteurs, dont je fais partie, tirent un grand profit des contributions de monsieur Fomba.

A
Anonyme il y a 5 ans

Professeur quand nous les pauvres dont les enfants sont dans des ecoles pupliques ne vont pas à l'école Mr vous avez dit les droits? vas te faire enculer avec ton droit on n'est fatigué

A
afka il y a 5 ans

Mon prof, je pense qu'ils se sont concertés là-bas en prison puisque le Président, le président de l'assemblée ainsi que le premier ministre sont tous présents à Kati. Peut être qu'ils ont dormi même ensemble. Par ailleurs, est ce que cette constitution est encore valable ? Car tout le monde la viole, même la CEDEAO. Laissons cette constitution en paix et continuons notre Mali Kura.