jeudi 16 avril 2026
Contact
Malijet

Rencontre d’Assimi Goita avec les responsables de la société civile : Décryptage

Par Malijet 1,179 vues
Rencontre d’Assimi Goita avec les responsables de la société civile : Décryptage

Le jeudi 05 janvier 2023, le président de la transition Assimi Goita a reçu plusieurs responsables de la société civile dans le cadre de la présentation des vœux du nouvel an. Cette rencontre a été une occasion pour le président de partager des informations avec le peuple malien en lien avec les avancées opérées par la transition en cours. Que pouvons-nous en tirer ?

Il faut dire que dans la forme, le président de la transition a utilisé le Bamanankan, ce qui donne une force au message au sein de l’auditoire ; il a souhaité la bienvenue aux hôtes qui ont répondu à l’invitation. Il les a remerciés et leur a fait savoir que c’est tout le pays qui est représenté. Il les remercié pour les efforts consentis. L’homme en la personne d’Assimi a avoué que chacun a sa responsabilité dans le développement du pays. Il faut dire que c’est cette responsabilité qui fait défaut au Mali. En l’écoutant, on sent la sincérité dans ses yeux. Le mouvement des lèvres lève le voile sur un homme qui attendait un jour pour exprimer son ressenti. Les applaudissements des invités étaient à la hauteur des propos sincères d’un homme qui se bat pour son pays. Bref, c’est Assimi Goita.

Chacun parle du changement mais chacun pense que c’est l’autre qui doit changer. « La protection du pays se fait d’abord par le peuple », a-t-il laissé entendre. Sur ce point, nous pouvons dire que l’insécurité est trop grande, oui l’insécurité sociale. C’est là que le gouvernement doit mouiller le maillot. Ce travail ne se fera pas par le peuple sans aucune influence venant du pouvoir en place. Le peuple malien a déjà fait un pas en soutenant le gouvernement pendant la sanction de la Cedeao, donc il est à remercier.

Le président a parlé de bonheur collectif. Là, il estime que le bonheur d’une seule personne n’est pas un vrai bonheur. Cela nous appelle à penser à nos prochains dans les actes que nous posons. Nos intérêts sont liés, personne ne doit s’accaparer des biens d’autrui.

En ce qui concerne la jeunesse, le président de la transition a laissé entendre que cette transition est pour la jeunesse et les ainés doivent accompagner les jeunes. Sur ce point, il a mentionné l’emploi et que la fonction publique doit être assainie. Nous avons besoin de bons fonctionnaires. De bons agents dans la fonction publique, oui il le faut, mais c’est un travail de longue haleine. S’il faut lutter contre la corruption, il va falloir adopter des mesures idoines pour faire peur aux justiciables. Corruption et justice ne sont pas des voisins. S’ils le sont, il y a problème. Un pays corrompu ne peut pas avoir une justice saine, c’est impossible. En ce qui concerne la responsabilité dans nos actes, le fait que le président indexe la responsabilité humaine au lieu de citer Dieu, cela montre à quel point le malien utilise Dieu pour fuir ses responsabilités. Le fatalisme a pris le dessus dans notre société, c’est Dieu qui est à la base de tous. Les faux marabouts en longueur de journée profitent du fatalisme du peuple pour arnaquer.

En matière de santé, là il faut beaucoup travailler. Le pays a besoin de centres de santé qui répondent aux satisfactions du peuple malien. Sur ce point, le président de la transition a fait savoir que des mesures sont en cours pour réduire les évacuations sanitaires qui coutent chères. Mais au-delà de ça, la médecine malienne doit prendre le devant pour la santé des maliens. Il faut de la ressource humaine de qualité de sorte que le malien ne meurt plus parce que le médecin aime trop l’argent. La déontologie doit prendre le dessus. Pour cela, le gouvernement doit mettre le paquet. Sur un autre plan, les maliens ont besoin d’une éducation en santé ; il s’agit là pour les maliens d’avoir des comportements qui protègent leur santé. Nous attendons que le mal arrive avant d’aller au centre de santé, cela n’est pas bien. La médecine malienne doit prendre des dispositions pour la fabrication des médicaments. Tous les médicaments importés ne sont pas forcément bons ; surtout nous sommes dans un monde où les plus forts créent des problèmes dans le but de se remplir les poches en apportant les solutions. Vous conviendrez avec moi qu’on observe de plus en plus de problèmes d’infertilité dans les couples, ce n’est pas anodin.

