Au lieu de s'atteler à travailler d'arrache-pied pour la levée de ces sanctions internationales (y compris celles de l'Union Européenne, des Nations Unies …), mal en prennent nos autorités diplomatiques à s'adonner à une course aux postes dans les représentations et missions diplomatiques et consulaires du Mali.
La décision, aussi inopportune qu'injuste, de rappels de la majorité de nos meilleurs diplomates semble corroborée par le nouveau missi dominici, (un envoyé spécial du souverain carolingien qui contrôle les représentants du pouvoir) du Président de la Transition, le talentueux Abdoulaye Diop. Les autorités de Transition devraient enfin ouvrir leurs yeux. C'est surtout en ces moments particulièrement sensibles de la vie sinon de la survie de notre nation que nos fameux diplomates veulent dépouiller nos Ambassades et Consulats de leurs ressources humaines de qualité et d'expérience avérées sur le terrain. Nos représentants actuels détiennent déjà les codes des portes d'entrée dans leurs pays d'accréditation. Il est logiquement plus facile pour eux de maintenir un dialogue fécond avec nos partenaires et amis en vue d'un retour imminent de notre pays dans le concert des nations.
Règlement comptes
Aussi, semble-t-il que ces mouvements diplomatiques s'inscrivent dans un règlement de comptes qui ne dit pas son nom ou une chasse à certains cadres émérites réfractaires à certaines pratiques nauséabondes ayant pignon sur rue dans notre maison diplomatique.
Mieux, rien ne justifie, pour une Transition militarisée dont la fin n'est que dans huit petits mois, de tels mouvements diplomatiques avec leur cortège de saignée financière pour notre trésor public dont la priorité devrait être de faire face aux dépenses de salaires et autres charges fixes essentielles de l'Etat.
Un autre argument et non des moindres : les pays d'accueil ne donneront aucune accréditation aux nouveaux diplomates que le pays s'apprête à nommer d'autant qu'il est quasi suspendu de toutes les instances internationales.
Si ces rappels sont effectifs, la question qui taraude tous les esprits éclairés est la suivante : qui organiseront les prochaines élections générales de notre Pays. Quand bien même ceux-là qu'on veut rappeler ont déjà l'expérience, les formations et compétences requises pour ce faire.
Mouvement stupides
La diplomatie malienne gagnerait à ne pas faire de mouvements stupides pour le peu de temps qui reste de la Transition, c'est-à-dire jusqu'à la mise en place des nouvelles autorités démocratiquement élues qui, sans nul doute, nommeront leurs ambassadeurs et consuls généraux.
S'il existe un gentleman agreement mais non écrit qui limite le séjour à l'extérieur des conseillers diplomatiques issus des Affaires étrangères à cinq ans, en revanche aucun texte, accord ou aucune pratique dans notre diplomatie ne limite à cinq ans le mandat des Chefs de Missions Diplomatiques et Consulaires maliennes ( Ambassadeurs et Consuls généraux ) qui relève du seul pouvoir discrétionnaire du Président de la République, Chef de l'Etat et non du Ministre en charge des Affaires étrangères. Que l'on ne s'y trompe guère. A beau mentir qui vient de loin.
Il est enfin temps de mettre le Mali au-dessus de toute considération partisane ou intérêt bassement particulier. L'histoire nous jugera ! Dieu sauve et bénisse le Maliba !
Seydou Diarra, correspondance particulière