samedi 18 avril 2026
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La CEDEAO va-t-elle imposer la solution CNRDRE au CNSP?

Par Malijet 340 vues
La CEDEAO va-t-elle imposer la solution CNRDRE au CNSP?
 
De manière implicite, cette lancinante question semble se dégager des longues discussions de la journée du 24 août 2020 entre la CEDEAO et le CNSP.
 
La grosse pomme de discorde se situe au niveau du format de la transition.
 
Même si chacune des deux parties a manifestement abusé de la langue de bois sur la question, de profondes divergences séparent CNSP et CEDEAO.
 
LE CNSP ET LE SCHÉMA DE PRÉSIDENT DE TRANSITION
 
Le CNSP par réalisme sans aucun doute, reste à juste titre cramponné sur un schéma classique de transition impliquant de manière collégiale les civils et les militaires dans des proportions variables. Un schéma classique de transition dirigée par un Président consensuel de transition militaire ou civil. La position du CNSP largement partagée au Mali est bien celle d'un Président de transition civil ou militaire.
 
LA CEDEAO EN QUETE DE PRESIDENT INTERIMAIRE?
 
La CEDEAO quant à elle, toujours aussi sourde et congénitalement cramponnée à des bricolages juridiques indécentes, paraît très clairement suggérer au contraire un schéma de Présidence intérimaire à base constitutionnelle. Ce schéma de "Présidence intérimaire" qu'il ne faudrait pas confondre avec celui de la "Présidence de transition" se nourrit de l'illusion que la Constitution du Mali n'est pas suspendue comme le répètent du reste à tort le CNSP.
 
C'est bien dans ce registre qu'il faut comprendre d'ailleurs la visite matinale du 24 aout 2020 de la mission de la CEDEAO à cette disqualifiée Cour constitutionnelle n'ayant plus aucune existence juridique.
 
La visite matinale de la CEDEAO à cette Cour fantôme ne participe que d'une pure logique de bricolage juridique.
 
Dans le fond et au mépris de l'impossibilité de toute Présidence intérimaire du fait de la double dissolution de l'Assemblé nationale et du gouvernement, la CEDEAO semble bien avoir l'intention d'imposer au Mali un Président intérimaire en lieu et place d'un Président de transition. La disqualifiée Cour constitutionnelle de IBK et compagnie pourrait très probablement être instrumentalisée au service de cette sale besogne.
 
VERS UN BRICOLAGE INSTITUTIONNEL MONSTRE?
 
Ainsi donc la CEDEAO semble donner la preuve par l'absurde de n'avoir rien oublié de ses bricolages juridiques de 2012 où le Mali était matériellement régi par deux Constitutions : la Constitution de 92 et l'Accord-Cadre. En revanche, elle n'arrive toujours pas à comprendre que ce qui arrivé ici ce 18 août 2020 n'a absolument rien à voir avec les événements de 2012.
 
ATT en démissionnant n'avait sacrifié ni l'Assemblé nationale ni le gouvernement. Tel n'est pas le cas de IBK dont la démission fait l'effet d'une rupture constitutionnelle formelle par son double acte préalable de dissolution de l'Assemblée nationale et du gouvernement qui neutralise complètement toute possibilité de Présidence intérimaire.
 
Du coup, l'obsession de rétablissement constitutionnel immédiat qui fait perdre tout discernement à la CEDEAO, risque de la conduire vers des montagnes institutionnels encore plus grotesques et plus débiles qu'en 2012. Le constat est qu'au Mali aujourd'hui, l'espace politique se réduit à un gros tas de débris institutionnels consécutifs à la rupture constitutionnelle du fait de la démission de IBK précédée de la double dissolution de l'Assemblé nationale et du gouvernement
 
Qui donc, la CEDEAO va-t-elle ramasser dans ce tas de débris pour en faire le Président par intérim?
 
