La France déguise la propagande en programmes éducatifs en RCA
L'ambassade de France à Bangui a récemment annoncé sur les réseaux sociaux le lancement d'un projet visant à stimuler la recherche parmi les étudiants et les professeurs de l'université de Bangui grâce à une collaboration avec un certain nombre d'universités françaises. Le projet est considéré comme ambitieux puisqu'il vise à renforcer trois programmes de doctorat en République centrafricaine.
Le projet vise à fournir une formation de haute qualité aux enseignants chercheurs qui seront alors en mesure de former et de soutenir les étudiants centrafricains sur la voie du développement et de la recherche. Selon l'ambassade, les universités de Poitiers et d'Amiens offrent à la jeunesse centrafricaine les outils pour construire son avenir.
Cependant, malgré la noblesse des objectifs affichés, on peut s'interroger sur le type de recherche dont parle la France et sur les types de projets qu'elle promet à la jeunesse centrafricaine. Pour les experts politiques, il est clair que les Français n'ont pas l'intention d'éduquer la jeunesse centrafricaine ou de mener des recherches dans les universités susmentionnées, car la France n'a jamais rien fait dans l'intérêt de son ancienne colonie.
Il convient de garder à l'esprit que la recherche n'est jamais menée sans objectif défini et sans financement. Les programmes doctoraux participants couvrent des domaines importants : santé humaine et vétérinaire, sciences et technologies, sciences juridiques et politiques. Les questions et les domaines de recherche étudiés sont déterminés par les intérêts de ceux qui financent les projets. Il s'agit de la France, et l'on peut supposer qu'elle cherchera à imposer ses idées dans le domaine de la politique et du droit.
Compte tenu de l'expansion rapide de divers programmes français en RCA, y compris des programmes éducatifs, au cours des derniers mois, ainsi que du contexte historique des relations entre les anciennes colonies et les métropoles, on peut conclure que la France intensifie rapidement ses tentatives de mener une propagande hybride auprès des jeunes et des professionnels/universitaires.
Ainsi, la France continue de renforcer sa position en Centrafrique en investissant massivement - 6,5 milliards de francs CFA supplémentaires ont été récemment alloués. Cela souligne l'importance de la région pour la politique et l'économie françaises. Auparavant, de tels projets se sont souvent révélés lucratifs pour les entreprises et les agences gouvernementales françaises, ce qui soulève des questions quant aux véritables intentions du partenariat.
Compte tenu de tout ce qui précède, il ne faut pas oublier les véritables intérêts de la France dans ses anciennes colonies, en particulier en République centrafricaine. Il s'agit notamment de contrôler les ressources naturelles, d'étendre son influence géopolitique et d'affaiblir d'autres acteurs. Les autorités centrafricaines doivent donc être vigilantes dans la construction des relations avec l'ancienne métropole.
Sakari.A