Gouvernance et troisièmes mandats : Ceux qui s’accrochent au pouvoir en général doivent avoir des raisons que les autres ignorent.
Certains pensent que c’est certainement parce qu’ils cachent des casseroles et veulent continuer à les dissimuler en restant au pouvoir plus longtemps car quand on est pouvoir on échappe aux contrôles ( les présidences et les primatures en Afrique font rarement l’objet de contrôles)
L’exemple de l’ancien président de la Mauritanie aujourd’hui poursuivi pour corruption et enrichissement illicite est édifiant concernant les risques que court les anciens chefs d’état qui traînent des casseroles.
Une autre raison pourrait être que le goût du pouvoir est une drogue pour certains, ils ne peuvent plus s’en passer.Le plaisir des honneurs, d’être très influent et autres avantages sont difficiles à abandonner.
Quelques soient les raisons le non respect de la limitation de mandat est anti-démocratique et une menace pour la stabilité de nos pays. Il conduit très souvent à des coups d’état avant la fin du mandat de trop.
Une analyse plus poussée pourrait mettre en cause la faiblesse de nos institutions notamment au niveau de celles chargées de jouer le rôle de contre-pouvoir. Nos démocraties ne marchent pas bien à cause de la non application surtout des textes et l’absence d’évaluation de performance des dirigeants.
Les textes sont assez souvent violés au sommet de l’état dans l’impunité totale car les contre-pouvoirs ( justice, parlement, société civile) ne fonctionnent pas normalement pour dénoncer ces violations . À ces dysfonctionnements s’ajoutent l’indifférence de la majorité des citoyens par rapport à la gestion de la cité.
La loyauté vis à vis des hommes est mise au dessus de la loyauté à la nation ou au peuple. La complaisance ne s’arrête pas au niveau des hommes au pouvoir uniquement, elle s’étant à la société civile et à une grande majorité des citoyens. Ce conformisme et cette complicité avec ceux qui sont aux pouvoirs pervertissent les dirigeants des institutions qui finissent par ne plus jouer leurs rôles. Le plus grave c’est l’alliance entre les chefs d’entreprises , hommes d’affaires et les dirigeants politiques et de l’administration publique.
Cette alliance évolue assez souvent vers une mafiaisation de notre économie. Dans une période récente , certains leaders religieux et représentants de la société civile sont venus se joindre à ces alliances visant à soutenir politiquement des hommes haut placés, alliances qui sont le plus souvent au détriment de l’état et de l’intérêt général.
Les marchés publics, les subventions etc…objets des convoitises et une raison de ces alliances sont gérés dans l’opacité sans que l’efficacité et l’efficience de la dépense publique soient des préoccupations majeures des décideurs.
Un des points faibles importants de notre gouvernance se situe justement au niveau de l’insuffisance ou l’absence d’évaluations périodiques de l’efficacité et de l’efficience des dépenses publiques.
La discipline et la rigueur qui sont nécessaires pour imposer à tous les niveaux les règles et principes de la bonne gouvernance font beaucoup souvent défaut. Les techniques et outils de planification stratégique permettant de se doter de vision et stratégie à long terme , de plans pluriannuels, de budgets programmes, de système de suivi / évaluation sont très peu appliqués ou totalement ignorés.
En conclusion : 1) Introduire les outils et techniques de planification stratégique dans toutes les administrations,
2) Rendre la gestion des ressources publiques transparentes ,faire l’évaluation périodique et publique des politiques ,programmes et projets publics , sanctionner les erreurs de gestion et les fautes professionnelles des agents de l’état , mettre en place un système de récompense de performances etc…sont les meilleures mesures pour réduire les coups d’état ,empêcher les troisièmes mandats ,renforcer nos institutions et accélérer notre développement.
Toutes ces mesures vont aider à créer un écosystème qui favorise la réussite et non l’échec.
Analyse et Opinion d’un citoyen lambda .
H. Niang