mercredi 15 avril 2026
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Tribune: Le droit international est-il encore universel ?

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Tribune: Le droit international est-il encore universel ?

Il est légitime aujourd’hui de se poser cette question essentielle : existe-t-il encore un droit international applicable à tous de manière équitable ? Ou assistons-nous à l’effondrement silencieux de ce qui fut autrefois présenté comme l’ossature morale et juridique de la communauté internationale ? Les faits récents nous amènent à douter profondément de l’universalité de ce droit.

Le comportement belliqueux et récurrent d’Israël, notamment dans les territoires palestiniens, en fournit une illustration inquiétante. Depuis des décennies, des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies sont ignorées sans conséquences. Des principes aussi fondamentaux que le respect des frontières reconnues, la protection des civils, ou l’interdiction de la colonisation sont violés de manière systématique. À chaque fois, c’est la « sécurité nationale » qui est invoquée comme justification. Mais jusqu’où peut-on étendre ce concept ? Peut-on au nom de sa propre sécurité, détruire celle des autres ? Peut-on prétendre se défendre en menant des opérations militaires qui dépassent de loin les exigences de la légitime défense, et qui visent à affaiblir durablement ceux que l’on considère comme des ennemis, y compris sur le territoire d’États souverains tiers ?

Le problème n’est pas uniquement dans les actes, mais dans l’impunité. Car derrière ces dérives, ce sont surtout les complicités ou les silences d’autres puissances qui interrogent. Certains pays, autoproclamés gardiens de la démocratie et de l’État de droit, n’hésitent pas à fermer les yeux, à bloquer des résolutions, ou même à justifier l’injustifiable, dès lors que cela sert leurs intérêts stratégiques. Ce double standard est une négation pure et simple de l’universalité du droit international.

Comment peut-on alors parler d’« ordre international fondé sur des règles », si ces règles ne sont applicables que lorsqu’elles servent les intérêts des plus forts ? Comment prétendre donner des leçons de démocratie à d’autres pays, quand on piétine allègrement la démocratie au niveau international en soutenant des injustices manifestes ?

Le monde a urgemment besoin d’un sursaut. Il nous faut bâtir un nouvel ordre mondial, fondé non pas sur la domination militaire ou économique, mais sur la coopération, la justice et le respect mutuel. Un ordre réellement multipolaire, où chaque État, petit ou grand, riche ou pauvre, ait une voix égale. Un ordre où la souveraineté des nations soit respectée, et où les règles s’appliquent à tous – sans exception.

Cela implique de démocratiser les relations internationales. Cela suppose une réforme profonde des institutions multilatérales, à commencer par l’ONU, dont la structure actuelle reflète un monde d’après 1945, désormais dépassé. Cela demande également que les peuples, à travers leurs intellectuels, leurs médias et leurs sociétés civiles, exigent que les principes d’humanité, d’équité et de droit soient placés au-dessus des calculs géopolitiques.

Car sans justice, il ne peut y avoir ni paix durable, ni sécurité véritable. La paix fondée sur la force est toujours une paix précaire. Seule la paix fondée sur le droit est pérenne.

Le monde n’a pas besoin d’un ordre imposé par la peur, mais d’un monde fondé sur l’humanisme, la solidarité entre les peuples et la responsabilité commune envers l’avenir de notre planète.

Il est temps d’élever la voix, de briser les silences complices, et d’œuvrer pour un monde plus juste.

      H. Niang 
Citoyen lambda

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