vendredi 17 avril 2026
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Mourah: flagrant délit de mensonge de l’expert de l’ONU

Par Info-Matin 1,199 vues
Mourah: flagrant délit de mensonge de l’expert de l’ONU

Après avoir brillant plaidé pour l’ouverture d’une enquête sur les allégations de violation de droits de l’homme à Mourah, Alioune Tiné, l’expert indépendant des Nations unies pour les droits de l’homme verse de la manipulation et les contre-vérités.

 

En effet, au regard des graves allégations de crimes de masse, des dizaines de civils ayant été tués au cours de ces opérations, il demande aux autorités maliennes de mener dans les meilleurs délais une enquête approfondie, indépendante, impartiale et efficace sur toutes les violations présumées. Pour Alioune Tine, les conclusions de cette enquête doivent être rendues publiques et les auteurs présumés doivent être traduits en justice.

Car dit-il, et c’est la manipulation et le mensonge, «le fait de ne pas traduire en justice les auteurs présumés de violations des droits de l’homme pourrait entamer la confiance de la population dans les forces armées et être exploitée ou instrumentalisée par les groupes armés, se présentant comme une solution de substitution crédible à la défaillance de l’État », a déclaré M. Tine

Or, en rendant compte de l’opération menée du 23 au 31 mars 2022 à Mourah contre les groupes terroristes qui s’y étaient donné rendez-vous, voici ce que l’État-major général des Armées maliennes écrit dans son communiqué N°… du vendredi 1er avril 2022 :

« …une opération d’opportunité aéroterrestre de grande envergure a été menée dans la zone de Moura à 17 kilomètres au Nord-est de Kouakourou dans le cercle de Djenné.

Cette opération fait suite à des renseignements bien précis qui ont permis de localiser la tenue d’une rencontre entre différents Katibats à Moura, fief des terroristes depuis quelques années.

Une combinaison d’actions aéroterrestres, en l’occurrence les forces au sol et les troupes aéroportées notamment les forces spéciales, a permis un bilan très lourd chez les terroristes :

203 combattants des GAT (Groupes Armés Terroristes) avec une interpellation de 51 personnes. À cela s’ajoute un bilan matériel de 200 motos brûlées et saisies. D’importantes quantités d’armes et de munitions ont été récupérées.

Les FAMa ont procédé ensuite aux nettoyages systématiques de toute la zone.

Après les premières auditions effectuées par la gendarmerie, des personnes interpellées, elles ont été transférées au pôle judiciaire spécialisé, chargé de l’instruction des affaires de terrorisme… » Toutes choses qui sont synonymes de saisine de la justice en langage judiciaire.

Affirmer sans vergogne donc que le Mali n’a pas déféré à la justice les personnes interpellées à Mourah procède d’un mensonge éhonté de la part de Alioune Tine.

PAR Abdoulaye OUATTARA

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Commentaires (5)

