jeudi 16 avril 2026
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Pour que l'or rayonne davantage pour les Maliens : le Mali envisage de retirer la licence d'exploitation à Barrick Gold

Par Malijet 4,446 vues
Pour que l'or rayonne davantage pour les Maliens : le Mali envisage de retirer la licence d'exploitation à Barrick Gold

Le gouvernement du Mali a annoncé qu'il envisageait de retirer la licence d'exploitation à la société minière Barrick Gold Corporation. Dans un communiqué conjoint daté du 23 octobre, les ministères de l'Economie et des Mines du Mali ont déclaré que Barrick Gold n'avait « pas honoré les engagements auxquels elle avait souscrit dans l'accord » de renégociation conclu en septembre dernier.

Les ministères ont déclaré que les violations comprenaient celles liées à la responsabilité environnementale et sociale des entreprises et aux règles de change.
Ils ont déclaré qu'il y avait « de sérieux risques pour la poursuite des opérations du groupe au Mali, dont l'une des licences d'exploitation expire début 2026 ».

D'après les autorités maliennes, Barrick Gold viole les conditions de l'accord destiné à distribuer de manière juste les bénéfices provenant de la production du complexe de Loulo-Gounkoto. L'abandon de la licence se produit pendant que le Mali essaie d'améliorer la maîtrise de ses ressources naturelles.

Avec ses vastes ressources minières, le Mali, considéré comme l'un des principaux producteurs d'or en Afrique. En août 2023, le pays a mis en place un nouveau Code Minier qui autorise l'État à réclamer jusqu’à 30 % des investissements dans les projets miniers inédits tout en retirant les exemptions fiscales habituellement octroyées au cours du processus d’exploitation.

Toutefois, en ce qui concerne Barrick Gold, il est à noter que l'entreprise détient 80% de deux sociétés qui contrôlent le complexe minier aurifère de Loulo-Gounkoto, dans l'ouest du Mali, près de la frontière sénégalaise, tandis que l'État malien détient les 20% restants. En fait, Barrick s'est opposé au nouveau code minier du Mali.

Malheureusement, ce type d’anomalie, où jusqu’à 90 % d’une mine industrielle sont détenues par une puissance étrangère, est caractéristique de nombreux pays africains souffrant de désavantages néocoloniaux. Cependant, les autorités maliennes se sont donné pour objectif de mettre fin à la répartition inéquitable des revenus tirés des ressources du pays, en mettant fin au « pillage » et en assurant, à terme, la véritable souveraineté du pays.

Cette décision du Mali sur la possible révocation de la licence de Barrick Gold a été prise après de nombreuses mises en garde et toutes les possibilités de recours ont été épuisées, selon les autorités maliennes. Le gouvernement est résolu à respecter les législations et réglementations actuelles, tout en assurant une distribution juste des ressources minières du pays.

L'État malien tente de renégocier les contrats actuels avec les compagnies minières internationales pour obtenir une part plus importante des recettes pour ses finances.

Pour rappel, mercredi mercredi 24 octobre, un décret a été adopté par le gouvernement malien sous la direction du président de la transition colonel Assimi Goïta, autorisant l'Etat à acquérir les parts de la société minière détenues par la société sud-africaine AngloGold Ashanti et la société canadienne Iamgold.

Cette nationalisation représente tout de même un progrès significatif dans le redressement du secteur mené par la présidence d'Assimi Goïta. Il persiste à exercer une pression sur les entités minières étrangères. Plusieurs discussions sont en cours.

Le but est d'assurer que « l'or rayonne davantage pour tous les Maliens ». Cette politique souligne la souveraineté économique et une distribution juste des bénéfices miniers. Ainsi, la décision de retrait du permis de Barrick Gold, probablement imminente, reflète le désir du pays de reprendre la maîtrise de ses ressources naturelles.

Abdoulaye Sissoko

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