Le chef de la diplomatie togolaise Pr. Robert Dussey à la Conférence sur la sécurité de Munich. : « Nous sommes et restons toujours ouverts aux partenariats selon nos choix »
Des appels ont été lancés à faire plus pour la sécurité en Afrique, même si des voix occidentales à davantage de soutiens à l'Ukraine ont dominé la conférence sur la sécurité de Munich. La guerre en Ukraine, la répression en Iran, mais aussi la situation dans le Sahel, ont constitué le point d’orgue, durant les trois jours de la rencontre. Le rapport annuel de la Conférence de Munich sur la sécurité, publié lors de la Conférence de Munich, a relevé le mécontentement des Africains à l’égard de l’Occident à cause de son manque de solidarité envers le continent noir. On peut d’ailleurs légitimement s’interroger si ce mécontentement ne va pas se traduire par un soutien du continent africain à un ordre mondial dirigé par la Russie, la Chine, l’inde, le Japon. En tout cas, pour le chef de la diplomatie togolaise, le Pr. Robert Dussey, lors d'un panel consacré à la sécurité dans le Sahel, le continent africain veut prendre ses responsabilités et faire les choses suivant ses priorités, ses choix, les intérêts de ses peuples.
Lors des discussions, certains participants ont dénoncé une politique de deux poids deux mesures. Et Abdou Abarry, le Représentant spécial en Afrique centrale et Chef du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA), a regretté le manque de solidarité envers le continent. « Si la menace sécuritaire n'est pas régionale quand il s'agit de l'Ukraine, la menace terroriste ne peut pas être considérée comme étant une affaire régionale lorsqu'il s'agit des pays du Sahel. L'ensemble des membres africains du Conseil de sécurité ont appelé à mobiliser 423 millions de dollars pour pouvoir rendre opérationnelle la force du G5 Sahel. Ce n'est pas un secret, on n'a pas pu le faire aujourd'hui. C'est vrai. On voit la débauche d'énergie, on voit le financement, on voit les transferts d'armes qui vont en direction de l'Ukraine. Et il est tout à fait normal en tant qu'Africain, qu'on se pose des questions sur cette forme de solidarité », s'est interrogé Abdou Abarry.
En marge de la rencontre, a été publié le rapport annuel de la Conférence de Munich sur la sécurité. Ce rapport a relevé le mécontentement des Africains à l’égard de l’Occident à cause de ce manque de solidarité envers le continent. On peut d’ailleurs légitimement s’interroger si ce mécontentement ne va se traduire par un soutien du continent à un ordre mondial dirigé par la Russie et la Chine.
Lors d'un panel consacré à la sécurité dans le Sahel, le chef de la diplomatie togolaise, le Pr. Robert Dussey, a fait savoir que le continent africain veut prendre ses responsabilités et faire les choses suivant ses priorités. Il s’agit bien de celui-là même, qui a séjourné plusieurs fois à Bamako pour rencontrer le président de la transition, Colonel Assimi Goïta, celui-ci ayant sollicité la médiation du Togo pour mettre fin au bras de fer diplomatique entre le Mali et la Côte d’Ivoire dans l’affaire des 49 militaires ivoiriens. Grâce à une parfaite compréhension entre l’envoyé spécial de Faure Gnassingbé et la partie malienne, les militaires ivoiriens arrêtés au Mali le 10 juillet 2022, ont pu être jugés puis graciés par le président Assimi Goïta et libérés le samedi 7 janvier, après six mois de détention.
Robert Dussey dans la peau d’Assimi Goïta
Le chef de la diplomatie togolaise, le Pr. Robert Dussey s’est exprimé à la Conférence de Munich, lors d’un panel, dans la peau d’Assimi Goïta, portant le message d’une Afrique souveraine, dont il faut respecter les choix stratégiques et le choix des partenaires opérés par les Etats, la prise en compte des intérêts vitaux du Peuple dans les décisions prises. « L’Afrique veut rester elle-même. L’Afrique veut rester libre de définir ses priorités. Nous sommes et restons toujours ouverts aux partenariats selon nos choix », a déclaré fermement le ministre togolais Pr. Robert Dussey, en présence du chef du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA), Abdou Abarry, le ministre des Affaires économiques de la Mauritanie, Ousmane Kane, la ministre allemande de la Coopération économique et le développement, Svenja Schulze. La conférence de Munich comme on peut l’imaginer est sans doute une tribune audible.
À Munich, le président ghanéen, Nana Akufo-Addo, a, de son côté, exhorté la communauté internationale à envoyer un message clair aux putschistes que les coups d'État n'ont jamais été et ne seront jamais des solutions durables aux problèmes politiques, économiques et sécuritaires en Afrique. En parlant de putschistes le président ghanéen n’a certainement pas oublié les politiques qui obstruent la volonté populaire par le brigandage des votes, et ceux qui s’adonnent au putschs constitutionnels. Les premiers comme les seconds ont des conséquences manifestement néfastes sur la stabilité politiques, économiques et sécuritaires dans nos États.
- Daou