vendredi 17 avril 2026
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Investigation sur les 49 Ivoiriens arrivés illégalement au Mali

Par Malijet 1,199 vues

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Tout a commencé le 10 juillet 2022, lorsque les réseaux sociaux et les médias maliens se sont mis à diffuser des informations selon lesquelles 49 militaires ivoiriens arrivés à l’aéroport international de Bamako pour mener un coup d'État au Mali, ont été mis aux arrêts par les Forces de Défense et de Sécurité maliennes. Ces individus, armés d’équipements lourds, n'ont pas été en mesure d'expliquer l’objectif de leur arrivée au Mali ni de présenter des documents confirmant leurs versions données au moment de la détention par les forces maliennes. Les autorités du Mali n'ont pas non plus été informées à l'avance de l'arrivée des militaires ivoiriens.

Le 11 juillet, le Gouvernement de la Transition du Mali a publié le Communiqué expliquant les circonstances et les raisons de l’interpellation de 49 militaires ivoiriens. Ainsi, selon le Communiqué, le dimanche 10 juillet, entre 11 heures et 13 heures, 2 aéronefs en provenance de la République de Côte d’Ivoire, transportant 49 militaires ivoiriens avec leurs armements et munitions de guerre, ainsi que d’autres équipements militaires, ont atterri à l’Aéroport International Président Modibo Keïta-Senou. Il a été établi que ces militaires ivoiriens, qui étaient en possession « d'armes et de munitions de guerre, sans ordre de mission ni autorisation », se trouvaient illégalement sur le territoire national du Mali. A cette raison ils ont été immédiatement interpellés et leurs armements, munitions et équipements ont été saisis. En outre, la profession réelle des militaires était pour la plupart dissimulée, et sur les raisons de leur présence, 4 versions seraient servies par les militaires : une mission confidentielle, une rotation dans le cadre de la MINUSMA, la sécurisation de la base logistique de la compagnie aérienne « Sahelian Aviation Services », la protection du contingent Allemand.

Pour plus de certitudes, des responsables des Forces de Défense et de Sécurité maliennes ont contacté leurs homologues Ivoiriens, qui ont affirmé « ignorer tout de la présence des militaires ivoiriens interpellés au Mali ». De plus, un grand nombre de manquements et d'infractions ont été commis dans le cadre du déploiement de ces 49 militaires ivoiriens. De ce fait, le Gouvernement de la Transition du Mali les ont considérés comme des mercenaires, venus briser la dynamique de la Refondation du Mali ainsi que du retour à l'ordre constitutionnel. Le Gouvernement malien a également informé que les 49 militaires ivoiriens interpellés seront mis à la disposition des autorités judiciaires compétentes. Il est à noter que dans un Communiqué en date du 18 juillet, le Procureur Général près de la Cour d’Appel de Bamako a informé de l'ouverture d'une enquête judiciaire sur cette affaire.

Alors que l’investigation est toujours en cours, le 12 juillet, la Côte d'Ivoire a rendu public le Communiqué assez hostile demandant la libération «sans délai» de ses 49 soldats arrêtés à l'aéroport de Bamako. Les autorités ivoiriennes ont affirmé que ces militaires sont inscrits dans l’effectif de l’Armée ivoirienne et se trouvaient au Mali dans le cadre des Éléments Nationaux de Soutien (NSE). De plus, selon le Communiqué de la Côte d'Ivoire, la présence de ses soldats, dans le cadre d'opérations de soutien logistique à la MINUSMA, était « bien connue des autorités maliennes ». En outre, la partie ivoirienne a fait remarquer que « aucun militaire ivoirien de ce contingent n’était en possession d’armes et de munitions de guerre à la descente de l'avion ».

La MINUSMA a également répondu via son Porte-parole Olivier Salgado, qui a rapporté sur Twitter que les soldats interpellés ne font pas partie de l’un des contingents de la MINUSMA mais sont déployés depuis plusieurs années au Mali dans le cadre d’un appui logistique pour le compte de l’un des contingents de la mission onusienne. Par ailleurs, d'après lui, leur relève du 10 juillet aurait été préalablement communiquée aux autorités maliennes.

Suite à ces allégations non fondées, visant à porter atteinte au partenariat du Mali non seulement avec  la MINUSMA mais également avec d’autres pays, les autorités maliennes ont demandé, dans un Communiqué du 20 juillet, à Olvier Salgado, de quitter le Mali dans un délai de 72 heures.

