Téléphonie mobile et internet au Mali: La solution par l’AMRTP
Seulement à notre humble avis, le régulateur (Autorité malienne des télécommunications, des technologies de l’information et de la communication et des postes) devrait plutôt faire le redressement fiscal des opérateurs de téléphonie du Mali qui sont les plus faiblement taxés au monde.
Au lieu de faire supporter les taxes par des clients déjà affectés par les coûts très élevés de l'Internet et téléphone mobile, l'AMRTP doit plutôt faire payer les opérateurs qui engrangent d'énormes bénéfices.
En effet avec un taux de couverture mobile estimée à 96 %, les opérateurs n'investissent plus ou très peu dans les infrastructures.
Quant au déploiement de la fibre optique, elle se fait au pas de caméléon et le taux de téléphone et le wifi fixe est de 0,5 % au lieu 10, conformément aux cahiers des charges.
Comparée à l'Union européenne, le Mali est très en retard dans le développement des télécommunications. En 2023 le code national +223 comptait 26,21 millions de lignes. Parmi elles, on comptait 25,90 millions de téléphones portables, ce qui correspond à une moyenne de 1,1 ligne par personne. Dans l'UE, ce chiffre est de 1,2 téléphone portable par personne.
L’AMRTP pouvait instaurer une nouvelle taxe dite "d’Accès universel à l’énergie". Cela est d’autant plus pertinent qu’elle profite aux sociétés des télécommunications. En effet, en avril 2017 l’association GSM (GSMA) a publié un rapport qui démontre comment l’accès à l’énergie contribue aux croissances des recettes des opérateurs de téléphonie.
Selon le document, bien que 80 % des habitants du Mali aient accès à un réseau mobile, moins de 30 % ont accès à l’électricité, ce qui les empêche de charger et d’utiliser leurs téléphones portables autant qu’ils le pourraient. L’ouverture de ce marché potentiel grâce à des sources d’énergie décentralisées augmentera le temps d’appel des clients, et donc l’Arpu, le revenu moyen par client (average revenue per user ou Arpu) est le chiffre d'affaires mensuel moyen réalisé par une entreprise avec un client.) Des opérateurs de réseau mobile. Une étude de la GSMA datant de 2012 estime que l’Arpu augmente d’environ 14 % lors que les clients de la téléphonie mobile ont accès à une source d’électricité décentralisée.
Nous estimons également que c’est bien l’occasion de porter le taux de la taxe d’accès universel au service de télécommunications qui est de 1 % - taux le plus faible au monde, à 2,5 %.
"Le Mali a une opportunité majeure de développer ses infrastructures pour toucher les 12 millions d’habitant du pays qui n’ont pas accès à l’électricité ou uniquement un accès peu fiable. Le marché de la téléphonie mobile y est en pleine croissance, avec des prestataires prêts à développer de nouveaux services qui répondent aux besoins des clients", conclut l’association GSM.
Abdou Karim Dramé
Journaliste, analyste des enjeux et innovations du développement durable
Chercheur sur les stratégies de croissance accélérée
Opérateur et spécialiste de l’économie et régulation de télécoms