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TRIBUNE/“Électricité au Mali : trois décisions majeures pour sortir enfin du cercle vicieux des délestages”

Par Malijet 2,231 vues
TRIBUNE/“Électricité au Mali : trois décisions majeures pour sortir enfin du cercle vicieux des délestages”
Introduction
 
Les Maliens vivent depuis des années au rythme des coupures de courant.
Les familles s’organisent autour des heures de délestage, les commerçants perdent des marchandises, les artisans voient leurs revenus diminuer, et les entreprises freinent leurs investissements.
 
Pourtant, la crise n’est pas une fatalité.
Le Mali peut en sortir en prenant trois décisions responsables, simples dans leur logique, mais fortes dans leurs effets.
 
1. Miser sur le solaire à petite et moyenne échelle : rapide, simple, créateur d’emplois
 
Lorsqu’on parle de solaire, on pense souvent à de très grandes centrales, longues à construire.
Ici, le choix est différent :
le Mali veut se concentrer sur le solaire à petite et moyenne échelle( kits scolaires)
 
Concrètement, cela veut dire :
•des mini-parcs solaires près des villes,
•des toits solaires sur les bâtiments publics et privés avec des kits solaires faciles à installer et moins chers ;
•des centrales solaires de taille moyenne facilement raccordables au réseau.
 
Pourquoi ce choix ?
•Parce que c’est plus rapide : en 3 à 12 mois, certains sites peuvent déjà produire de l’électricité.
•Parce que c’est plus simple : moins de grands travaux, moins de lignes très longues à construire.
•Parce que c’est plus réaliste dans la situation actuelle du pays.
 
Mais surtout :
 
Ce type de solaire crée des milliers d’emplois et forme une nouvelle génération de techniciens maliens.
 
Avec 150 MW de solaire à petite et moyenne échelle, on peut :
•créer 2 500 à 3 500 emplois directs et indirects (installation, maintenance, transport, supervision),
•mettre en place des formations courtes (3 à 6 mois) pour les jeunes en électricité et en solaire,
•renforcer les compétences nationales dans un secteur d’avenir.
 
Pour éviter de dépendre d’un seul fournisseur (ce qui serait dangereux pour un secteur aussi stratégique ) le programme sera divisé en deux lots, attribués à au moins deux producteurs différents.
 
En plus :
•chaque MW de solaire permet d’économiser entre 1,3 et 1,7 milliard de F CFA de carburant par an,
•à terme, les 150 MW solaires peuvent économiser 40 à 50 milliards de F CFA par an.
 
2. Ajuster légèrement les tarifs pour ceux qui peuvent payer plus
 
Aujourd’hui, EDM vend l’électricité en dessous de son coût réel.
C’est comme si une boutique vendait constamment à perte : elle ne peut pas survivre. L’état du Mali dans sa situation actuelle ne doit pas continuer à subventionner l’électricité pour les riches .
 
La proposition est claire :
•ne pas toucher à la tranche sociale, qui protège les ménages les plus modestes,
•mais appliquer une hausse d’au moins 10 % pour les autres tranches et les gros consommateurs( tous payent plus dans la situation actuelle avec le fonctionnement des groupes électrogènes)
 
Ce petit ajustement permettrait :
•d’apporter 18 à 25 milliards de F CFA de recettes supplémentaires par an,
•de réduire le déficit d’EDM,
•et, à terme, de mieux entretenir les installations pour diminuer les coupures.
 
Ce n’est pas une mesure de punition, mais une mesure de rationnelle et responsable :
on ne peut pas continuer à vendre l’électricité à perte en espérant que le système tienne.
 
3. Restructurer les 600 milliards de dette d’EDM pour repartir sur des bases saines
 
EDM traîne une dette d’environ 600 milliards de F CFA.
Tant que cette dette reste telle quelle, l’entreprise est étranglée et ne peut pas se redresser.
 
La solution est de :
•transférer cette dette à l’État,
•la refinancer sous forme d’un prêt à long terme auprès des bailleurs (25 à 30 ans, à taux très faible).
 
Résultat :
•au lieu de payer 50 à 60 milliards de F CFA par an,
•le service de la dette serait réduit à environ 10 à 12 milliards par an,
•ce qui libérerait 40 à 50 milliards de F CFA chaque année pour investir dans les réseaux, la maintenance et les nouvelles capacités.
 
Combien cela coûte-t-il, et comment financer ?
 
Pour :
•installer 150 MW de solaire à petite et moyenne échelle,
•moderniser les réseaux,
•restructurer la dette d’EDM,
 
le Mali devra mobiliser environ 780 à 830 milliards de F CFA sur 3 ans.
 
Trois pistes sont envisagées :
1.Les bailleurs de fonds internationaux, via des prêts concessionnels à long terme.
2.Une grande obligation “Énergie Mali 2040” destinée à la diaspora, pouvant mobiliser 150 à 200 milliards de F CFA.
3.Un mélange des deux, qui est la solution la plus solide : une partie par les bailleurs, une partie par la diaspora.
 
Conclusion : un choix rationnel pour un secteur énergétique moderne, plus performant et mieux adapté à nos réalités.
 
Avec :
•un solaire à petite et moyenne échelle, rapide, simple, créateur d’emplois et de compétences qui remplacent les groupes électrogènes;
•une réforme tarifaire limitée mais juste,
•une restructuration intelligente de la dette,
 
le Mali peut, en quelques années :
•réduire les délestages de 30 à 40 %,
•économiser 100 à 120 milliards de F CFA par an,
•et offrir à des milliers de jeunes des emplois utiles et qualifiés.
 