En matière de sécurité, il y a eu beaucoup d’efforts fournis malgré qu’il reste encore. Selon le président, les budgets des ministères ont été réduits pour permettre de prendre en charge des efforts de l’armée, car sans sécurité, il n’y a pas de paix. Cela est une vérité indéniable, qui veut que la paix prépare la guerre. N’avez-vous pas remarqué que les puissances sont au cœur des conflits malgré qu’elles prônent toujours la paix ? Dans une main, elles parlent de paix, et dans l’autre main elles préparent la guerre pour s’imposer.

Aucun pays ne peut promettre la paix à un autre, chaque pays doit se battre pour sa paix, car la paix d’un pays n’est pas forcément la paix d’un autre. Il n’y a pas d’insécurité zéro (0). Les partenaires du Mali pour la lutte contre le terrorisme ne sont pas sincères avec le Mali, ils cherchent leur paix au Mali avec la guerre. Le président de la transition a bel et bien dit dans son discours que des partenaires vivent du sang des maliens sans les nommer et les maliens savent très bien de qui il s’agit.

Il a prôné l’indépendance du pays, et cela ne peut aller sans que le pays ne prenne certaines décisions courageuses. Il a également parlé des situations très compliquées sur le terrain qui ont incité à des prises de décisions : Ouatagouna, Farabougou, etc.

Pour le président, il faut que les grandes villes se calment dans le but d’aider l’armée malienne. Les grèves, les manifestations, autres turbulences ne font pas l’affaire de l’armée malienne, a-t-il dit. Les crises sociales en Afrique sont en partie responsables du retard du continent. Des réseaux mafieux se forment autour des postes stratégiques de gestion du pays ; les responsables de ces réseaux sont souvent dans des salles affaires. Lorsque le pays veut prendre la bonne route, ils trouvent le moyen de manipuler l’opinion publique en faisant croire que leur combat est pour le peuple qui, souvent, ne cherche pas à comprendre. Voilà pourquoi, Assimi Goita a une autre victoire à remporter : il s’agit d’assainir la fonction publique malienne ;  trop d’incompétents, trop de corruption, trop de népotisme, trop de clientélisme, etc.

Le président a incité les maliens à dénoncer les corrupteurs avec les preuves ; mais là, il faut des mesures de protection pour les dénonciateurs. Qui va dénoncer pour se retrouver en prison pour raison d’  « outrage à magistrat » ? Monsieur le Président, Où et comment allons-nous dénoncer et quelles mesures de protection ?

Il reste encore des efforts. Il a parlé des Assises Nationales qui étaient offertes aux Maliens pour s’exprimer. Sur ce point, le président a affirmé que le gouvernement a pris en compte les recommandations des maliens, certes il y a eu des avancées, mais les actions sont en cours. La transition fera son possible. Le fait d’écouter les maliens, c’est ce qui a conduit à la crise entre le Mali et la Cedeao, d’où un embargo d’environ 7 mois supportés et soutenus par les maliens. Il fallait cette crise pour que le Mali ait un minimum de respect dans la sous-région.

Le président a aussi parlé des élections prochaines, qui sans sécurité, seront difficiles à réaliser. L’élaboration d’une nouvelle constitution, la création de l’autorité indépendante de gestion des élections, les réformes administratives, il en a évoqué et a laissé entendre que ce sont des recommandations des maliens. Il a demandé à ses invités de beaucoup sensibiliser le peuple auquel ils sont proches. Cela, pour éviter des crises lors des élections. Pour cela, il a dit qu’aucune œuvre humaine n’est parfaite. Les erreurs seront corrigées dans le temps. Les maliens doivent accepter l’exécution des recommandations.

