IBK: Que l’histoire t’absolve, Président !
Ibrahim Boubacar Kéita est décédé dimanche dernier, dans sa 76è année. Il a contribué à écrire une page des plus controversée de notre histoire contemporaine et y a tenu un rôle des plus controversé.
IBK n’était pas politique au sens de Tocqueville. Il n’était pas un tueur. Il n’était pas capable du baiser de judas. Avec lui, les positions étaient tranchées : on est ensemble ou pas, il vous aime ou non. Il n’était pas du genre prêt à tout pour sauver son fauteuil. Il ne pouvait pas faire de compromission. Qu’il ait tort ou raison, il assumait ses positions et ne louvoyait jamais.
IBK a aimé le Mali. Il a été capable de se sublimer pour le Mali. Il avait l’amour du pays chevillé au corps. Il n’a jamais rien mis au-devant de sa dévotion pour le Mali. IBK a incarné et réhabilité le Mali. En toute circonstance, il a affirmé l’Etat.
« En politique, mon cher, vous le savez comme moi, il n'y a pas d'hommes, mais des idées ; pas de sentiments, mais des intérêts ; en politique, on ne tue pas un homme : on supprime un obstacle, voilà tout », disait Alexandre Dumas. Cette assertion d’Alexandre Dumas, dans Le Comte de Monte Cristo 1844, est certainement le meilleur bréviaire ou viatique que peut avoir, que doit avoir un homme politique. Mais, elle était aux antipodes des positions du président IBK, pour qui la parole donnée était sacrée, pour qui une position politique ne valait pas une vie humaine.
IBK avait la figure paternaliste. Il est arrivé au pouvoir, âgé, malade et usé. Comme toujours, en de pareilles circonstances, la cour en a profité. Il a résisté du mieux qu’il pouvait, mais, ils sont nombreux, à l’heure de la reddition des comptes, à devoir répondre avec lui.
Aucune pierre ne sera jetée à ceux qui en jetteront à IBK Les prismes des analyses et de lecture sont très nombreux. Pour un politique froid et calculateur, le contexte était propice pour jouer les antagonismes les unes contre les autres et surfer sur cette vague. Pas IBK. Il n’était pas capable de manger de ce pain.
Venu trop tard aux affaires, il a fait de son mieux, armé de son amour pour sa patrie, et voulant donner à son pays son lustre d’antan. IBK n’a pas échoué. Il a été un incompris dans un contexte où le citoyen voulait tout, tout de suite. Il n’a pas eu les appuis qu’il méritait. Il n’a pas souvent eu la main heureuse dans le choix des hommes.
IBK acceptera toutes les critiques, à condition d’avoir comme épitaphe : il a aimé le Mali.
Dors en paix Président !
Alexis Kalambry