ZLECAf : Enjeux et perspectives pour un marché africain préférentiel des produits manufacturés
Résumé exécutif
La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) représente une opportunité historique pour accélérer l’industrialisation du continent africain. En favorisant un marché commun de 1,4 milliard d’habitants et un PIB combiné d’environ 3 400 milliards USD, la ZLECAf permet de recentrer les politiques économiques sur la production locale, la transformation industrielle et l’intégration régionale. Toutefois, des disparités importantes entre pays risquent d’amplifier les déséquilibres si des mécanismes correcteurs ne sont pas mis en place.
1. Objectifs de la ZLECAf
La ZLECAf vise à : (i) réduire les droits de douane intra-africains ; (ii) harmoniser les règles d’origine ; (iii) développer les chaînes de valeur régionales ; (iv) créer un marché compétitif et attractif pour les investisseurs. Elle offre un levier pour la souveraineté économique africaine.
2. Enjeux d’un marché préférentiel manufacturier africain
La création d’un marché préférentiel pour les produits transformés localement vise à :
- Encourager la transformation locale des matières premières ;
- Réduire la dépendance aux produits manufacturés importés ;
- Créer des emplois et augmenter la valeur ajoutée ;
- Favoriser des chaînes de valeur industrielles africaines.
3. Défis structurels
Parmi les défis majeurs figurent la faiblesse des infrastructures logistiques, la disparité des niveaux d’industrialisation, les coûts de production élevés et la concurrence déséquilibrée au sein du continent. Sans mécanisme d’appui, les pays les moins avancés risquent de rester en marge.
4. Proposition : Fonds africain de convergence industrielle (FACI)
Afin de corriger ces déséquilibres, nous proposons la création d’un Fonds africain de convergence industrielle (FACI) alimenté par au moins 30 % des ressources générées par la ZLECAf. Ce fonds vise à financer des projets industriels, logistiques et technologiques dans les pays les moins industrialisés, favoriser leur intégration dans les chaînes de valeur africaines et accélérer la convergence économique régionale.
La dotation du fonds serait basée sur :
- Les recettes douanières non préférentielles ;
- Les contributions des États membres ;
- Le soutien des institutions financières régionales (BAD, Afreximbank).
Les critères de sélection incluraient : niveau de développement industriel, infrastructures disponibles, potentiel de transformation locale et intégration régionale.
H. Niang
Ancien Ministre