jeudi 16 avril 2026
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Afri’actu : Mali-Burkina : pourquoi pas ?

Par Le Challenger 1,197 vues
Afri’actu : Mali-Burkina : pourquoi pas ?

Sur les instructions des Chefs d’Etat Assimi Goïta et Ibrahim Traoré, confie le PM du Faso, les deux Gouvernements œuvrent pour baliser le terrain en vue de  «réaliser les rêves des populations». A savoir : comment le Mali et le Burkina Faso peuvent poser les jalons pour fédérer les deux pays.

D’un côté comme de l’autre, on constate nettement la bonne disponibilité  d’y aller. Mais l’union (ou la fédération) entre les deux Etats voisins est-elle vraiment réalisable ? La réponse à cette interrogation est affirmative de notre point de vue.

Le 21 février 2023, les Premiers ministres Apollinaire Joachimson  Kyelem de Tambela et Choguel Kokalla Maïga ont co-présidé un Conseil des ministres conjoint Mali-Burkina Faso. A cette occasion, les deux Etats ont abordé des questions d’intérêt commun comme   les questions sécuritaires, la lutte contre le terrorisme, les questions humanitaires et les questions internationales. L’idée de fédération   au niveau étatique comme celui des peuples est plus que jamais présente.

Convaincu de sa réalisation, le PM du Faso va jusqu’à déclarer : «Les deux peuples sont déjà fédérés, ce sont les artifices administratifs et politiques qui les séparent».  Pour celui qui n’ignore pas que le Mali et le Burkina Faso partagent plus d’un millier de kms  de frontière, cette affirmation est loin d’être un slogan creux, encore moins de la communication politique. C’est bien une réalité, les populations transfrontalières des deux pays partageant TOUT  depuis des siècles : même communauté ethnique, linguistique, culturelle et historique. Dans leurs faits et gestes quotidiens, ils ignorent les frontières artificielles (héritées du colonisateur). Que reste-t-il donc pour formaliser l’union (ou la fédération) entre les deux Etats ?

Les populations  transfrontalières du Mali et du Faso ont en réalité  une même communauté de destin.  Une fédération des deux  Etats n’est pas impossible. C’est juste une simple question de volonté voire d’engagement des Autorités et des populations. Le processus pourrait être plus ou moins long.

Pour des formalistes, les deux pays qui connaissent un régime transitoire devraient attendre le retour de l’ordre constitutionnel. Ainsi de l’avis du constitutionnaliste burkinabé Wilfried Zoundi  les deux pays devront d’abord procéder à la modification de leurs Constitutions après avoir préalablement mis sur pied une commission d’experts. Laquelle travaillerait sur les questions techniques avant d’organiser des referendums. C’est ce long processus, s’il est concluant, qui mettra fin à la souveraineté des deux Etats et créera une capitale, une monnaie et un gouvernement unique aux deux Etats fédérés.

Osons donc espérer ce moment très heureux arrivé pour les populations transfrontalières du Mali et du Burkina Faso !

Gaoussou Madani Traoré

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Commentaires (1)