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F
Fanga 10020 il y a 4 ans

Dogoni, ce que tu appelles "dégâts collatéraux" provoqués par la France sont bien "volontaires", d'une part, et ce concept "dégâts collatéraux" ne constitue en aucun cas pour les forces armées françaises une cause d'exonération de responsabilité concernant la tuerie de civils maliens, d'autre part. La France a peut-être des bons moyens technologiques de surveillance des groupes armés et même des commentateurs sur le forum Malijet. Mais dans l'exploitation des informations sur les Maliens, elle est très mauvaise du fait de l'absence de connaissance suffisante du contexte culturel et géographique dans lequel elle intervient. C'est un des enseignements que la France devrait tirer de l'affaire Bounty dans laquelle 19 Maliens ont été tués. La France n'a, en effet, pas compris véritablement, lors des phases de collecte de renseignements et du bombardement, la "nature du rassemblement" de Bounty contre lequel elle a frappé. Le rapport de mars 2021 de la division des droits de l'Homme de la MINUSMA concernant le drame de Bounty a été très clair. Il a demandé, sans succès à ce jour, l'application du droit malien et international par la France pour rendre la justice aux victimes. "Au terme de l’enquête, la MINUSMA recommande aux autorités maliennes et françaises de diligenter une enquête indépendante, crédible et transparente afin d’examiner les circonstances de la frappe et son impact sur la population civile de Bounty ; d’examiner de manière approfondie les processus de mise en œuvre des précautions lors de la préparation d’une frappe ainsi que des critères utilisés pour déterminer la nature militaire de l’objectif aux fins de l’application du principe de distinction y compris l’appartenance à un groupe armé à la lumière de cet incident et à y apporter des modifications si nécessaires ; d’enquêter sur les possibles violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme et d’établir les différentes responsabilités et d’octroyer le cas échéant une réparation appropriée aux victimes et aux membres de leurs familles." Autres passages importants du rapports de la MINUSMA : Cadre juridique applicable (...) "Selon les règles conventionnelles et coutumières, les parties aux conflits doivent respecter les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution dans la conduite des hostilités, c’est-à-dire dans la planification et la réalisation des attaques. Ces principes édictent notamment qui peut faire l’objet d’attaque, quels sont les moyens et méthodes de guerre qui peuvent être engagés pour mener cette attaque afin de limiter les dommages collatéraux et rappellent que toutes les précautions pratiquement possibles doivent être prise avant et pendant l’attaque. 37. Dans tous les cas où des civils ont été ou auraient été tués sur leur territoire par leurs propres forces armées, par des forces armées alliées opérant sur leur territoire ou par des belligérants adverses, les Etats ont l’obligation de mener une enquête rapide, indépendante et impartiale et devraient fournir des explications publiques détaillées. Cette obligation est notamment déclenchée chaque fois qu'il existe une indication plausible, quelle qu'en soit la source, que des violations du droit international humanitaire ont été commises, y compris lorsque les faits ne sont pas clairs ou que l'information est partielle ou circonstancielle. 38. Les Etats opérant sur le territoire d’un autre Etat doivent de la même façon enquêter sur toute potentielle violation qui auraient été commises par les membres de leurs forces armées, poursuivre et le cas échant, sanctionner les responsables d’éventuelles violations du droit international si ces dernières étaient établies." (p. 13 du rapport) De la nature du rassemblement "41. Au terme de l’enquête et des éléments recueillis, la MINUSMA est en mesure de conclure qu’une célébration de mariage s’est tenue le 3 janvier 2021, à proximité immédiate du village de Bounty (équidistant à 1 km du village et des hameaux de culture). Cet évènement a fait suite à la cérémonie religieuse du mariage qui a eu lieu la veille, le 2 janvier 2021 au soir, à Gana, village d’origine de la mariée, situé à 7 km au nord de Bounty. 42. Selon les informations collectées et l’analyse menée par les chargés des droits de l’homme, les convives étaient pour la majorité des civils, habitants de Bounty, y compris ceux qui habitent les hameaux de culture se trouvant dans les environs de ce village. La célébration a rassemblé environ une centaine de personnes, le 3 janvier 2021 entre 9h00 et 15h00 dans la zone semi-arborée. Ce lieu n’était pas usuellement utilisé pour les mariages. Il a été proposé par certains membres de la famille du marié, selon des témoins. Ces derniers ont expliqué que la zone semi-arborée, située à 1 km équidistant des habitations et des hameaux de culture était en effet plus adaptée aux conditions climatiques et au nombre de convives. 43. Au vu des traditions locales, les hommes et les femmes sont séparés lors de ces célébrations. Au moment de la frappe, les femmes, les filles et les enfants en bas âge étaient réunis au niveau des hameaux de culture, autour de la cuisine, et préparaient le repas de mariage. Par conséquent, le rassemblement, exclusivement composé d’hommes et d’adolescents était réparti par âge et affinités en sept groupes, espacés de quelques dizaines de mètres chacun. Il n’y avait notamment ni musique, ni danse, ni signes extérieurs et manifestes festifs. 44. La MINUSMA a pu établir la présence le jour de l’évènement de cinq (5) individus armés dont au moins un portait son arme de façon visible. Arrivés dans le village à bord de trois (3) motos dans la matinée du 3 janvier en provenance d’un autre lieu, ces cinq individus armés appartiendraient à la Katiba Serma selon les éléments recueillis lors de l’enquête. 45. La MINUSMA a conclu que le rassemblement consistait en une célébration de mariage qui a réuni une centaine de personnes, en majorité des civils habitant Bounty, à l’exception des cinq présumés membres de la Katiba Serma." (p. 14 du rapport) De la légalité de la frappe "60. Au regard des éléments d’information sus mentionnés, la MINUSMA conclut que la frappe a touché majoritairement des civils lors d’une célébration de mariage. Cette frappe soulève des préoccupations importantes quant au respect des principes de la conduite des hostilités. 61. Comme développé dans la section précédente,l’enquête a permis d’établir la tenue d’une célébration de mariage qui a rassemblé, sur le lieu de la frappe, une centaine de civils ainsi que cinq (5) membres présumés de la Katiba Serma. 62. Le communiqué de l’Etat-major français des Armées du 7 janvier 2021 précise que la frappe avait visé un « groupe armé terroriste », formellement identifié comme tel et qui était constitué « d’une quarantaine d’hommes adultes dans une zone isolée ». Le communiqué a catégoriquement exclu « la présence de femmes ou d’enfants » dans la zone observée pendant plus d’une heure et demi et indique que « l’ensemble des éléments renseignement et temps réel ont permis de caractériser et d’identifier formellement ce groupe comme appartenant à un GAT ». Or aucune information sur les éléments et renseignements probants dont disposait la Force Barkhane n’a été communiquée à la MINUSMA. 63. Dans les conflits armés internationaux, on distingue les civils des combattants. En revanche, dans les conflits armés non-internationaux, tels qu’au Mali, le terme de « combattant » n’existe pas. A cet égard, le principe de distinction est édicté tel que les civils sont en tout temps protégés et que les attaques ne peuvent être dirigées que contre les forces armées des parties au conflit et les personnes qui participent directement aux hostilités. (...) 76. La divergence entre les éléments de renseignement qui auraient justifié la frappe et les constations de l’équipe d’établissement des faits semble indiquer que les exigences requises pour se conformer au principe de précaution dans la frappe n’ont pas été respectées lors de la frappe aérienne du 3 janvier 2021, notamment l’obligation de faire tout ce qui est pratiquement possible pour vérifier que les cibles sont bien des objectifs militaires mais également l’obligation d’évaluer si une attaque est susceptible de causer incidemment des pertes en vies humaines dans la population civile, des blessures aux personnes civiles, qui seraient excessifs par rapport à l’avantage militaire concret et direct attendu. 77. Par ailleurs, il n’a pas été allégué que le groupe de personnes ciblé participait directement aux hostilités au moment de la frappe ou qu’ils se préparaient à un engagement ou en revenait. L’équipe de la mission d’établissement des faits n’a en outre, constaté aucune présence d’éléments matériels comme des armes ou des motos qui pourraient accréditer une telle hypothèse. Il semble donc exclu que les personnes touchées étaient en situation de perte de protection contre les attaques sur la base de leur comportement au moment de la frappe." (p. 17-20 du rapport) Recommandations "78. A la lumière des conclusions de la mission d’établissement des faits, la MINUSMA recommande aux autorités maliennes et françaises : - de mener une enquête indépendante et transparente afin d’examiner les circonstances de la frappe et son impact sur la population civile de Bounty ; - d’examiner de manière approfondie les processus de mise en œuvre des précautions lors de la préparation d’une frappe ainsi que des critères utilisés pour déterminer la nature militaire de l’objectif aux fins de l’application du principe de distinction y compris l’appartenance à un groupe armé à la lumière de cet incident et à y apporter des modifications si nécessaires. - d’enquêter sur les possibles violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme et d’établir les différentes responsabilités ; - d’octroyer le cas échéant une réparation appropriée aux victimes et aux membres de leurs familles." (p. 21 du rapport)

