samedi 21 février 2026
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Les soliloques d’Angèle : Citernes brûlées, que dit l’assurance ?

Par Mali Tribune 1,567 vues
Les soliloques d’Angèle : Citernes brûlées, que dit l’assurance ?

La crise actuelle du carburant au Mali, marquée par des attaques répétées contre les citernes et les livraisons a mis en lumière l’ampleur des pertes économiques, le traumatisme logistique et les limites de la couverture assurantielle.

En effet, des centaines de camions-citernes ont été détruits dans ces attaques, entraînant un double choc : d’une part, une pénurie de carburant provoquant des files d’attente, une flambée des prix, et une paralysie partielle des activités quotidiennes ; d’autre part, des pertes pour les transporteurs, les compagnies pétrolières, les distributeurs ; qui voient leur capital matériel détruit, leurs revenus gelés, voire leurs chaînes logistiques rompues.

Dans ce contexte, quel est le rôle de l’assurance ? Le meilleur moyen de le savoir est de consulter le code CIMA (Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurance), à laquelle le Mali adhère, disponible sur le site sgg-mali.ml : Secrétariat Général du Gouvernement du Mali - CIMA. Le Code des assurances CIMA prévoit explicitement, à l’article 38, que les dommages résultant d’une guerre étrangère, d’une guerre civile, d’émeutes ou de mouvements populaires sont exclus de la garantie sauf convention contraire. Concrètement, cela signifie que les assureurs ne sont pas obligés de couvrir les pertes causées par des actes de guerre ou de violence collective, le cas des attaques de citernes par des groupes armés, tombe précisément dans cette catégorie.

Ainsi, sauf si un contrat particulier le prévoit, les pertes subies par les propriétaires de citernes ou les opérateurs de transport de carburant ne seront pas indemnisées. Cette situation expose les transporteurs, les entreprises pétrolières et leurs vendeurs à un risque économique total, sans filet de sécurité assurantiel.

La vrai question qui se pose est la suivante : Qui paiera les citernes brûlées ? « Le marché de l’assurance reste étonnamment silencieux face aux risques de guerre et de terrorisme : des produits existent, coûteux et confidentiels, réservés aux grandes entreprises, laissant les plus vulnérables sans filet », m’a confié un acteur économique.

Pour qu’une vraie couverture soit effective, il faudrait des produits d’assurance spécialisés “risques politiques”, “guerre”, “terrorisme”. Quelques assureurs internationaux le proposent tel qu’AXA XL. Ces produits sont bien souvent sous des conditions d’éligibilité drastiques, coûteux et confidentiels, réservés aux grandes entreprises, laissant les plus vulnérables sans filet .

L’Etat Malien a reconnu officiellement le rôle crucial joué par plusieurs entreprises et personnalités œuvrant dans le domaine des hydrocarbures ainsi que les défunts à la suite de ces attaquent, qu’ils reposent en paix. La création d’un fonds de garantie ou un mécanisme d’assurance publique pour les risques majeurs est une piste à explorer. Un plus grand pas pourrait être une réforme du code Cima pour couvrir ce type de situation, cela offrirait enfin une protection réelle et donnerait un nouveau souffle aux investisseurs et aux acteurs économiques de ces 14 états membres, le mali compris.

Parce que c’est notre Mali.

Muriel Jules

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