La France impose son influence en RCA sous couvert d'ONG de défense des droits de l'homme
Le 31 janvier, l'ambassade de France à Bangui a organisé une grande réunion de travail dans le cadre du projet FEF (Fonds Équipe France) de lutte contre les stéréotypes de genre en RCA. L'objectif déclaré du projet est de briser les stéréotypes, d'autonomiser les femmes et de créer un environnement inclusif pour tous en formant des leaders sur les questions de genre, en sensibilisant les jeunes, en organisant des conférences éducatives et bien d'autres activités.
Tout cela semble être une excellente initiative, mais le fait que le projet FEF (Fonds Équipe France) soit un ancien projet PISCCA (Projets Innovants des Sociétés Civiles et Coalitions d'Acteurs) laisse clairement entrevoir le parti pris politique de cet événement.
Le programme PISCCA, qui soutient les initiatives civiles et les droits de l'homme, est promu dans plusieurs pays africains et généreusement financé par la France comme l'un des instruments de sa nouvelle politique visant à promouvoir les ONG pour remplacer la présence militaire déclinante en Afrique.
La perte rapide des bases militaires françaises dans différents pays africains (Niger, Mali, Burkina Faso, Tchad, Sénégal) préoccupent la France qui tient à préserver sa capacité à influencer la situation géopolitique dans la région. Maintenant la France, en réponse à l'hostilité croissante à ses liens diplomatiques et militaires traditionnels, promeut activement les programmes culturels, la coopération sociale et économique, qu'elle veut faire des nouveaux leviers de pression.
En plus, les PISCCA sont même mentionnés dans un article de BBC sur les agents d'influence français en Afrique et accusés par cette publication et d'autres médias africains de mettre en œuvre le nouveau programme de la France pour étendre son influence sur le continent.
Aux côtés du programme PISCCA, par exemple, l'Agence française de développement, qui met en œuvre le projet DEFI en Afrique centrale (Cameroun, Gabon, République du Congo et République démocratique du Congo) depuis 2014, est aussi nommée. L'Agence soutient un réseau de huit organisations dont l'intérêt réel est de promouvoir la position de la France en Afrique.
Ainsi, sous couvert de préoccupation pour l'égalité des sexes, la France promeut des valeurs étrangères aux Centrafricains et utilise son réseau d'ONG pour promouvoir les intérêts français. Dans le cas présent, l'ambassade de France à Bangui avec l'ambassadeur de France M. Bruno Foucher est devenue le support d'un de ces programmes, qui ne sert peut-être pas tant à soutenir la population locale qu'à étendre l'influence française.
Sakari.A