F
Fanga 10020 il y a 4 ans

Dogoni, je trouve que le dialogue et la collaboration ne sont plus possibles entre le Mali et la France, particulièrement au niveau des autorités. La France n'est plus désirée au Mali. Ses médias non plus. Vous êtes hautains et colonialistes. Votre parole et tes commentaires sur Malijet valent zéro actuellement. Vous devriez rapatrier vos forces, vos médias et vos ONG, puis laisser tranquilles le Mali. Ça évitera de continuer de vous ridiculiser sur le continent. Vous pourrez revenir après un moment d'introspection, avec des nouvelles idées et un nouveau regard sur le Mali.

D
Dogon64 il y a 4 ans

Petit Fanga même si une bavure de Barkhane à partir d'un renseignement erroné paraît plausible pour cette attaque aérienne, cela entrera dans la catégorie des "dégâts collatéraux" plus que regrettables mais non volontaires. Dans ce cas toutes les personnes abattues se situaient à 1km du village, dans un lieu complètement inhabituel pour un mariage (rapport ONU) Complètement différent de ce qui s'est passé à Mourah, un jour de marché en plein village, avec un mitraillage de civils depuis 2 hélicoptères (russes) puis à terre au milieu des villageois. Çà c'est un massacre pas un dégât collatéral. Même chose pour les marchands mauritaniens ! Et enfin je trouve de plus en plus tes commentaires vides de sens, parce que même si Barkhane a commis une faute, cela n'excuse en rien ce que font les Famas avec leurs "conseillers en barbarie" russes !

F
Fanga 10020 il y a 4 ans

Dogoni, le troll de l'Officine publique française de manipulation, commencez d'abord, avant de donner à la terre entière des leçons, par instruire et juger ce que les Nations Unies ont dans un rapport documenté comme étant une tuerie de civils maliens dans un mariage par l'armée française au Mali !

D
Dogon64 il y a 4 ans

Demander une enquête approfondie et neutre serait un mensonge et de la manipulation ???? Et où en est l'enquête sur les Mauritaniens, enterrée comme à Mourah ????