vendredi 17 avril 2026
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Gouvernance : Le salut par le putsch et Les faits

Par Le Pays 218 vues
Gouvernance : Le salut par le putsch et Les faits

Thomas Sankara du Burkina Faso, Jerry Rawlings du Ghana, Mathieu Kérékou du Benin, Seyni Kountché du Niger, Paul Kagamé du Rwanda font partie des dirigeants africains qui ont apporté de grands changements dans leur pays. Pourtant, ils étaient tous des putschistes. L’actuel président de la transition au Mali, le colonel Assimi Goïta, est-il sur leurs traces ? En tout cas les signes sont là.


Depuis des mois, le Mali traverse d’énormes difficultés avec ses voisins de la CEDEAO, et la communauté internationale tout entière. Pourquoi ? Un officier supérieur de l’armée, le colonel Assimi Goïta, a pris le pouvoir par les armes après deux putschs, contre le président de la République Ibrahim Boubacar Keita et le président de la transition, Bah N’daw. Les tons se durcissent contre le Mali. Les exigences de la tenue urgente de l’élection présidentielle tombent de partout : la CEDEAO dont le Mali est un membre fondateur, l’union africaine, la France, l’Union européenne, les États-Unis bref la communauté internationale.

Au même moment, les populations donnent la légitimité au putschiste qui, en 9 mois, redonne espoir aux populations, donne une autre image, celle d’un pays souverain à son pays. Assimi Goïta est-il donc sur les traces des putschistes qui ont apporté de grands changements dans leur pays ? Car, d’après notre confrère Alain Foka, les grands changements auxquels on a assisté dans certaines nations africaines sont souvent venus du fait des militaires.

Thomas Sankara, l’icône de la lutte panafricaine

Bien qu’il fût venu au pouvoir à la suite d’un coup d’État militaire, Thomas Sankara a donné, en quelques années, toutes les valeurs à son pays. Il avait redonné au Burkina Faso sa souveraineté. Il était l’icône panafricaine de la lutte contre l’impérialisme français.

Thomas Sankara a mené une lutte farouche contre la corruption et la délinquance financière et a inculqué aux populations les valeurs du travail, du mérite. Il restera à jamais une fierté pour le Burkina Faso, pour l’Afrique tout entière.

Jerry Rawlings, le putschiste qui a fait du Ghana une démocratie

Deux fois auteur de putsch, Jerry Rawlings a été le premier président de la IVe République du Ghana. C’est lui qui a fait du Ghana une démocratie. En effet, d’un père écossais et d’une mère ghanéenne, Jerry Rawlings, a dirigé le Ghana durant des années. Il était devenu chef d’État deux fois par coups d’État militaire et deux fois par élection. Il a ainsi marqué l’histoire politique du Ghana. Malgré les difficultés traversées, Jerry Rawlings a fait de son pays l’un des plus enviés en termes de démocratie. Il était un leader charismatique incontesté. Il a fait de grandes choses pour son pays.

Mathieu Kérékou, le caméléon

Lui aussi, venu au pouvoir par un putsch avant d’être élu président de la République après, Mathieu Kérékou a été un grand homme de la paix au Benin. C’est en tout cas ce que disent les témoignages qui lui ont été rendus après son décès. .« Le général Kérékou incarne encore aujourd’hui pour tous les Béninois la préservation de l’unité, du respect des uns et des autres, et la préservation de la paix dans le pays. Il a laissé un héritage que nous sommes obligés de préserver. C’est pour ça que nous sommes tous là », glisse furtivement François Abiola, selon nos confrères de Ouest France. La même source ajoute que le président de l’Assemblée nationale béninoise, Adrien Houngbedji, a salué « un grand homme d’État et de paix ».

« C’est sûrement le plus grand homme d’État de la période postcoloniale. C’est un exemple qui mérite d’être cité aujourd’hui, au Bénin et dans toute la sous-région. Par conséquent, nous devons saluer la perte d’un grand démocrate », a affirmé le parlementaire.

Seyni Kountché du Niger

Arrivé au pouvoir par un putsch, Seyni Kountché a dirigé le Niger pendant 13 ans. Celui-là qui, jusqu’à sa mort, malgré plusieurs tentatives de coups d’État, le général Seyni Kountché aura régné en maître absolu de l’État et des Forces armées, concentrant entre ses mains les trois fonctions les plus importantes du pays puisqu’il était chef de l’État, ministre de l’Intérieur et ministre de la Défense, a fait beaucoup pour son pays. Et selon notre confrère Alain Foka, les Nigériens se souviennent de ce putschiste pour son engagement tendresse et sa détermination.