Dr Brahima FOMBA
Enseignant-Chercheur
Faculté de Droit/USFPB
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Commentaires (3)

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M
MANGWANA KANYON COMPAORÉ, MAITRE FÉTICHEUR Á M'PETIONA, COMMUNE RURALE DE SOMASSO, CERCLE DE BLA, RÉGION DE SÉGOU, MALI JAMANA il y a 5 ans

" La raison plausible pour laquelle le CNSP n’a pas suspendu la constitution ! En fait, le CNSP entend, semble-t-il, inscrire son action dans les marges de l’article 122 de notre constitution. Quand on lit cet article, on comprend que même leur appellation n’est pas un fruit du hasard. Ce dernier article de la constitution du 25 février 1992 stipule : - « Jusqu’à la mise en place des Institutions, le Comité de Transition pour le Salut du peuple et le Gouvernement prennent des mesures nécessaires au fonctionnement des pouvoirs publics, à la vie de la Nation, à la protection des citoyens et à la sauvegarde des libertés ». Dès lors, tout devient clair. Le reste appartient à nos constitutionnalistes. Tout porte à croire que ce CNSP est bien conseillé depuis son premier jour. Le Comité National pour le Salut du Peuple prendra-t-il le nom du CTSP de la constitution après l’installation du gouvernement de transition ? L’avenir nous le dira. " PAR Dr Aboubacar Abdoulwahidou MAIGA Enseignant-chercheur à L’ULSHB. PS: - "Tout porte à croire que ce CNSP est bien conseillé depuis son premier jour.". JE SUIS PAS D' AVIS AVEC Dr Aboubacar Abdoulwahidou MAIGA , SUR CE POINT. NOUS AVONS TOUT SIMPLEMENT AFFAIRE AVEC DES JEUNES OFFICIERS AVEC UNE CONSCIENCE POLITIQUE, VOIRE IDÉOLOGIQUE SANKARISTE: CECI EST UNE BONNE CHOSE. SI QUELQU' UN LES A BIEN OBSERVÉ , ALORS IL DOIT REMARQUER QUE CES JEUNES OFFICIERS ONT LONGUEUR D' AVANCE CONSIDÉRABLE SUR LES COMBINES FRANCAFRICAINES. L' HISTOIRE LE CONFIRMERA: DEPUIS 2 ANS CE COUP ÉTAIT PRES Á ETRE LANCÉ.... OK, JE M' ARRETE LÁ, ...., RIRES...!! LA FRANCE A PENSÉ AVOIR INFILTRÉ Á MORT NOS FAMAS, MAIS....RIRES...!! SÁÁNÉÉ ANI KONDOLON...!!

M
MANGWANA KANYON COMPAORÉ, MAITRE FÉTICHEUR Á M'PETIONA, COMMUNE RURALE DE SOMASSO, CERCLE DE BLA, RÉGION DE SÉGOU, MALI JAMANA il y a 5 ans

CHER MTC, ICI , AU MALI, QUI EST "formé à la gestion des affaires publiques" ??? AVEC QUELLE COMPÉTENCE ET QUEL RÉSUÉTATS..??? LES 30 "GLORIEUSES" ANNÉES "DÉMOCRATIQUES" PARLENT DEUX-MEMES: DISPARUTION DE LA CHOSE "GÉRÉE", C' EST Á DIRE L' ÉTAT MALIEN. THOMAS SANKARA, PAR EXEMPLE, POUR NE CITER D' AUTRES, AVAIT -IL ÉTÉ "formé à la gestion des affaires publiques" ??? LE BON SENS NE S' AQUIERT PAS PAR UNE FORMATION. VU DU COTÉ DU BON SENS, LE MOT FORMATION EST UNE INSULTE Á L' INTÉLLIGENCE. FORMATION= ACTION DE FORMATER, DONNER UN FORMAT ET CADRE EXISTENTIEL OU DE PERCEPTION SELON DES VALEURS-CRITERES. CES VALEURS-CRITERES NE SONT-ELLES VARIABLES DE LA VOLONTÉ DU FORMATEUR. SÁÁNÉÉ ANI KONDOLON...!!

M
MTC il y a 5 ans

Un autre expert des 18 millions d'experts du Mali. Salut l'artiste. Dieu seul connait ce que les membres du M5-RFP et des autres partis politiques ont dans leurs têtes. Il est cependant certain que les militaires n'auront pas une suprématie dans les organes de la transition, parce que tout simplement ils ne sont pas formés à la gestion des affaires publiques.