14 Janvier 2026 : Entre commémoration officielle et amertume des pionniers.
Le Mali a célébré, ce 14 janvier l’An IV de la Journée Nationale de la Souveraineté Retrouvée. Si les cérémonies officielles battaient leur plein à travers le pays pour commémorer la grande mobilisation de 2022 contre les sanctions de la CEDEAO, Me Mountaga C. TALL exprime dans un tweet un sentiment de mélancolie, voire de désillusion qui, semble s'emparer de certains acteurs de la première heure.
Le paradoxe des pionniers
Selon Me Mountaga Tall, quatre ans après le sursaut patriotique, le constat de certains observateurs est sans appel : les visages qui ont porté, conçu et animé cette flamme souverainiste ne sont plus sous les projecteurs. Nombre d'entre eux sont aujourd'hui proscrits, écartés, ou réduits au silence.
« Les inspirateurs et animateurs principaux de la première journée sont aujourd’hui, pour la plupart, marginalisés ou au mieux spectateurs désillusionnés », souligne Me Tall.
Il a souligné que cette situation soulève une question de fond sur la pérennité de l'élan initial face aux réalités de l'exercice du pouvoir. La métaphore spirituelle est ici frappante : il ne suffit pas de connaître la « bonne sourate » (le discours souverainiste) pour atteindre l'objectif ; il faut aussi la méthode et la rigueur d'exécution (la « Adad » ou « Houdada »), sans quoi l'inefficacité s'installe.
Le Monument de l’Indépendance : Un symbole en attente
Il a déclaré que le vide entourant le Monument de l'Indépendance est devenu, pour certains, le symbole de cette déconnexion. Jadis épicentre des grandes mobilisations populaires, le lieu semble désormais attendre un nouveau souffle. Les critiques rappellent notamment que les partis politiques, qui souhaitaient y manifester le 9 mai 2025, en ont été empêchés, marquant une rupture dans la dynamique de communion nationale.
Un appel à une souveraineté « intégrale »
Au-delà de la symbolique politique, insiste l'Avocat, le souhait profond des populations en ce 14 janvier 2026, est que la souveraineté ne soit pas qu'un concept diplomatique, mais une réalité quotidienne. Pour beaucoup, la véritable souveraineté doit rimer avec :
-La cohésion nationale et une éthique retrouvées ;
-La sécurité effective sur l'ensemble du territoire ;
-Le pouvoir d'achat face à l'inflation ;
-L'accès aux services de base : électricité, carburant et justice.
En cette journée de célébration, le défi pour la Transition reste de transformer l'essai de la souveraineté politique en une souveraineté sociale et économique concrète, capable de réconcilier tous les Maliens autour d'un projet commun.
Zana/Malijet.com