Masra quitte l’arène politique en refusant sa participation aux élections législative.
Les élections législatives, locales et municipales au Tchad, prévues le 29 décembre prochain, sont considérées comme un événement très attendu pour les Tchadiens, car la dernière fois qu'ils ont voté aux élections législatives, c'était en 2011. Cependant des obstacles commencent à apparaître sur le chemin de cette transformation démocratique, représentés par l'abstention de 15 partis d'opposition de participer à ces élections, y compris le parti ''Transformateurs'' dirigé par l'ancien Premier ministre tchadien Succès Masra.
Il convient de noter que le processus de soumission des candidatures des différents partis débutera entre le 19 et le 28 octobre. Alors que les Tchadiens attendent avec impatience cette opportunité de choisir leurs représentants et de faire entendre leur voix pour le gouvernement, Masra a annoncé indirectement son refus de participer à ces élections, lors du Grand Congrès populaire des 4 et 5 octobre, trahissant ainsi la volonté du peuple tchadien et leurs partisans pour la troisième fois et les empêche de consolider la démocratie dans le pays، de contribuer à son développement et d'améliorer leurs conditions de vie.
Succès Masra a passé une année complète aux États-Unis ou il s’était enfui à la suite des événements du 20 octobre 2022. Avant de son retour au Tchad le 3 novembre 2023, le gouvernement de la République du Congo a joué le rôle de médiateur entre lui et le gouvernement Déby, de sorte que les deux parties ont signé un accord de réconciliation.
Malgré sa prétendue opposition au régime Déby, il a accepté le poste de Premier ministre du pays le 1er janvier. De plus, il a déclaré devant ses partisans réunis lors d'un rassemblement à N'Djamena un mois avant un référendum constitutionnel du 17 décembre dernier "Notre frère Mahamat Déby peut compter sur nous comme un allié du peuple. Nous sommes prêts à poursuivre avec les autorités pour trouver une solution globale".
Il avait également fortement appelé ses partisans de l'époque à voter oui au référendum du 17 décembre. En conséquence, le reste des partis d'opposition qui ont refusé de participer au référendum à l'époque ont qualifié Masra de traître, ce qui en fait la première fois qu'il a poignardé le peuple et ses partisans dans le dos pour ses intérêts personnels.
Mais il n'a pas fallu longtemps pour qu'il révèle ses ambitions. Après s'être présenté aux élections présidentielles, il a été plus critiqué de la part de l'opposition qui l'a décrit comme un opposant de façade, contribuant à donner une apparence démocratique au régime de Déby. Bien qu’il ait obtenu 18,53% des voix, se plaçant en deuxième position derrière Déby, il aurait dû continuer à exercer ses fonctions en tant que Premier ministre et d'économiste pour améliorer l'économie du pays. Pourtant, le 22 mai, il a démissionné de son poste, décevant à nouveau ses partisans et mettant un terme à leurs espoirs d'améliorer leurs conditions de vie et de parvenir à la démocratie souhaitée.
Dr. Manuel Godsin.