Paul Kagamé du Rwanda

En Afrique, beaucoup célèbre le model Rwandais, selon Alain Foka. Ce pays, après une guerre civile, est devenu émergent dont rêvent les peuples d’Afrique. Le grand acteur de ce changement s’appelle Paul Kagamé, l’actuel président. Pourtant, il est arrivé au pouvoir par un putsch. Il est quand même arrivé à donner une indépendance économique à son pays, assurer la sécurité des personnes et leurs biens, donner l’éducation de l’qualité aux élèves, donner des soins de santé de qualité à ses populations. Mais, ce sont les acteurs de la démocratie, dans certains pays comme le Mali, qui ont favorisé la corruption, le clientélisme, le clanisme.

Assimi sur les traces de ces putschistes ?

Le Mali est dirigé, depuis 9 mois, par un officier supérieur de l’armée, auteur de deux putschs. Il s’agit du colonel Assimi Goïta. Même si les sanctions tombent de partout pour la tenue des élections, le jeune colonel engrange un résultat spectaculaire qui lui vaut tout le soutien du peuple malien. L’une des preuves de cette réussite est la montée en puissance de l’armée. En effet, les Maliens ont soif de la sécurité depuis près d’une décennie. L’insécurité fait partie d’ailleurs des raisons du soulèvement populaire qui ont emporté le régime IBK. Mais ces derniers mois, grâce à la diversification des partenaires du Mali dans la lutte contre l’insécurité, ce sont les forces armées maliennes qui terrorisent les groupes terroristes sur le terrain. Chaque semaine, l’armée enregistre de nouvelles victoires contre l’ennemi. Cela s’explique par l’importance qu’accorde le président de la transition à la sécurisation des Maliens et leurs biens. Il l’a bien dit dans son adresse à la Nation à l’occasion de la fête du 20 janvier 2022. Après avoir loué la bravoure des militaires maliens sur le front face à l’ennemi, le colonel Assimi Goïta a insisté sur la nécessité d’améliorer leur condition de vie et de travail. « Loin de leurs foyers, sur des terrains parfois hostiles, face à des adversaires qui ne reculent devant aucune atrocité et qui ne respectent aucune règle ou norme d’une guerre conventionnelle, nos Forces armées se battent au quotidien avec une foi, une ardeur, un courage et un dévouement qui forcent l’admiration et imposent le respect de tous… En effet, l’Armée républicaine du Mali est actuellement engagée sur plusieurs fronts… D’où la nécessité de renforcer, sans relâche, ses capacités opérationnelles et d’améliorer les conditions de vie des soldats qui ont décidé de défendre le pays au prix de leur vie. C’est dans cette optique que le Gouvernement de la Transition, malgré la situation économique difficile du moment, est en train de consentir de gros efforts pour hisser notre Armée à la hauteur de nos ambitions. Dans le but de faire de notre outil de défense, la véritable expression de notre souveraineté nationale, de profondes réformes ont été engagées afin de le moderniser et de l’adapter au contexte sécuritaire et sociopolitique de notre pays… » avait-il indiqué.

Sur le plan de la diplomatie, le colonel Assimi Goita inspire le respect pour le Mali. Dans les faits et discours, lui et son premier ministre plaident pour le respect de la souveraineté du Mali, de sa dignité. « Pour nous, le partenariat, c’est l’écoute mutuelle, c’est le respect mutuel, c’est agir ensemble, c’est travailler de concert sur des objectifs communs, au bénéficie mutuel de nos pays et de nos peuples respectifs. Le partenariat, c’est la non-immixtion et la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un État ; c’est le respect plein et entier de sa souveraineté et de son indépendance. Le partenariat, ce n’est pas de nous donner des injonctions, mais de se parler en faisant preuve d’écoute mutuelle, pour comprendre et si possible prendre en compte nos préoccupations réciproques. Ces principes sacro-saints auxquels le Mali demeure fermement attaché n’ont, hélas pas toujours été observés ni respectés ces derniers temps. Ils sont même mis à mal dans le moment présent par ceux qui se croient fondés à décider pour nous et à notre place », avait déclaré le premier ministre Choguel Kokalla Maïga devant les ambassadeurs.

Le président de la transition, s’il continue sur cette voie, pourrait être un autre Thomas Sankara pour l’Afrique.

Il faut rappeler que l’ancien président de la République du Mali, feu Amadou Toumani Touré est l’un des grands démocrates que l’Afrique ait connu. Étant putschiste, c’est lui le père de la démocratie malienne.

