samedi 18 avril 2026
Contact
Malijet

Un décret CNSP sans visa de la constitution

Par Malijet 168 vues
Un décret CNSP sans visa de la constitution

 

Il sagit du DECRET 2020-002/P-CNSP DU 24 AOUT 2O20 PORTANT NOMINATION DU DIRECTEUR DU MATÉRIEL, DES HYDROCARBURES ET DES TRANSPORTS DES ARMES.
 
En tête de ce Décret, sont visés 5 textes juridiques dont deux Lois, une Ordonnance et deux Décrets. Le tout chapeauté par l'Acte fondamental 001/P-CNSP du 24 août 2020.
 
L'ACTE FONDAMENTAL SUPPLANTE LA CONSTITUTION
 
On y chercherait en vain, la Constitution du 25 février 1992.
 
Celle-ci n'est pas visée par le Décret 001/P-CNSP du 24 août 2020. Le Décret ne reconnaît donc pas la Constitution.
 
Au contraire, trône gaillardement, en lieu et place de la Constitution du 25 février 1992, l'Acte Fondamental 001/P-CNSP du 24 août 2020 au fronton des visas du Décret.
 
LA CONSTITUTION MODIFIEE OU SUPPRIMEE?
 
Curieux tout de même! Car, on nous chante en longueur d'interviews que la Constitution du 25 février 1992 reste en place. On soutient mordicus, malgré toutes les évidences, que cette Constitution est sortie indemne des dures épreuves de la rupture constitutionnelle du 18 août 2020. On concède à peine qu'elle n'aura besoin que de petites retouches. On a même joint l'acte "juridique" à la parole, en stipulant à l'article 41 de l'Acte Fondamental 001- P/CNSP unilatéralement édicté par le CNSP, que celui-ci "complète" et "modifie" la Constitution qui demeure en vigueur.
 
UNE CONSTITUTION EN VIGUEUR NON VISEE PAR UN DECRET?
 
Si la Constitution du 25 février 1992 demeure en vigueur, pourquoi donc le Décret 2020-002/P-CNSP ne lui rend pas hommage dans ses visas?
 
Pourquoi, si tant est qu'il est vrai que l'Acte Fondamental 001- P/C modifie et complète la Constitution, est-on allé largement au-delà de sa qualité de texte modificatif? On aurait bien pu à cet égard, mentionner par exemple dans les visas, ce qui suit : " VU LA CONSTITUTION DU 25 FEVRIER 1992 MODIFIEE PAR L'ACTE FONDAMENTAL 001- P/CNSP DU 24 AOUT 2020".
 
Or il n'en est rien.
 
LE COUP D'ETAT DE L'ACTE FONDAMENTAL A LA CONSTITUTION.
 
L'Acte Fondamental soi-disant modificatif de la Constitution a purement et simplement supplanté la Constitution. Il a perpétré en quelque sorte un coup d'Etat contre la Constitution.
 
Comment le comprendre sinon qu'en se confiant au questionnement ci-après.
 
LA FIN DE L'ILLUSION DE CONSTITUTIONNALITE?
 
Le Décret 2020-002/P-CNSP lèverai-il enfin le voile sur l'illusion de constitutionnalité matérialisée par l'Acte Fondamental avec sa touche de juriste débutant?
 
Il faut sans doute l'espérer, d'autant que cela paraît clair comme l'eau de roche, que ce fameux Acte n'a pu à aucun moment modifier ou compléter la Constitution du 25 février 92. Aucune alchimie juridique ne peut conférer à l'Acte Fondamental
001- P/CNSP du 24 août 2020,
un quelconque pouvoir modificatif de la Constitution. L'Acte fondamental consécutif à la rupture constitutionnelle du18 août 2020 ne peut que se substituer à la Constitution du 25 février 92 en tant que constitution transitoire relais.
 
LE COMPLEXE DU DEFICIT DE LÉGITIMITÉ CONSTITUANTE DE L'ACTE FONDAMENTAL
 
Sauf que son déficit chronique de légitimité constituante semble l'empêcher d'assumer entièrement ce statut juridique alternatif à la Constitution du 25 février 92. Un statut dont le poids paraît manifestement difficile à supporter par le CNSP. D'où probablement le faux semblant juridique qui prévaut et qui condamne à un cercle infernal de bricolages insupportables ?
 
