Reddition d'Ibrahim Boubacar, alias « Houbbel » : Entre espoir de paix et questions légitimes
L’annonce de la reddition d’Ibrahim Boubacar, surnommé « Houbbel », un chef terroriste redoutable du cercle d’Ansongo, ainsi que de ses complices aux Forces Armées Maliennes (FAMa) le samedi 28 juin, suscite de nombreuses réactions sur internet.
Selon les informations officielles de l’état-major malien, onze personnes se sont rendues avec leur équipement logistique. Une démarche qui s’inscrit parfaitement dans l’appel lancé par les autorités maliennes à l’endroit des groupes armés pour déposer les armes et ainsi encourager le retour de la paix, de la sécurité, du développement et de la cohésion sociale.
Au nom de la paix, c’est un pas important.
Cependant, des doutes persistent quant à savoir si cette reddition représente réellement une avancée significative dans la quête de paix, d’unité et de cohésion sociale au Mali. On peut légitimement se demander : « Pourquoi cela a-t-il pris tant de temps et dans quel contexte cela s’est-il produit ? » Un homme qui a causé tant de troubles dans cette région du Mali décide tout d’un coup de se livrer et de trahir ses alliés. N’y aurait-il pas un piège quelque part ? Comme le dit l’adage, il n’y a pas de fumée sans feu.
Dans sa déclaration, Houbbel a affirmé : « Je suis Malien, je ne peux pas rester avec ces gens-là, ils vivent dans le mensonge. »
Justice et transparence
La question du traitement judiciaire à réserver à un citoyen qui prend les armes contre son pays, sème la terreur, crée des veuves, des orphelins et des réfugiés, se pose avec insistance. Les actions qu’il a menées avec ses complices, et continue parfois de mener, ne relèvent en aucun cas de la religion, d’autant que toutes les religions condamnent la barbarie et la violence. Ibrahim Boubacar et ses compagnons doivent rendre des comptes pour leurs actes.
Le « repenti » a de nouveau déclaré : « Je suis Malien, je suis venu me rendre au Mali et je ne peux rester avec ces gens-là [l’EIGS]. »
Il est impératif de déterminer si cette reddition est motivée par la crainte des Forces Armées Maliennes ou si elle constitue réellement une réponse sincère à l’appel des autorités. Il est fort probable qu’Houbbel ne se soit pas livré aux FAMa par pure conviction, mais plutôt pour sauver sa peau. Dans un univers de type mafieux, lorsqu’une personne n’est plus alignée avec les objectifs du groupe, elle est souvent écartée. Il est probable qu’il ait rompu avec les « lois de la jungle » et qu’il soit désormais pourchassé par ses anciens complices. Dans ce cas de figure, se confier aux FAMa pourrait représenter l’option la plus sûre pour lui.
Cette reddition pourrait n’être qu’un écran de fumée, une stratégie pour préserver sa vie. Il est donc essentiel que les autorités concernées mènent des investigations approfondies sur son dossier et le traduisent en justice, afin de s’assurer que la vérité soit révélée et que justice soit rendue aux victimes de ses actions.
Wa Salam
N'Doh Tenan