Ce programme n’est pas seulement une réforme du secteur électrique.
C’est une étape vers la stabilité et la maîtrise énergétique , le renforcement de l’attractivité du pays à l’investissement et la perspective d’un développement endogène et durable du Mali 
 
H. Niang
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Commentaires (1)

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Wassim Nasri il y a 2 mois

Mon bonjour au professeur, une éminence ! Bien qu'il soit un peu en décalage par rapport à une ou des solutions susceptibles de résoudre en partie et même peut être dans l'ensemble de ces récurrentes problèmes et crises énergétiques et d'électricité au Mali, plus particulièrement en Afrique. Prof, à savoir que vous avez été en charge des cours en la matière à L'ENI ( abdourahamane baba Touré) mais à savoir aussi qu'il y a un côté très très politique dans les problèmes de gestion et de fournitures électriques au Mali et en Afrique en général. Celà ne serait une quelconque propagande, mais une réalité élémentaire qu'on a voulu laisser le Mali toujours dans des situations de dépendances ( comme c'est le cas Mali) et que vous pouviez aller fouiné du côté de la Banque mondiale, du FMI, de la BAD, de la BOAD, de la BIDC, de la BID,du fond koweïtien, etc..... On peut continuer à en cité d'autres dizaines d'institutions financières internationales qui ont tous portés (ce chapeau de guerre) au nom de l'auto suffisance énergétique électronique au Mali et partout en Afrique. C'est une forme de néocolonialisme impérialiste voulue pour maintenir le Mali dans leurs " bottes" et chaque régime a eu à affronter les problèmes d'électricité à son époque et différemment ou selon la ligne politique suivie. Toutes ceux que vous énumérés ci-dessus comme pérennes ont déjà faites leurs expériences en terre africaine le Mali. Arrêtons de culpabiliser chaque fois cette seule et unique société de gestion et de fournitures d'électricité au Mali ( EDM SA) puisqu'elle tourne à fond déjà. À commencer à affaiblir l'edm depuis les évènements de 1991 et projeter une privatisation ( Oumar sall,délégation de gestion globale , nominations en vue de la privatisation " harouna Diakité Amadou Tandia " privatisation, groupe SAUR, UPS, l'état du Mali, Mali UpS, Mali, EDM, Somagep Somapep) quelle balkanisation ? À oui nous sommes et nous étions à la merci du blanc et de ses intérêts quotidiens. Prof vous avez oublié " L'AMADER" et sur toutes ceux que vous avez énumérés ci-dessus à savoir que L'AMADER en avait en charge et en a l'expérience. Le premier DG de L'AMADER fut Amadou Tandia et c'était bien taillé comme crèche pour fidélité au partie état ( ADEMA pasj) , et bien de l'électrification rurale à la cession des localités amader à l'edm. Des plateformes diesels et multifonctionnelles bio carburants, L'AMADER est devenue une poudre de perlimpinpin un leurre de la banque mondiale et le Mali endetté. L'AMADER et le " Sher" système hybride d'énergie renouvelable , des ouvrages sans maintenance, des installations et équipements à gestion libre, locative, particulier, on en sait plus. L'interconnexion Côte d'Ivoire - Mali n'en parlons pas : Sikasso --koutiala - Ségou, imaginez comme de postes en coupure d'artères pour : les zones cmdt Sikasso --koutiala, Bla - San bien qu'une dérivation de 63 kV pour markala - niono soit réalisé. L'interconnexion Côte d'Ivoire - Mali phase 2 : Sikasso - bougouni - sanakoroba - kodialani- dialakorobougou ( usine cmdt de koumantou où il était prévu un poste " comme volatilisé" et le poste de sanakoroba en stand-by depuis, la construction de la ligne d'injection " centrale solaire de sanakoroba et le poste de sincina à peu près 10km. Le projet Bamako boucle Sud en prévision sur la centrale solaire de Safo et le barrage de kénié , le départ en 2× 225 pour Ségou et le maillage du territoire national est assurée. Les pouvoirs, les régimes ont été le cheval Troie de la France et compagnie. L'état s'embourbe dans tout et rien n'a marché et l'ardoise est saturé. Au Mali le département le plus politique mais qui saute à nos yeux est celui du ministère de l'énergie, c'est un outil , une manivelle qui laisse des notes très très salés pour les générations futures et qui régresse savamment habillé par toutes les régimes de la très très grande démocratie malienne. Avec les nouvelles centrales solaires photovoltaïques, la construction et l'interconnexion des réseaux de transport d'électricité, les potentielles et les sources de production disponibles peuvent faire l'affaire du pays, la gestion c'est autre chose, retirer les délégations de pouvoirs au ministère de tutelle, que le ministère des Finances fasse engagé la société ou entreprise publique en charge de la gestion : production, transport, distribution, commerciale de l'énergie électrique dans des contrats de prêts et de bails et qu'il n'appartiendra plus à l'état du Mali d'être cette mère poule pour l'éternité et pour une entreprise publique à train de vie princière pour 0 lumière à part le levé du soleil pour nous éclairer par la grâce divine. Oui ! La gestion et les problèmes de L'EDM sont sous d'autres angles oui ! L'EDM l'intouchable l'EDM l'entreprise " Vatican" du Mali ! Oui l'ordre vient du Vatican ! Assimi trouve nous une solution à l'EDM ! L'électricité c'est une nécessité, loin d'être un luxe pour le malien lambda, l'EDM le plat le plus délicat de la transition. Vive la transition, vive le Mali Koura.