État de droit au Mali : Me Mountaga Tall dresse un bilan sans concession des dossiers judiciaires brûlants
Ce lundi 29 décembre 2025, l'ancien ministre et éminent avocat, Me Mountaga Tall, a utilisé la plateforme X (anciennement Twitter) pour faire un point exhaustif sur plusieurs procédures judiciaires majeures qui défraient la chronique au Mali. Entre blocages procéduraux et espoirs de libération, l'avocat a passé en revue les dossiers qui marquent cette fin d'année.
I. Poursuites contre des membres du CNT : L’indignation
Me Tall a exprimé sa vive préoccupation concernant la plainte déposée contre Biton M. Coulibaly et Moulaye Keïta, membres du Conseil National de la Transition (CNT), pour injures et menaces publiques. Alors que les avocats avaient sollicité une citation directe face à un blocage initial de la procédure, le tribunal a finalement annulé la poursuite. Un verdict qui a suscité une forte indignation dans le camp des plaignants. Me Tall a confirmé qu'un appel a été immédiatement interjeté pour contester cette décision.
II. Dossier Moussa Mara : Rendez-vous en janvier
Concernant l'ancien Premier ministre Moussa Mara, Me Tall a apporté des précisions sur la suite de la procédure après sa condamnation, qu'il juge « injuste ». Le dossier est désormais entre les mains de la Cour d'Appel de Bamako, qui examinera l'appel le 19 janvier 2026.
III. Dissolution des partis politiques
Sur la question sensible de la dissolution de certaines formations politiques, l'avocat a indiqué que le dossier est actuellement en attente de transmission à la Cour Constitutionnelle. Selon lui, il n'existe aucune possibilité de blocage légal à cette étape du processus, laissant la haute juridiction seule juge du destin de ces partis.
IV. Militaires radiés : Un vide juridique sur la détention ?
Me Tall a soulevé une interrogation juridique majeure concernant les militaires radiés des effectifs. Tout en précisant que la procédure suit son cours, il s'étonne que des individus désormais considérés comme civils continuent d'être maintenus dans des lieux de détention militaires. Une situation qui pose, selon lui, un problème de conformité avec les règles de procédure pénale.
V. Liberté réclamée pour Alpha Yaya Sangaré
Après 21 mois de détention qu'il décrit comme étant « sans mandat », une requête pour la mise en liberté d'Alpha Yaya Sangaré a été formellement déposée. Me Tall insiste sur l'urgence de régulariser cette situation au nom des libertés fondamentales.
Le rôle de l'avocat et la responsabilité de l'État
En conclusion de son intervention, Me Tall a tenu à clarifier les limites du rôle de l'avocat, précisant que celui-ci ne peut intervenir que dans le cadre de procédures judiciaires formelles. Il a rappelé que l'État porte la responsabilité première de la défense des droits de l'homme, y compris lors de poursuites contre des militaires.
« Le droit finira par prévaloir », a-t-il lancé, affichant une détermination intacte pour l'année 2026.
Zana/Malijet.com