vendredi 17 avril 2026
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Mali : Pourquoi la CEDEAO doit revoir sa copie

Par Afrique Info 1,153 vues
Mali : Pourquoi la CEDEAO doit revoir sa copie

Le sommet d'Accra se tient au moment où la partie financière des sanctions contre le Mali a été jugée illégale par la Cour de Justice de l'UEMOA.

Naturellement, cette nouvelle donne inédite dans l'histoire de l'Afrique va certainement donner à réfléchir à nos Présidents qui vont devoir supporter cette gêne.

Mais au fond , on a le droit de se demander pourquoi des Chefs d'Etat peuvent prendre des mesures sans y mettre la forme juridique pour éviter toute humiliation.

La précipitation dans la prise de décision de ces sanctions montre son caractère purement politique donc subjectif et nous amène à penser à l'intervention d'une main étrangère comme cela fut dénoncé officiellement par la partie malienne.

Le sommet d'Accra d'aujourd'hui doit traiter le dossier malien avec plus de lucidité car il y va de sa crédibilité.

La crise malienne est un cas d'école pour la Cedeao par rapport à ses textes.

En effet, au Mali seule une communication politique de propagande peut parler de coup d'Etat alors qu'au sens politique, il s'agit d'une révolution.

Des mois de grandes manifestations populaires rassemblant toutes les couches de la population avec des revendications politiques claires d'un nouveau Mali , des dizaines de morts ont abouti au renversement du régime par l'intervention de l'armée qui est venue dire à la place publique qu'elle vient parachever l'action du peuple.

En science politique, il s'agit là d'une révolution et non d'un coup d'Etat ou autre prise de pouvoir par une junte à la Pinochet.

Il s'en est suivi ensuite des combines politiques pour empêcher lles leaders de la révolution malienne d'accéder au pouvoir et appliquer la politique voulu par le peuple.

Ainsi, un gouvernement a été mis en place avec un délai de 18 mois de Transition dont la politique poursuivie qui n'a rien à voir avec les revendications populaires a été publiquement saluée par l'ancienne puissance coloniale .

Cette équipe dirigeante qui avait pris sa distance avec les revendications populaires a voulu enterrer définitivement les espoirs du peuple en procédant à un coup d'Etat en faisant un remaniement ministeriel important à l'insu du vice-président et qui écartait du pouvoir certains officiers patriotes curieusement soupçonnés comme étant des prorusses.

Ce remaniement coup de force à 9 mois de la fin de la Transition a obligé le vice-président Assimi Goïta à prendre ses responsabilités pour éviter un bain de sang au Mali.

La Cedeao qui a entériné ces nouveaux changements qui ont porté Assimi à la Présidence de la Transition a été prise à partie violemment et publiquement par le Président français qui n'a cessé depuis lors à vouloir isoler la nouvelle équipe "illégitime" selon lui.
Il a même mis fin à certains dispositifs militaires dans la lutte contre le terrorisme mélangeant les questions de politique intérieure aux enjeux vitaux de la lutte contre le terrorisme.

On connaît la suite.

La Cedeao doit, en toute responsabilité corriger ses erreurs d'appréciation et trouver un compromis avec le Mali meurtri par 10 ans de guerre et la perte de 80 pour cent de son territoire.

L'histoire est juge.

A. Simpara

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