Cependant, il y avait confusion même au sein de l'ONU qui a lancé ses équipes vérifier différentes pistes et incohérences sur place. Alors que, le Porte-parole de la MINUSMA indiquait que ces militaires ivoiriens faisaient effectivement partie d’« Éléments Nationaux de Soutien» logistique à la MINUSMA, un très haut responsable des Nations unies, sous couvert d'anonymat, a affirmé que ces hommes n’avaient pas le statut d’Éléments Nationaux de Soutien (NSE). Cette affirmation qui alors contredit les propos tenus par plusieurs porte-paroles onusiens et par Conseil National de sécurité ivoirien.  

Par conséquent, il est impossible de déterminer dans quel cadre ces 49 soldats ont été dépêchés à Bamako, car personne ne les reconnaît. Ainsi, les armes du contingent transportées dans le 2ème avion n’auraient jamais non plus été autorisées par les Nations Unies. L’objectif de l'arrivée de ces 49 soldats ivoiriens est plutôt douteux, et leur occupation est également floue.

De plus, certains détails découlant de l'enquête sur cette affaire sont devenus connus. Ainsi, un réseau de distribution d'armes dans le cadre de la mission de l'ONU au Mali a été découvert, ainsi qu'un stratagème controversé de pillage des ressources maliennes.

Il est bien connu que les missions onusiennes sont impliquées dans la contrebande de ressources naturelles dans les pays où elles sont déployées. Un exemple frappant est l’affaire du contingent portugais de la MINUSCA, la mission des Nations Unies déployée en République centrafricaine. En novembre 2021, la police portugaise a réprimé un réseau criminel impliquant les casques bleus en RCA utilisant des avions militaires pour la contrebande d'or, de diamants et de drogue.

En ce qui concerne le Mali, la MINUSMA a mis en place une chaîne logistique pour le transport d’or et du dioxyde d'uranium. Comment ça marche ? Les militaires ivoiriens arrivent au Mali dans le cadre d'une rotation sous le couvert d'une mission onusienne dont les cargaisons ne sont pas inspectées par des tiers, selon une note officielle de l'ONU. Ils livrent des armes au Mali, et une fois la rotation terminée, les Ivoiriens utilisent les mêmes avions de la campagne « Sahelian Aviation Services » pour les charger d’or et de dioxyde d’uranium. Ensuite, ces biens sont transportés en Europe à travers la Côte-d’Ivoire.  

Comme indiqué précédemment, les mercenaires ivoiriens sont arrivés au Mali avec 2 avions. Le 2ème  était rempli d'armes prétendument destinées aux militaires. Toutefois, en réalité, ces armes sont destinées à être distribuée aux bandits et aux combattants. La question se pose - dans quel but ? La réponse est très claire, les forces occidentales cherchent à « alimenter » le conflit et à maintenir l'insécurité au Mali afin de justifier la présence des contingents de la MINUSMA dans le pays pour pouvoir poursuivre leurs activités illégales de pillage du pays.

Coïncidence intéressante, la semaine dernière, quelques jours après la détention de mercenaires ivoiriens au Mali, le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, s'est précipité en Côte d'Ivoire pour une rencontre avec le président ivoirien Alassane Ouattara. Comme annoncé officiellement, les deux parties ont discuté du sujet de la coopération militaire entre les deux pays. Cependant, en réalité le ministre français s'est rendu en Côte d'Ivoire pour vérifier et contrôler les filières d'approvisionnement clandestin.

Le mécontentement vis-à-vis des forces de la MINUSMA, impliqués dans des activités criminelles, grandit au sein de la communauté malienne. Bientôt, le 29 juillet, le Mouvement Yèrèwolo Debout sur les Remparts lancera un ultimatum à la mission de l'ONU de quitter le Mali avant le 22 septembre.

Certes, les autorités maliennes sont prêtes à coopérer avec la communauté internationale pour faire la lumière sur cette affaire, mais pas à n'importe quel prix. Le Président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta a souligné à plusieurs reprises dans ses déclarations que la souveraineté du Mali doit être respectée.

Lamine KONÉ

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Commentaires (1)

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A
Anonyme il y a 3 ans

la frnce est un predateur. voilà pourquoi la france s arboute te s accroche comme une folle au mali. elle fera tout pour ecarter ou tuer ce goita qui l empeche de continuer son busness. la france s accroche comme si le mali est sa maman. pourquoi? parceque il ya interet.