samedi 21 février 2026
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Tribune : Le prix de la trahison pour les alliés indigènes en Afrique

Par Mali Tribune 2,916 vues
Tribune : Le prix de la trahison pour les alliés indigènes en Afrique

L'histoire, cette vieille dame au jugement sévère, offre un miroir implacable aux dirigeants africains tentés par l'alliance avec une puissance étrangère pour déstabiliser ou trahir leur propre nation.

De l'époque coloniale aux crises contemporaines, le schéma est tristement constant : l'allié local est un outil, jamais un partenaire permanent. Il reçoit peut-être des éloges éphémères, une petite fortune, ou un confortable exil parisien.

Mais lorsque l'objectif stratégique de la France est atteint, ou que l'allié devient un fardeau, l'abandon est inéluctable. Ce n'est pas une question de morale, mais de pure géopolitique de l'intérêt. Voici pourquoi ceux qui misent sur la bienveillance de l'ancienne puissance coloniale sont historiquement condamnés à l'amertume.

La leçon coloniale : Le destin des pions stratégiques

L'histoire de la conquête de l'Afrique de l'ouest à la fin du XIXe siècle est saturée d'exemples prouvant que l'alliance avec la France coloniale est un contrat à durée déterminée, révocable unilatéralement. Le cas de Mamadou Lamine Dramé et de ses "alliés" est l'archétype de cette fatalité.

 Ahmadou Tall et Moussa Molo Baldé

Ces figures puissantes ont initialement collaboré avec les Français pour éliminer un rival (Dramé) ou préserver un semblant de souveraineté. Une fois Dramé vaincu, leur utilité a cessé. Ahmadou Tall, le souverain de Ségou, a été chassé par ses anciens "amis" français et est mort en exil à Sokoto (sous domination britannique). Moussa Molo, roi du Fouladou, a également fini ses jours en exil en Gambie (sous domination britannique). La France n'a pas récompensé sa collaboration ; elle l'a remercié en le dépossédant.

 Le principe de l'épuisement de l'utilité

La France n'a jamais eu pour objectif de partager le pouvoir avec les chefs locaux, mais de les utiliser pour minimiser le coût humain et financier de sa conquête. Une fois le rival éliminé et le territoire pacifié, l'allié local, par nature indépendant, devient le prochain obstacle à la domination totale.

 L’exil : Une cage dorée à durée limitée

Aujourd'hui, le scénario a changé de forme, mais pas de fond. L'instrumentalisation passe par des réseaux d'influence, des soutiens politiques en coulisse, voire l'organisation de déstabilisations internes. L'attrait de l'allié contemporain est souvent une promesse d'impunité et de sécurité.


L'exil Parisien comme récompense

Ceux qui trahissent la confiance de leur peuple pour servir les intérêts stratégiques français reçoivent parfois un "petit privilège" : un train de vie agréable, une protection, une résidence à Paris ou sur la Côte d'Azur. C'est l'illusion de la "cage dorée".

 La double peine

Ce privilège est en réalité une double peine. L'allié perd toute légitimité politique dans son pays et se retrouve entièrement dépendant de son protecteur. Cet exil n'est pas une retraite honorifique ; c'est un moyen de neutralisation et de silence mis en place par la France.

Phase 1 : Soutien Actif : L'allié est utile pour déstabiliser (obtenir des ressources, signer des accords désavantageux, renverser un rival).

Phase 2 : Silence et surveillance : L'allié est mis au placard. Il ne doit plus parler, ni interférer. Sa présence en France est une garantie qu'il ne pourra pas rallier de nouvelle opposition dans son pays.

 La rupture inéluctable

L'histoire est claire : il y aura toujours un moment où la France lâchera son allié. Cette rupture est dictée par la seule logique de l'intérêt national français, qui est par nature volatile et révisable.

 Quand l'objectif est atteint

Si la France a obtenu ce qu'elle cherchait (un contrat minier, une base militaire, l'éviction d'un rival géopolitique), l'allié n'est plus qu'un poids mort ou une source de mauvaise publicité. Il est alors sacrifié au nom du "renouvellement de l'image" ou de la "nécessité de dialogue avec le peuple" du pays concerné.