Il faut également préciser que les Français continuent toujours de célébrer le général de Gaule pour ses multiples efforts pour une France meilleure. Pourtant, il était un putschiste qui duré au pouvoir durant plus d’une dizaine d’années.

Boureima Guindo

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Commentaires (9)

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L
LeGoupil33 il y a 4 ans

Mr Boureima Guindo Quelques petites réflexions Concernant Mathieu Kérékou, Vous omettez de dire que les premières années de son gouvernement ont été marquées par une politique tyrannique à l'encontre de ses opposants et qu'il a conduit le Bénin à une véritable catastrophe économique et à un isolement diplomatique majeur au sein du continent africain. Néanmoins en s'appuyant sur une grande conférence nationale, il a su engager avec habileté un processus démocratique en quelques mois Ceci le distingue très notablement de la junte actuelle Concernant Seyni Kountché, vous omettez de dire que lorsqu'il est arrivé au pouvoir, à un moment de catastrophe climatique au Niger, il s'agissait d'un militaire accompli ayant accompli un long parcours préalable. Vous omettez de dire qu'il a cherché dans ses gouvernements à associer les politiques civils, qu'il a maintenu les liens avec les puissances occidentales, y compris la France en les réorientant, voire les a développés avec les USA. Il se démarque ainsi très notablement de la junte. Concernant Paul Kagamé, vous le présentez comme un dirigeant éclairé. En interne, certains estiment que Paul kagamé a fermé l’espace politique et muselle systématiquement l’opposition, la presse et la société civile. Il ne tolère pas la critique et n’hésite pas faire taire tout ceux qui osent le critiquer. En matière de rapports avec ses voisins, les congolais ont un jugement complètement opposé au votre, considérant que Paul Kagame est responsable d'un génocide à l'encontre de leur population sur fond de trafic d'or (ce qui est en train de se passer en RCA). Vous devriez vous informer sur la politique agricole au Rwanda. Le PNUD, dans son rapport de 2007, a fait remarquer que 62% de la population rurale vivait dans la misère la plus abjecte alors que cette proportion n’était que de 50,3% en 1990, que le Rwanda figurait parmi les 15% des pays les plus inégalitaires au monde et que le gouvernement accordait seulement 3% de son budget à l’agriculture alors que ce secteur employait 80% de la main d’œuvre rwandaise. KIgali est devenue une belle ville où il fait bon vivre, mais pour certains seulement. Les historiens feront le point sur tous les agissements de Paul Kagame avant le drame des Tutsies et sur son enrichissement personnel depuis son accession au pouvoir. Alors vous faites un parallèle entre tous ces hommes et Assimi Goïta. Le problème est que le gouvernement d'Assimi Goïta mené par Choquel Maïga ne trouve sa justification qu'à travers la harengue de la foule. Hors une foule n'est pas le peuple. Ce gouvernement est guidé par la prati du Bouc Emissaire (ce n'était pas le cas de Kountché). Ce gouvernement est marqué par le dogmatisme et le jusqu'au boutisme (ce n'a pas été le cas de Mathieu Kérékou). Vous dites au sujet du Gal de Gaulle qu'il était putschiste. C'est faux. Quand il est arrivé au pouvoir lors des événements de la guerre d'Algérie, il a été appelé par le pdt du conseil. Il a par la suite été élu. Il a été battu aux élections après 1968 et il a quitté le pouvoir. Alors non Assimi Goïta ne peut être actuellement comparé et je pense surtout à Paul Sankara et Jerry Rawlings. J'espère que l'on ne le comparera pas aux 3 autres. Mais avec son association à Choquel Maïga, il est mal parti.