Dr Brahima FOMBA
Enseignant-Chercheur
USJP/ Faculté de Droit
Partager:

Commentaires (7)

Laisser un commentaire

C
cissé il y a 5 ans

Le Mali regorge en son sein, des cadres rigoureux rompus à la tâche qui ont fait leurs preuves. S'il faut nommer un cadre civil à la Primature, il existe trois personnes qui ont la particularité d'avoir les mêmes vertus permettant à la RÉPUBLIQUE de repartir sur de bases saines, dans l'intérêt supérieur de la NATION. Il s'agit des anciens Premiers ZOUMANA SACKO, OUMAR TATAM LY de l'ancien garde des sceaux MALICK COULIBALY. MALIBA

S
Seydou il y a 5 ans

Si j'etais le CNSP et les colonels je file le bebe aux cadres competents qui ont toujours eu l'estime du peuple Malien.Plus precisement un cadre du nord et l'autre du sud.Comme Mohamed Ag Hamani et Soumana Sacko.Qu'ils se debrouillent a diriger une transition de 12 mois en passant au crible fin tous les dossiers de corruption. Quand aux autres politiques y compris le M5 qu'il se preparent pour les elections les plus credibles dans l'histoire du Mali.Qu'ils aillent au charbon. Si j'etais le CNSP je me concentre sur l'aspect militaire et securitaire.Le materiel de guerre, les bonnes conditions de vie des militaires, la formation.Je fairai comme Idriss Deby sur le champ de batille avec la troupe.Faire en sorte que les Famas aillent chercher les terroristes partout sur le territoire national.Donner une confiance totale aus Famas. L'homme etant comme tel, je vois mal ces jeunes soldats patriotes resister aux caimans de la politique du Mali.Ils fairont tout pour ouvrir une breche dans le CNSP. Filez le bebe et restez pour observer afin que tout se passe dans le souhait du peuple Malien.

F
Fanga 10020 il y a 5 ans

Ton analyse se base sur le bon sens et les faits. Je suis d'accord avec tes arguments. Avec la prise du pouvoir politique par les militaires, qu'on qualifie cet événement comme un "coup d'État" ou non, nous sommes entrés au Mali dans un "état d'exception". Toute analyse juridique qui perdrait de vue ce fait et qui continuerait à argumenter en se fondant uniquement sur la Constitution de 1992 en temps normal et les accords de la CEDEAO occulterait un pan entier de la réalité politico-juridique actuelle. La Constitution de 1992, elle-même, envisage dans son article 50 une forme d'état d'exception en pré******** <sup><font color=#0066FF;>[masqué car insultes interdites sur Malijet !]</font></sup> la possibilité pour le président de la République d'avoir une sorte de pleins pouvoirs : « Lorsque les institutions de la République, l'indépendance de la Nation l'intégrité du territoire national, l'exécution de ses engagements internationaux sont menacés d'une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le président de la République prend les mesures exceptionnelles exigées par ces circonstances après consultation du premier ministre, des présidents de l'Assemblée nationale et du Haut Conseil des collectivités ainsi que de la Cour constitutionnelle. Il en informe la Nation par un message. L'application de ces pouvoirs exceptionnels par le président de la République ne doit en aucun cas compromettre la souveraineté nationale ni l'intégrité territoriale. Les pouvoirs exceptionnels doivent viser à assurer la continuité de l'État et le rétablissement dans les brefs délais du fonctionnement régulier des institutions conformément à la Constitution. L'Assemblée nationale se réunit de plein droit et ne peut être dissoute pendant l'exercice des pouvoirs exceptionnels ». Les juristes et les politologues maliens curieux pourraient consulter les travaux du juriste allemand Carl Schmitt (1888-1985), particulièrement deux de ses livres : "Théologie politique" (1922) et "Les trois types de pensée juridique" (1934). Les travaux historiques, largement disponibles en ligne, sur le pouvoir dans le royaume bamana de Ségou devraient être également consultés pour mieux comprendre la fascination d'une grande partie du peuple malien pour la prise du pouvoir par la force. Quelques mots sur l'"état d'exception", piochés dans la fiche Wikipédia : « L'État de droit comme son envers, l'état d'exception, sont des concepts controversés et débattus. Les débats contemporains, influencés en partie par les événements post-11 septembre 2001, tournent, entre autres, autour de la définition du souverain proposée par le juriste Carl Schmitt, qui défend une conception dite décisionniste de l'ordre juridique : le souverain serait, selon lui, celui qui décide de l'état d'exception ou durant l'état d'exception. Cette ambiguïté repose sur la phrase en allemand "Souverän ist, wer über den Ausnahmezustand entscheidet". Le terme Über peut signifier que le souverain décide de déclarer l'exception, ainsi que des mesures à prendre pendant la durée de celle-ci. Par cette formule, Schmitt se dissocie de l'acception romaine de la dictature qu'il a approchée grâce à son concept de dictature de commissaire ». Pour revenir à des considérations moins théoriques, les actes juridiques récemment adoptés par le CNSP sont, il est vrai, perfectibles. Les dirigeants du CNSP doivent urgemment s'entourer de juristes publicistes de haut niveau pour donner à leurs actes un fondement juridique plus solide. Ceci dit, les analyses juridiques des commentateurs que j'ai pu lire dans la presse et entendre dans les médias ne font pas mieux que le CNSP en termes de solidité dans l'argumentation juridique et de compréhension juridique des événements récents. Aucune analyse originale n'émerge pour appréhender la complexité politico-juridique de la situation actuelle. Docteur Brahima Fomba, lui-même, a commis, je crois, une erreur de jugement après la prise du pouvoir par les militaires. Mais c'est tout à fait normal puisque la situation est ambigüe et évolutive.

