jeudi 16 avril 2026
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Les humeurs de FACHO: Les relations franco-maliennes vues par un indigène

Par Mali Tribune 1,196 vues
Les humeurs de FACHO: Les relations franco-maliennes vues par un indigène
 
 
Le Mali, ancien Soudan français (ce territoire porta plusieurs noms sous la colonisation dont le dernier est Soudan français), représente ce pays continental d’Afrique occidentale où les conquêtes militaires en vue de la domination coloniale, furent les plus longues et les plus meurtrières de part et d’autre.
 
En effet, il y avait en face des prétentions européennes occidentales, des Etats organisés qui ne voulaient nullement s’en faire conter par des semblables venus d’Occident : empire bambara de Ségou devenu toucouleur depuis 1861, empire du Wassoulou de Samory Touré, royaume du Kénèdougou en plus des îlots de résistance au Bèlèdougou. Néanmoins ces Etats furent terrassés par la puissance européenne et la colonisation s’installa pour plus d’un demi-siècle.
 
Après bien des péripéties, la lutte anti-coloniale menée par le RDA et sa section soudanaise, l’US-RDA, aboutit à la proclamation de l’indépendance le 22 septembre 1960. Le congrès qui avait voté cette motion d’indépendance immédiate avait dans le même temps choisi la voie non capitaliste de développement, ce qui était une tournure littéraire pour éviter le terme socialisme. Au lendemain de la proclamation de l’indépendance par le Président Modibo Kéita, les premières mesures prises par le gouvernement montrèrent clairement que la voie choisie était celle qui rompait fondamentalement avec le système de l’ancienne tutelle française.
 
Les réalisations socio-économiques qui en suivirent avec la collaboration des pays de l’Est, l’URSS et la Chine populaire, démontrèrent suffisamment que l’orientation malienne se fait désormais dans le cadre des pays de l’Est communiste. Les deux mesures les plus fortes furent l’ordre donné à l’armée française d’évacuer le territoire national avant le 20 janvier 1961 et la création de la monnaie nationale, le Franc malien, en juillet 1962. Il n’en fallut pas plus pour déclencher la colère du Général De Gaulle, alors chef de l’Etat français qui continuait encore à penser que les chefs d’Etat africains issus de la décolonisation française n’étaient ni plus ni moins que ses gouverneurs dans les anciennes colonies comme lui en donnaient l’exemple le Gabon et la Côte d’Ivoire pour ne citer que ceux-là.
 
Il est cependant intéressant de noter que cette brouille n’ébranla pas les relations entre les deux pays ni au plan diplomatique ni au plan économique. De développement d’un quelconque sentiment anti-français au Mali point, tout comme en France où les Maliens appelés en masse pour la reconstruction après les pillages des Allemands entre 1939 et 1945, ne furent inquiétés par les conséquences de la voie choisie par les dirigeants français.
 
Le retour dans la zone du F CFA décidé par le gouvernement de l’UDPM du général Moussa Traoré en 1984-1985 par suite de diverses mauvaises gestions économiques et monétaires, réinstalla la France au Mali jusqu’en 1991. Durant cette période, il n’y eut pas de chasse aux Français qui continuèrent tranquillement à visiter les falaises de Bandiagara et les tombeaux des Askia à Gao.
 
Même la politique anti-africaine menée par Nicolas Sarkozy en tant que ministre de l’intérieur de Jacques Chirac, ne changea rien aux relations entre les deux pays.
La cassure se produisit en octobre 2020 avec la chute d’IBK quand la France fut accusée d’organiser le terrorisme au Sahel dont fait partie le Mali et de le financer. En effet l’inefficacité criarde des forces françaises dans ce pays, avec les puissants moyens dont elles disposent, ne fut pas comprise par les populations et leurs autorités. La faiblesse des arguments du gouvernement français dans sa défense, notamment dans le marigot du Gourma où le narco terrorisme s’est sédentarisé à proximité des forces françaises et où des preuves sont réunies sur la complicité du gouvernement d’Emmanuel Macron avec les terroristes et les djihadistes, eut comme conséquence de faire monter la tension de plusieurs crans dont sont rendus responsables les dirigeants français.
 
Depuis, surenchère et bras de fer vont crescendo entre les deux pays mais le Mali, songeant sans doute à l’expérience fructueuse de 1960-1968, a décidé de se tourner vers la Russie pour la défense de son territoire.
 
Ainsi, les colonels de la Transition croient pouvoir faire mieux avec les Russes, mais on verra car la Russie néocapitaliste, en matière de défense de ses intérêts économiques, a des dents plus longues que celles des puissances occidentales classiques.
 
Facoh Donki Diarra
écrivain
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Commentaires (6)

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A
Anonyme il y a 3 ans

Fanga agresse des personnes,qu'il n'atteint même pas à la cheville.

A
Anonyme il y a 3 ans

Fanga moi,j'ai renoncé à corriger tes nombreuses fautes. Tu peux t'estimer heureux que je ne te prenne que pour un cul terreux

A
Anonyme il y a 3 ans

C'est celà,la France est devenue l'argumentaire de Fanga et d'autres fainéants de la pensée !!!

A
Anonyme il y a 3 ans

Médiocrité et fausseté chez ce Grand troll français, incapable de rédiger un commentaire avec un minimum de cohérence et de maîtrise de l'orthographe !

A
Anonyme il y a 3 ans

Quant à la Chine,le socialisme éteint,est mâtiné du culte de la personnalité genre mao !

A
Anonyme il y a 3 ans

Vous avez bon sur toute la ligne. Nous sommes loin des années 60. l'URSS est devenue la Russie affairiste,ne pensant qu'à s'enrichir et se restaurer copieusement au dîner capitaliste. Quand à la Chine,elle traîne un socialisme éteint,qui fait qu'elle oeuvre comme l'Occident. Recherche effrénée de matière premières,quitte à endetter des pays africains ,pour ensuite exiger un paiement en nature. Le monde est devenu,un machin incompréhensible,dans lequel les dindons de la farce,restent toujours les mêmes : devinez qui ?