jeudi 16 avril 2026
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Problématique du nord du Mali : Anticiper et éviter les faux-fuyants !

Par Mali Horizon 1,336 vues
Problématique du nord du Mali : Anticiper et éviter les faux-fuyants !

S’il devrait exister aujourd’hui dans notre pays une préoccupation nationale majeure, ça serait sans aucun doute celle de la conservation du Nord du Mali en général et de Kidal en particulier dans le giron de l’État indivisible. Celui-ci déploierait son administration, son armée et l’ensemble de ses services techniques et sociaux de base sur toute l’étendue du territoire national au bénéfice de l’épanouissement des populations, de leur protection et du développement local.

Nous sommes unanimes,  être très loin de ce tableau, qui pourrait s’apparenter d’ailleurs à une vue d’esprit ou à un vœu pieux, lorsqu’on prend langue avec certaines réalités du terrain.

Etre attentif à la question du septentrion

Soyons attentifs et faisons attention, sinon le Nord du Mali risquerait de  nous échapper, comme le silure s’échappe du pêcheur inexpérimenté, qui l’attrape dans l’eau. Nous n’aurions alors que nos yeux pour pleurer en nous réfugiant dans la logique victimaire, tout en portant la responsabilité de nos négligences, de nos fautes et de nos irresponsabilités aux autres.

Ça bouge et ça bouillonne au Nord du Mali et ça doit inquiéter. La lettre datée du 10 Décembre du Président de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) adressée au Ministre des Affaires étrangères de l’Algérie, qui continue à faire le tour des réseaux, doit sonner comme une alerte forte dans les oreilles des analystes et du pouvoir et leur permettre d’éviter les conséquences néfastes de notre géostratégie endogène.

En effet, les choix stratégiques internationaux de nos autorités et les fronts qu’elles ont cru bon devoir ouvrir avec certains pays, commençant par la France, ont contribué  soit à exclure, soit à mettre entre parenthèses ou à fustiger la quasi-totalité des garants auprès des Nations-Unies (hormis la Russie) de l’accord de paix issu du processus d’Alger.

La configuration  de la médiation internationale, dont les efforts ont contribué à la signature du document, se trouve donc être modifiée à telle enseigne que la CMA, qui compte en son sein le principal mouvement armé séparatiste signataire dudit accord; prend de plus en plus conscience que l’unique instrument juridique au monde qui la lie à l’Etat du Mali et qui a permis, jusque-là, à calmer les ardeurs des indépendantistes azawadiens en son sein, se vide de tout son contenu.

Contexte d’insécurité généralisée

Cette situation s’imbrique à un contexte d’insécurité générale dans pratiquement tout le septentrion de notre pays;  et auquel les mouvements armés, toutes composantes réunies, font face en y payant un lourd tribut à l’absence de notre armée dans biens de situations. Ces combattants de la CMA et de la Plate-forme sacrifient ainsi leurs vies, face à des terroristes, pas pour le Mali en premier lieu, mais surtout pour la défense de leurs terroirs, de leurs populations et de leurs ressources.

Si vous ajoutez à ces phénomènes les dernières fautes politiques commises par nos autorités, relatives à ces affaires du Conseil national de Transition (CNT), de déficit budgétaire de plus 600 milliards F CFA,  d’augmentation des privilèges des responsables,  de suspension des financements français transitant par certaines ONG, avec ces lourdes conséquences incontestables sur les populations les plus vénérables, sans alternatives efficaces ;  tout cela sur fond de luttes politiciennes à Bamako, pour des intérêts généralement individuels et partisans ; il y a matière à réfléchir.

La CMA opte ainsi pour l’anticipation, car elle sent que l’accord, pour la signature duquel elle a été contrainte (contrairement à ce que beaucoup pensent) est en train de perdre ses principaux ressorts internationaux. Pour avoir le cœur net sur ses présomptions et faire encore place à la paix, elle saisit le chef de file de la médiation internationale, pour se faire une idée claire de ce que pourrait représenter l’accord aux yeux du Mali  et du monde. Voilà tout le sens de la lettre d’Algabass Ag Intalla.

Dans cette démarche, la CMA continuera à renforcer ses mesures de précautions. Dans les jours qui suivront la tentative de rassemblement de l’ensemble des mouvements armés, qui est née il y a un peu plus d’un an maintenant en Italie avec le Cadre Stratégique Permanent( CSP), mais qui avait été confrontée à quelques bisbilles,  se verra renforcée avec cette fois un objectif de fusion totale entre tous les mouvements signataires de l’accord. Ce projet, qui échouera difficilement pourrait poser, dans un futur proche, au moins 2 exigences :

1-La relance immédiate de la médiation internationale avec l’ensemble des pays qui la composent, dont la France en tête ;

2-La tenue imminente du bilan et de l’audit de l’accord.

