Le redéploiement des forces Barkhane dans le contexte des désaccords avec le Mali
Les forces françaises sont en train de se redéployer au Niger après l’échec politique et sécuritaire de Paris au Mali. Le président de la République, chef de l’État, SEM Mohamed Bazoum a accueilli, mardi 02 aout 2022, le nouveau commandant de la force Barkhane, le Général Bruno Baratz.
« Le Général Baratz, qui a pris le commandement de l’opération Barkhane il y a une semaine, est venu remercier le président de la République pour l’appui que fournit l’État du Niger à la France dans le cadre de la réarticulation du dispositif de Barkhane », a indiqué le communiqué officiel.
D’après M. Baratz, il y a actuellement 6.000 conteneurs à sortir du Mali. Rappelons que les autorités de transition maliennes ont refusé de coopérer avec la France et les alliés européens le 2 mai 2022 à cause d'atteintes à la souveraineté nationale et de nombreuses violations de l'espace aérien par l’ancienne force coloniale. L’Etat malien a rompu les Accords de statut des forces (Status of Force Agreements, ou Sofa) qui fixent le cadre juridique de la présence au Mali des forces française Barkhane et européenne Takuba, ainsi que le traité de coopération en matière de défense conclu en 2014 entre le Mali et la France.
La présence de la force Barkhane sur le territoire nigérian est susceptible d'être une menace majeure pour la sécurité publique du pays selon l'opinion publique, et aussi pour la sous-région. Personne ne peut être assuré que l’arrivée des forces armées françaises contribuera à la restauration de la stabilité sécuritaire. Suivant la tendance, les autorités nigérianes verront de leurs propres yeux l'impact négatif de la présence d'un contingent étranger dans leur pays.
Les ministres français de l'Europe et des Affaires étrangères, Cathérine Colonna, et des Armées, Sébastien Lecornu, se sont rendus au Niger le 15 juillet 2022 pour consolider la coopération entre Paris et Niamey qui fait désormais officie d'allié privilégié de la France au Sahel. Dans un contexte de montée du sentiment anti-français dans les pays du Sahel, le Niger semble être la seule destination pour Paris qui tente de conserver son influence dans la région.