 Quand l'allié est un échec

Si l'allié ne parvient pas à maintenir la stabilité après l'intervention française, ou s'il génère une opposition trop violente, il devient un passif. La France le désavoue publiquement, le présente comme responsable de l'échec, et cherche un nouveau partenaire plus malléable pour reprendre la main.

 La fin du pacte secret

La France se soumet avant tout à la pression de son propre électorat, aux changements de gouvernement, et aux impératifs des relations internationales. Face à un tollé général ou à une opportunité stratégique majeure, elle n'hésitera jamais à abandonner son ami pour défendre son propre intérêt.

Le message de l'histoire est un avertissement en lettres de sang : l'alliance avec la France pour trahir son propre pays mène invariablement à l'isolement, à la honte et à un exil où les privilèges ne sont que des chaînes dorées. Le véritable pouvoir et la vraie sécurité résident dans la légitimité populaire, jamais dans un pacte secret avec l'ancienne puissance coloniale.

A. K. Dramé

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Commentaires (10)

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P
Patrice SAPHO il y a 4 mois

De la classe, cet article! A éditer pour la postérité!

Anonyme il y a 4 mois

Foutaises !

K
Kaboré il y a 4 mois

Un certain Bachar Al-ASSAD est en train de méditer sur son "alliance" avec la Russie également ... La trahison de son peuple pour rester au pouvoir ne lui a pas servi. Avis aux amateurs et aux naïfs : On ne gagne jamais à être un laquais ! TOUTES les forces d'occupation étrangères doivent quitter l'AES !!!

A
Anonyme il y a 4 mois

Cher monsieur,je viens de remarquer que vous étiez un Dramé ,car je n'ai pas l'habitude de scruter l'identité des personnes. Je m'intéresse plutôt à ce qu'ils écrivent. C'est quand-même curieux que ton intervention ne parle que de la fin du dix-neuvième siècle ! N'êtes vous pas quelque peu partisan,dans cette lutte politicienne d'un Dramé face à la réunion d'un peul et d'un toucouleur ?

A
Anonyme il y a 4 mois

Votre analyse est très souvent incomplète. Il ne faut pas oublier que les manœuvres en politique,n'ont pas de nationalité. Pour preuve,la tambouille politicienne qui est d'actualité en France. Les africains n'ont pas eu besoin de conseillers venus d'Europe. Ce qui s'est passé,est une somme d'intrigues politicienne,qui a mal fini. Pourquoi ai-je dit que l'analyse n'est pas complète ? C'est qu'au delà de l'épisode précédent,les français étaient installés au Sénégal depuis le dix septième siècle ! Savez vous pourquoi n'ont -ils pas foncé sur notre territoire ? C'est que la route du fleuve Sénégal leur était coupée,par ces mêmes Toucouleur et Sarakolé ! Ces français qui ont pû envoyer des représentants aux Etats généraux en1789,furent bloqués,et empêchés de remonter le fleuve , jusqu'à nous. Quand on raconte l'histoire,il ne faut jamais s'arrêter à l'écume des choses !!!

W
Wassim Nasri il y a 4 mois

Introduction à la conclusion, un seul mot clé et essentiel : le même Schéma ! Oui un même schéma contre le Mali. Encore plus résilient ! Encore plus fort ! Et toujours un Mali debout ! Ça ne va jamais sans éveillé des jalousies, maliens, respirons le Mali en notre âmes à nous pour pouvoir savourer les goûts des trahisons vis à vis à ce pays Mali.

Anonyme il y a 4 mois

Fiche nous la paix et va apprendre à écrire, vaurien emmerdant !!!

Anonyme il y a 4 mois

Barre-toi, agent du FSB !!!

Anonyme il y a 4 mois

Vaurien,on écrit vis à vis "de "

Anonyme il y a 4 mois

Sans éveiller, vaurien !!!