A
Anonyme il y a 5 ans

Ne faites ni dans l'hypocrisie ni dans le juridisme ! des Ordonnances en application et non ratifiées, des décrets bidons non rapportés et produisant toujours leurs effets tout cela existait sous la Constitution de 1992 quand on y ajoute un pays sans président sans parlement et sans conseil constitutionnel le sieur Fomba n'est pas dans la réalité mais dans le fantasme. sieur Fomba on te dit que plus d'une centaine de nominations ont été faites par Madame son fils Karim et que celui ci imitait la signature de son Papa Ibrahim. Tu veux donc nous dire quoi ? Que les militaires doivent attendre le M5 RFP pour procéder aux nominations et se partager les postes après des voyages à Nioro en passant par Badala ? Soyons pragmatiques et restons dans le droit qui est précédé par la réalité des faits. Les faits sont simples au pouvoir aujourd’hui est le CNSP. Cet organe doit prendre des décisions critiques pour stabiliser le pays. Juridiquement le CNSP ne peut pas viser la Constitution de 92 qu'il a mis entre parenthèse avec le concours du M5 RFP.

D
Diawara il y a 5 ans

ARRÊTEZ DE CHERCHER DES PROBLÈMES LÀ OÙ IL N'Y EN À PAS.LA JUNTE N'A PAS LE TEMPS COMME VOUS AUTRES QUI PASSEZ LA MAJEURE PARTIE DU TEMPS DANS DES PAPERASSES A NE PAS EN FINIR. IL FAUT QU'ON AILLE DE L'AVANT ET SANS TARDER CES MILITAIRES SAVENT CE QUI LES ATTEND ALORS LAISSONS-LES AGIR ET EVITER DE TROP PARLER FRANCAIS POUR RIEN CAR CELA NE FAIT QUE LES RALENTIR DANS LEUR TRAVAIL.A BON ENTENDEUR SALUT.

A
Anonyme il y a 5 ans

Mais cher ami,tout est déjà arrivé.

S
sieurkeba il y a 5 ans

Le fameux ou fumeux "ACTE FONDAMENTAL" est une tentative de coup d'état contre la constitution du 25 février 1992. En témoignent ses articles 26; 29 à 38. Le respect des traités (leur article 33) leur intime de respecter les protocoles de la CEDEAO, laquelle CEDEAO a fixé la durée d'une transition. Au-delà, tout peut arriver.