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F
Fanga 10020 il y a 3 ans

"D’un côté comme de l’autre, on constate nettement la bonne disponibilité d’y aller. Mais l’union (ou la fédération) entre les deux Etats voisins est-elle vraiment réalisable ? La réponse à cette interrogation est affirmative de notre point de vue." Oui, la réponse est affirmative ! Il faut effectivement aller à une forme d'union d'États entre le Mali, le Burkina-Faso et la Guinée ! J'ajoute à ce qui a été dit par monsieur Gaoussou Madani Traoré que l'idée de la création d'une fédération ou d'une confédération entre le Mali ses voisins est excellente, naturelle. Je suis convaincu que sa réalisation doit désormais être la priorité des combats politiques des jeunes générations d'Africains. D'ailleurs, cette idée politique de fédération et de confédération en Afrique de l'ouest n'est pas nouvelle. On sait que lors des indépendances, c'est sur cette idée que des dirigeants politiques africains étaient partis, avant que, du fait des manipulations de la France colonialiste, le Dahomey (Bénin) et la Haute-Volta (Burkina-Faso) en 1959 et le Sénégal en 1960 n'abandonnent le Mali en plein vol. Ensuite, toujours dans les années soixante, l'idée de fédération ou même de "fusion des États" refait surface chez des dirigeants politiques ouest-africains. On la retrouve, par exemple, chez le président Sékou Touré de la Guinée. En mars 1968, le président de la République du Mali, Modibo Keïta, a fait une visite officielle en République de Guinée. Durant cette visite, Sékou Touré a proposé publiquement, à Kankan (Haute-Guinée), dans un discours diffusé par radio Conakry, la ''fusion'' de la Guinée et du Mali. Par la fusion de ces deux pays africains, il s'agirait selon le président de la République de Guinée de constituer « une seule et même nation, un seul et même État ». Le président Sékou Touré a rappelé que la Guinée et le Mali avaient fait partie de l'empire du Mali dont l'ancienne capitale Nianing était située en Guinée. Sékou Touré a avancé dans ce même discours d'autres arguments en faveur de la fusion de la Guinée et du Mali, notamment l'argument de la demande sociale et populaire : « Nos peuples sont pour la suppression de toutes les frontières artificielles qui emprisonnent leur économie, compromettent leur expansion sociale et freinent leur évolution culturelle ». Quelques mois plus tard, après le changement de régime au Mali, concernant cette fois le Mali et le Burkina-Faso, a été signée à Bamako le 30 septembre 1969 la ''Convention d'établissement et de circulation des personnes entre la Haute-Volta et le Mali'' (publié dans le Journal Officiel de la République du Mali le 1er décembre 1969, pages 900-902, JO disponible en ligne sur le site du SGG Mali). Le contenu de cette Convention bilatérale, qui constitue un grand pas en direction de l'union des peuples ouest-africains, est très intéressant, particulièrement son préambule et ses premiers articles. C'est pourquoi ici j'en donne un résumé et publie quelques dispositions pertinentes de ce document. Convention d'établissement et de circulation des personnes entre la Haute-Volta et le Mali du 30 septembre 1969 Résumé de la Convention : Garantit entre autres, les libertés de conscience, de religion, d'opinion, la liberté syndicale. Fixe les modalités de circulation et de résidence dans chacun des pays (notamment la possession d'un titre de circulation) et prévoit le cas particulier des nomades. Précise les conditions de création d'un établissement à caractère industriel, commercial, agricole ou artisanal, les régimes afférents (selon la règle de non-discrimination entre nationaux et étrangers), et fixe les conditions de retour dans l'État d'origine et les règles relatives à l'expulsion. Prévoit que les nationaux de chacune des parties bénéficieront sur le territoire de l'autre de la législation du travail, des lois sociales et de la sécurité sociale dans les mêmes conditions que les nationaux de cette partie. Convention d'établissement et de circulation des personnes entre la Haute-Volta et le Mali du 30 septembre 1969 "Préambule Le Gouvernement de la République du Mali d'une part, Le Gouvernement de la République de Haute-Volta d'autre part, Conscients des impératifs historiques, moraux et matériels qui unissent les deux Etats, décidés à poursuivre leur œuvre en vue de la réalisation de l'Unité Africaine. Soucieux d'arrêter les principes selon lesquels les deux Etats entendent organiser, dans l'égalité complète et le respect de leur indépendance, les liens d'amitié qui servent l'intérêt réciproque du Mali et de la Haute-Volta et qui sont propres à encourager et à développer les rapports entre leurs peuples. Désireux d'assurer à leurs nationaux respectifs sur le territoire de l'autre Etat, un statut privilégié conforme aux rapports spécifiques entre les deux pays et déterminés à préserver et à renforcer la solidarité qui les unit, Sont convenus de ce qui suit : Art. 1er. - Les nationaux de chacune des parties contractantes jouissent sur le territoire de l'autre partie contractantes des libertés publiques dans les mêmes conditions que ses nationaux. Sont notamment garantis, conformément à la Déclaration Universelle des Droits de l'homme, le libre exercice des activités culturelles, religieuses, économiques, professionnelles, sociales, les libertés individuelles et publiques, telles que la liberté de pensée, de conscience, de religion et de culte, d'opinion et d'expression, de réunion et d'association et la liberté syndicale. Ces droits et libertés s'exercent conformément à la législation en vigueur sur le territoire de chacune des parties contractantes. Art. 2. - Pourvu qu'ils soient munis des pièces d'identité avec photo délivrés par l'autorité compétente de leur Etat, les ressortissants des deux parties contractantes circulent librement de part et d'autre de la frontière. Tout ressortissant d'une des parties contractantes peut entrer librement sur le territoire de l'autre Etat, y voyager, y établir sa résidence dans le lieu de son choix et en sortir sans être astreint à un visa ou à une autorisation quelconque de séjour. […] Ces dispositions ne portent pas atteinte au droit de chaque Etat de prendre les mesures nécessaires au maintien de l'ordre public, à la protection de la santé, de la moralité et de la sécurité publique."