samedi 21 février 2026
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Les soliloques d’Angèle: Epaves urbaines, un mal ignoré ?

Par Mali Tribune 1,109 vues
Les soliloques d’Angèle: Epaves urbaines, un mal ignoré ?

Dans de nombreuses villes du monde, les carcasses de voitures, de motos et d’engins abandonnés se multiplient et créent un vrai malaise dans nos quartiers. Notre pays n’y échappe pas. Longtemps perçu comme un problème marginal, ce phénomène est devenu un vrai défi urbain. Il suffit de marcher dans nos rues pour voir ces véhicules hors d’usage, posés comme des squelettes de métal sur les trottoirs, devant les immeubles, dans les garages de quartier ou sur des terrains vagues. Ce n’est plus seulement un signe de négligence : c’est un danger qui pèse directement sur la sécurité et la santé de la population.

Selon l’International Journal of Business Administration (Vol. 15, No. 1; 2024) ces épaves contiennent souvent des fluides toxiques, huiles usées, carburants, liquides de refroidissement, qui s’infiltrent dans le sol et polluent nos eaux. Elles attirent aussi moustiques et rongeurs, augmentant les risques d’épidémies dans les zones déjà très peuplées. À cela s’ajoute un sentiment d’insécurité grandissant. Au Nigeria, une étude publiée par ARC Journals (Volume 5, Issue 3, 2019, PP 41-51) a montré que certaines épaves servent même de caches pour des délinquants, créant de véritables “points chauds” criminels dans plusieurs villes.

Pourtant, ailleurs dans le monde, des solutions existent et ont déjà fait leurs preuves, tels que les primes à la casse ou pour remises d’épave (Corée du sud, Chine, Guadeloupe…). En Afrique du Sud, des plateformes citoyennes permettent de signaler une épave par simple photo, avec géolocalisation et suivi en temps réel, accélérant les opérations de retrait.

Pour les villes africaines, où le nombre de véhicules augmente rapidement et où les filières de recyclage restent limitées, le défi est de taille. Mais l’expérience internationale montre que le problème peut être résolu. En combinant règles claires, ramassage organisé, participation des citoyens et aménagement des espaces publics pour décourager les dépôts sauvages, il est possible de changer la donne. Ce n’est pas une fatalité : c’est une question de volonté collective.

Les épaves qui encombrent nos rues ne sont pas de simples objets abandonnés. Elles représentent une pollution qui s’installe, un danger qui grandit, un visage de la ville qui se dégrade. Mais partout où des actions fortes ont été menées, les résultats ont été visibles, rapides et certainement salutaires. Il y a toujours un “avant” et un “après”. Avant : des rues saturées de tôle rouillée, de désordre et d’insécurité. Après : des quartiers libérés, plus propres, plus sûrs, plus d’espaces verts agréables.

Reste une question simple : pourquoi pas chez nous aussi ?

Parce que c’est notre Mali.

Muriel Jules

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