Le pays doit avoir une directive. Pour le président, un être humain doit avoir des principes. « Il faut qu’on sache tes « oui » et tes « non » ». C’est ce qui guide la transition avec les principes suivants : le respect de la souveraineté du Mali; le respect des choix stratégiques opérés par le Mali; et la défense des intérêts vitaux du Peuple malien dans les décisions prises. Le respect de ces principes doit amener les maliens à se respecter.

Pour lui, chacun doit penser au bonheur collectif. Chacun doit se poser des questions avant de poser des actes qui peuvent nuire au pays. Chaque malien doit respecter son prochain dans les limites des intérêts. Cela relève de chaque citoyen malien dans son bureau, son champ, son commerce. Ici, les maliens sont responsables de beaucoup de mauvais agissements dans le pays, comme le cas des marchés publics de milliards qui sont attribués à des étrangers au détriment des maliens.

 Lorsque nous revenons sur la corruption, le président a avoué que beaucoup de réseaux ont été démantelés. Des acteurs faisaient entrer des produits au Mali sans honorer la fiscalité. Un opérateur peut donner de l’argent à quelques personnes et fait entrer ses produits. Cela est un coup dur contre les rentrées d’argent dans la caisse de l'État. Ce sont les fonctionnaires de l’Etat qui sont à la base de tout cela. Voilà pourquoi il faut assainir la fonction publique malienne. Le gouvernement doit améliorer sa communication sur la fiscalité au Mali, il y a trop d’abus.

C’est vrai, le président l’a dit : « on l’impression que la lutte contre la corruption ne donne pas de résultats ». Cela arrive tout simplement parce que la corruption qui touche directement le malien lambda est toujours en cours. Tout récemment dans la grève des chauffeurs des gros porteurs, l’on a parlé de rackettes sur les routes. Souvent, les agents de sécurité veulent que les usagers soient en faute pour pouvoir les soutirer de l’argent. Autant on lutte contre les grands voleurs, autant il faut lutter contre la corruption qui touche directement le peuple.

Certains opérateurs économiques ont profité des subventions de l’Etat pour faire mal au peuple. Le Président en a parlé. Concernant la sécurité alimentaire, le président a évoqué un fait qui incombe à la population. Il s’agit de vendre toute sa récolte au profit de l’argent pour ensuite le racheter avec d’autres à des prix plus chers. Le président a dit que le gouvernement n’est pas responsable de tous ces actes.

Le président a demandé aux maliens de mettre le pays au-dessus de tout. Que chaque citoyen pense à son prochain dans le sens du bien. Chacun doit rester dans son droit et faire son devoir pour le bonheur du pays. Il a encore remercié les maliens, les invite à prendre leur responsabilité pour le bonheur du pays. Il a fait des bénédictions pour la paix au Mali.

Le président de la transition a parlé dans un Bamanankan très simple à comprendre. Le Minianka n’est pas bambaraphone, mais il a su se faire entendre et comprendre. Dans un pays comme le Mali, le gouvernement doit toujours avoir des astuces dans tous les domaines pour le bonheur du pays. Le patriote qu’il est, Assimi Goita doit toujours se battre pour avoir auprès de lui des hommes et des femmes qui partagent sa vision. À travers ses propos, l’on a vu la force de langue dans le développement d’un pays. Son discours a été suivi des milliers de fois à travers le monde. Nous prions pour le Mali et pour l’Afrique toute entière. Nous exhortons le président à s’exprimer, s’il le peut en Français et en Bamananakan pour le bonheur du Mali. Je suis convaincu qu’il a dit des proverbes, et s’il devait les dire en français, ça n’allait pas être facile. Vive le Mali et vive l’Afrique.

Yacouba Dao/Malijet.com

Partager:

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

Soyez le premier a commenter cet article.