Deux (02) hypothèses peuvent être alors émises:

1-Les revendications des mouvements unifiés sont acceptées et les cartes sont rabattues,

2-L’Etat malien s’y oppose à cause de l’extrême froideur des relations qui le lie à la France  et ça sera le statuquo. Face à ce cas de figure, la CMA pourrait décider de remettre totalement l’accord en cause et d’en sortir, avec une forte possibilité de drainer avec elle, même les mouvements qualifiés de pro-gouvernementaux, car tous exigent aujourd’hui l’application de l’accord.

Que faire en cas de dénonciation de l’Accord ?

A l’analyse des dynamiques politique et sécuritaire de notre pays, sauf erreur de ma part, la seconde hypothèse est celle qui se dessine de plus en plus avec la question suivante :

Que ferions-nous si elle se confirmait ?

Il faut certes s’attendre à des réactions superficielles, émotives et alambiquées qui nous conditionneront à voir encore la main éternellement manipulatrice de la France, qui serait un allié inconditionnel de la CMA. Je profite pour vous informer  que la France est plus détestée à Kidal qu’à Bamako….

Bref,  je repose ma question.

Que ferions-nous si la CMA actait, dans les prochaines semaines, sa sortie de l’accord au profit de l’indépendance de l’Azawad?

Tout compte fait, soyez en sûrs, que les prochains jours ouvriront un tournant décisif, soit pour la stabilité ou le contraire dans notre pays, tant sur le plan sociopolitique que sécuritaire.

La bonne  nouvelle, c’est qu’il y a des solutions et de vraies solutions définitives. Je suis de ceux qui pensent que le problème du nord du Mali est l’un des problèmes les plus faciles à régler, si et seulement si nous décidons de nous assumer, au lieu de continuer dans le faux fuyant.

Bienvenus à l’avance à ceux qui me traiteront d’apatride, d’oiseau de mauvaise augure, d’alarmiste, d’anti-Transition ou de pro-Français !

Fabou KANTE (président du mouvement Tabalé)

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Commentaires (4)

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A
Anonyme il y a 3 ans

Oui Diarra ton discours t'identifie !

A
Anonyme il y a 3 ans

Diarra,cela ne t'améliore pas de changer d'identité comme un caméléon ;;de AG à kanté ton discours t'identifier. Du balai,petit forcené de l'incongruité !!!

