Le Mali : vers un changement de paradigme de la gouvernance
Le Mali doit repartir sur de nouvelles bases. C’est l’occasion ou jamais pour tout le monde de se remettre en question, de faire cette introspection et se dire que le Pays compte plus que moi.
Cela passe nécessairement par la remise à plat d’un certain nombre de choses.
- Le leadership
A commencer par la désignation des membres de l’organe de la transition. Les personnes qui auront la charge de cette transition doivent être des personnes responsables, irréprochables, dignes de confiance.
Et ces personnes peuvent être trouvées dans toutes les couches de la société malienne. Comme disent les bambaras la réputation de l’homme le précède.
Si ces hommes sont choisis, il faut tout mettre en œuvre pour les aider et qu’à la fin de la transition ils aient ce sentiment de devoir rempli et que l’amorce d’un Mali nouveau puisse commencer.
- Les institutions
Les hommes passent, les institutions restent. L’idée d’un homme fort doit être banni à jamais pour laisser place à celle d’institution forte. Le cimetière est rempli d’hommes forts et d’indispensables, l’Etat est une continuité d’où des institutions fortes.
Ces institutions doivent être réfléchies à la lumière des valeurs fondatrices de la nation malienne et non être calquées sur les modèles occidentaux.
L’Etat sous sa forme actuelle en France sous Louis Le Grand existait déjà dans cette partie du monde. Donc, il n’y a pas de raison que nous ne pouvons pas trouver des formes adaptées d’institutions qui correspondent à nos réalités locales plutôt que de faire du mimétisme.
- La justice
Dans un pays avec un faible niveau d’éducation doublé d’une presqu’inexistence des corps intermédiaires seule la justice peut réparer les torts. Elle est le dernier espoir et rempart et un socle de stabilité pour le citoyen et se doit être exemplaire.
Dans la justice est en somme toute vertu. C'est dans l'exercice du pouvoir que l'homme montre sa capacité (ou son incapacité) à réaliser le bien commun.
Ce n'est pas le palais qui fait la justice, c'est la justice qui fait le palais.
Le déni de justice, ce n'est pas le refus du juge de juger au motif que la loi serait obscure ou imprécise, mais juger injustement.
Les justiciables sont très méfiants de la justice et chacun connait les raisons.
Cette situation doit changer pour que nos concitoyens refassent confiance à l’institution judiciaire.
Ce vaste chantier qui est un travail de longue haleine s’impose en premier lieu au corps judiciaire : « Le juge n'est pas un super homme malgré la superbe du pouvoir, c'est un être fort et fragile, fait de ténèbres et d'orgueil, de faiblesses et d'erreur » selon Jean Jaurès.
Ce travail sur soi doit être effectué par chaque magistrat qui pourrait le mettre sur le chemin de l’humilité.
- Le citoyen
La citoyenneté est une somme de droits et de devoirs. Les citoyens doivent être éduqués dans ce sens. L’homme est la mesure de toute chose, il est au début, au milieu et à la fin de tout processus.
Nous devons à tous les niveaux revoir notre comportement et faire en sorte que chaque action que nous posons au quotidien doit être faite dans le seul but de servir et non se servir.
Il faut inculquer la valeur travail aux citoyens et remettre les gens au travail.
Plus d’ascension fulgurante, plus de milliardaire du jour au lendemain, bref la réussite suppose le travail et rien que le travail.
Me Daouda BA
Bamako le 22 août 2020