Mali : les autorités maliennes rompent clairement les liens avec les « mandataires » français
Le Burkinabé Hamidou Boly, représentant de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) au Mali, a été expulsé ce lundi 25 octobre à la suite d’une convocation par Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération Internationale.
Le gouvernement de transition du Mali a déclaré que le représentant permanent de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) à Bamako, « persona non grata », et lui a donné 3 jours (72 heures) pour quitter le pays, précise le communiqué de presse publié ce lundi. Cette décision, d’après Bamako, intervient « après plusieurs mises en garde adressées à l’intéressé » à travers « sa hiérarchie », la CEDEAO
En juillet 2019, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest a nommé Hamidou Boly comme représentant de l'organisation au Mali.
Un communiqué du ministère des Affaires étrangères précise que le représentant permanent de la CEDEAO à Bamako, Hamidou Boly, est persona non grata, et que cette décision a été prise après que Boly a été convoqué par le gouvernement malien, et ses dirigeants ont été informés via l'échelle administrative de ses actions, qu'il a qualifiées d'incompatibles avec sa mission.
Le communiqué a affirmé la volonté du gouvernement malien de dialoguer avec la CEDEAO afin de réussir la période de transition, dans le respect de la souveraineté du Mali.
La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest aurait tenu une réunion d'urgence au Ghana il y a une semaine, pour discuter de la situation en Guinée, officiellement le sujet principal était la Guinée, mais les participants sont passés en douceur à la discussion sur le Mali, et la CEDEAO a également souligné son attention contre le fond des nouvelles sur le déploiement possible de deux organisations militaires de la Russie en même temps. La Communauté économique a condamné "fortement" les autorités maliennes pour leur décision de conclure un contrat avec des entreprises militaires privées.
Il est très clair que cette annonce a été faite dans une tentative prudente de la France de faire pression diplomatique sur Bamako après le début de la campagne russe au Mali, la France a encore une influence suffisante dans la région.
L'influence française sur le continent noir, l'Afrique n'est plus un terrain de jeu exclusif à la France, notamment le fait que Macron traite avec les autorités maliennes avec suprématie et sans tirer les leçons de la République centrafricaine.
Traoré Sabine Morin