D
Dr ANASSER AG RHISSA il y a 3 ans

Pour l’accord de paix,  il faut s’assumer en tenant compte de ce qui bloque et ne pas pratiquer constamment la politique de l’autruche. Ne pas oublier cet accord pour la paix et la reconciliation issu d’un compromis entre parties prenantes Maliennes sous la supervision de la communauté  internationale ET certaines de ses dispositions comme (a) son article 6 dédié à son architecture institutionnelle et politique axée sur la libre administration des collectivites territoriales et le sénat. (b) le DDR global incluant l’armée Malienne reconstituée ET (c) les autorités  intérimaires. Ces dispositions sont difficiles à mettre en œuvre mais font parties des points saillants de l’accord de paix. QUE D’INJUSTICE SE CACHE DERNIÈRE LA REMISE DES DÉCORATIONS AU MALI. Les défenseurs de l’accord de paix sont constamment oubliés. en particulier le défenseur emblématique, Dr Anasser Ag Rhissa, de l’accord pour la  paix et la réconciliation au Mali. Patriote, Dr Anasser Ag Rhissa est constamment dans la défense de cet accord de paix et dans la réplique à ces détracteurs comme ceux des autorités de transition sur, entre autres, les autorités  intérimaires intégrées à L’accord de paix (Colonel Abdoulaye Maiga, ministre  d’État, ministre de l’administration territoriale, et Ikassa Maiga,  ministre de la refondaion de l’État), comme ceux de l’opposition (Tiébilé  DRAMÉ.  SOUMAILA CISSÉ,  ZOUMANA SAKO, Dr BRAHIMA FOMBA, ...), et ceux (Brunet Jailly, Hervé Bourgeot, ...) qui s’opposaient ou s’opposent (front de refus de la mise en œuvre de l’accord de paix)  à  sa mise en œuvre partielle ou intégrale. Depuis ses termes de références, à travers sa conception, sa mise en œuvre et sa promotion, Dr Anasser Ag Rhissa est défenseur constant de l’accord de paix. Au moment de sa conception, j’avais mème reçu un message internet  d’Abdoulaye Diop me remerciant de mes efforts. Après ce message, Ce dernier avait promis au Ministre de la reconciliation nationale de l’époque  qu’il allait contacter Dr Anasser Ag Rhissa  en guise de reconnaissance. Ce qui n’avait pas été fait et qui n’à toujours pas été fait. Pour la promotion de la paix et depuis 2014 celle de l’accord de paix,  Dr Anasser Ag Rhissa : (1) avait proposé, en 2010-2011-2012, la création, pour la lutte contre le terrorisme et l’insécurité  au Mali et au  Sahel, du  G7 sahel devenu G5 sahel par la non participation de l’Algérie et de la Libye, (2) avait proposé en 2012 à  la CEDEAO,  au Mali et à  l’ONU, une méthodologie inclusive pour la lutte contre le terrorisme au Mali et au sahel. ELLE intégrait les termes de références d’une coalition régionale et internationale de lutte contre lerrorisme au Mali et au sahel, (3) avait proposé en 2015 le pacte pour la paix pour la garantie des engagements des acteurs pour la mise en œuvre de l’accord de paix ET (4)  est  le précurseur du CSPR (Cadre Stratégique Permaent pour la Paix et la Réconciliation.)  au Mali. (5) EN 2020,  SUR UN AUTRE PLAN, Dr ANASSER AG  RHISSA  S’ÉTAIT FAIT EXTORQUÉ  SA VICTOIRE COMME PRÉSIDENT DE LA TRANSITION AU MALI. MALICK DIAW EN COMPLICITÉ  AVEC ASSIMI GOITA avaient EXTORQUÉ  MA VICTOIRE. Y-a-t-il quelqu’un ou une entité  (ONU, CEDEAO,  ...) pour le reconnaître ? Peut être  que le dernier point 5 explique ce déni permanent et cette injustice qui se cache derrière la remise des décoration au Mali. Peu importe. La vie continue. Bonjour. Merci  à  CISSÉ, SEYDOU, FANGA et à  de  nombreux Anonymes,  de vos contributions et du fait de reconnaître la pertinence des miennes, L’accord de paix se base sur la régionalisation qui s’appuie sur les lois sur les collectivités territoriales  décentralisées. Vous trouverez  ci-dessous un bref APERÇU de ces lois sur les collectivités territoriales  décentralisées. - Loi n°2017-051 du 02 octobre 2017  fixant le code des collectivités  territoriales : élection, Composition du Conseil communal. - Loi n°2017-052 du 02 octobre 2017 déterminant les conditions de la libre administration des Collectivités territoriales. La présente loi abroge toutes dispositions antérieures contraires, notamment la Loi n°93-008 du 11 février 1993, modifiée, déterminant les conditions de la libre administration des Collectivités territoriales. La présente loi fixe les conditions de la libre administration des collectivités territoriales (la Commune, le Cercle, la Région).Cette libre administration s’articule autour dedministration et des finances; du domaine des collectivités territoriales; la responsabilité des collectivités territoriales; la police administrative; la coopération entre les collectivités territoriales. DOMMAGE, LE DÉCRET D’APPLICATION DE LA LOI SUR LES AUTORITÉS  INTERIMAIRES S’APPUIE SUR LES MÊMES LOIS RAPPELÉES PRÉCÉDEMMENT, de même que l’insinuation (à développer dans la nouvelle constitution ou dans une loi organiqu) dans la nouvelle constitution. POURQUOI VEUT-ON, DONC, SUPPRIMER  LES AUTORITÉS  INTÉRIMAIRES intégrées à l’accord de paix ? Ne brisons pas l’entente sur ces autorités  intérimaires entre parties prenantes Maliennes,  invluant les mouvements armés et d’autodéfense Maliens et le gouvernement Malien, sous le leadership de la communauté  internationale. Dr Anasser Ag Rhissa Expert TIC, Gouvernance et Sécurité 0mail : [email protected] r TEL 0 0 2 2 3 95955792

K
kante il y a 3 ans

Une distraction. Des individus écrivant du n'importe quoi. Une Indépendant se proclame par un pays, un sol, un chez soi. Il ya eu qu'un Mali de l'Afrique indivisible et laïque, crée par Allah/Dieu. Mort à ceux qui continuent à nous distraire. Mort à la france et à ses prostitués qui nous parlent de Accord d'Alger- CMA- Azawad- MINUSMA/ONU........ Mort aux apatrides auteurs de ce genre de texte, pour distraire.