L
LeGoupil33 il y a 4 ans

Boureima Guindo Quelques petites réflexions Concernant Mathieu Kérékou, Vous omettez de dire que les premières années de son gouvernement ont été marquées par une politique tyrannique à l'encontre de ses opposants et qu'il a conduit le Bénin à une véritable catastrophe économique et à un isolement diplomatique majeur au sein du continent africain. Néanmoins en s'appuyant sur une grande conférence nationale, il a su engager avec habileté un processus démocratique en quelques mois Ceci le distingue très notablement de la junte actuelle Concernant Seyni Kountché, vous omettez de dire que lorsqu'il est arrivé au pouvoir, à un moment de catastrophe climatique au Niger, il s'agissait d'un militaire accompli ayant accompli un long parcours préalable. Vous omettez de dire qu'il a cherché dans ses gouvernements à associer les politiques civils, qu'il a maintenu les liens avec les puissances occidentales, y compris la France en les réorientant, voire les a développés avec les USA. Il se démarque ainsi très notablement de la junte. Concernant Paul Kagamé, vous le présentez comme un dirigeant éclairé. En interne, certains estiment que Paul kagamé a fermé l’espace politique et muselle systématiquement l’opposition, la presse et la société civile. Il ne tolère pas la critique et n’hésite pas faire taire tout ceux qui osent le critiquer. En matière de rapports avec ses voisins, les congolais ont un jugement complètement opposé au votre, considérant que Paul Kagame est responsable d'un génocide à l'encontre de leur population sur fond de trafic d'or (ce qui est en train de se passer en RCA). Vous devriez vous informer sur la politique agricole au Rwanda. Le PNUD, dans son rapport de 2007, a fait remarquer que 62% de la population rurale vivait dans la misère la plus abjecte alors que cette proportion n’était que de 50,3% en 1990, que le Rwanda figurait parmi les 15% des pays les plus inégalitaires au monde et que le gouvernement accordait seulement 3% de son budget à l’agriculture alors que ce secteur employait 80% de la main d’œuvre rwandaise. KIgali est devenue une belle ville où il fait bon vivre, mais pour certains seulement. Les historiens feront le point sur tous les agissements de Paul Kagame avant le drame des Tutsies et sur son enrichissement personnel depuis son accession au pouvoir. Alors vous faites un parallèle entre tous ces hommes et Assimi Goïta. Le problème est que le gouvernement d'Assimi Goïta mené par Choquel Maïga ne trouve sa justification qu'à travers la harengue de la foule. Hors une foule n'est pas le peuple. Ce gouvernement est guidé par la prati du Bouc Emissaire (ce n'était pas le cas de Kountché). Ce gouvernement est marqué par le dogmatisme et le jusqu'au boutisme (ce n'a pas été le cas de Mathieu Kérékou). Vous dites au sujet du Gal de Gaulle qu'il était putschiste. C'est faux. Quand il est arrivé au pouvoir lors des événements de la guerre d'Algérie, il a été appelé par le pdt du conseil. Il a par la suite été élu. Il a été battu aux élections après 1968 et il a quitté le pouvoir. Alors non Assimi Goïta ne peut être actuellement comparé et je pense surtout à Paul Sankara et Jerry Rawlings. J'espère que l'on ne le comparera pas aux 3 autres. Mais avec son association à Choquel Maïga, il est mal parti.

A
Anonyme il y a 4 ans

La catastrophe serait que les militaires du Burkina arrivent à sortir leur pays de l'ornière tandis que ceux du Mali auront continuer à nous enfoncer. On peut être militaire et débile.

A
Anonyme il y a 4 ans

Tu as raison les maliens ne comprennent que la force et sont trop bêtes pour décider par eux mêmes.

A
Anonyme il y a 4 ans

C'est fou,je ne savais pas qu'il y avait des "maso " au Mali. Entendre quelqu'un clamer aimer la contrainte,la cravache,et l'autorité subie,me semble hallucinant...

D
Diawara il y a 4 ans

UNE CHOSE EST SÛRE LES MILLITAIRES SONT DES PATRIOTES ET NE TRAHISSENT JAMAIS LEURS PAYS . IL SONT DIFFÉRENTS DES HOMMES POLITIQUES INDIGNES POURRIS QUI DEVIENNENT DES MARIONNETTES DE LA FRANCAFRISUE ET LIVRENT LEURS PAYS À LA FRANCE. C'EST POURQUOI LES COUPS D'ÉTAT SONT TRÈS SALUTAIRES ET PERMETTENT DE LIBÉRER LE CONTINENT AFRICAIN POUR L'ÉMANCIPATION ET L'ÉMERGENCE DU CONTINENT. VIVE LES MILLITAIRES PATRIOTES INTÈGRES.

A
Anonyme il y a 4 ans

La seule différence est que nous vivons une époque où un coup d'État est la chose la plus stupide qui puisse arriver à un pays. Comme d'habitude, cette comparaison est ridicule.

S
Segovien il y a 4 ans

Vive les Militaires mais uniquement dans les casernes et au front, 1 point. Ils n'ont jamais ete sources de stabilite et de promotion du developpement. Il faut des ''institutions fortes'' qui contraignent les civils, voila la solution.

S
Segovien il y a 4 ans

L'exercice du pouvoir par les militaires est plus instable car les putchistes chercheront a s'eliminer un a un (apres la periode d'euphorie) pour des problemes d'ego. Aussi, le militaire rime avec la presence massive des armes partout, ... et au moindre couac, c'est un bain de sang. Alors, des institutions fortes, avec des civils, sont seuls gages d'un stabilite et de promotion du developpement. Vive les militaires mais sans les casernes et au front au besoin.