dimanche 22 février 2026
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Malabo : un double sommet décevant

Par L'Indépendant 328 vues
Malabo : un double sommet décevant

Le 59ème anniversaire de la création, le 25 mai 1963, de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) devenue l’Union Africaine (UA) en 2002, devait être marqué par des actes forts dans le sens d’assurer le bien-être des populations et de promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité du continent. C’est dans cet esprit qu’a été initié le double sommet extraordinaire qui vient de se tenir à Malabo, capitale de la Guinée équatoriale. L’un, consacré aux crises humanitaires, spécifiquement l’insécurité alimentaire qui affecte globalement 395 millions de personnes, l’autre au terrorisme et aux changements inconstitutionnels de gouvernement, les nouveaux fléaux qui gangrènent l’Afrique et obèrent son développement.

 

Hélas, les fruits n’ont pas porté la promesse des fleurs, serions-nous tentés d’écrire puisque, sur un besoin de 14 milliards de dollars US nécessaires pour faire face aux urgences alimentaires et à la malnutrition, seuls 140 millions ont fait l’objet d’ annonces de la part des chefs d’Etat africains et des délégués de pays et organismes extérieurs. On est bien loin du compte et, à l’évidence, les plus hauts dirigeants africains ne sont pas prêts à assumer pleinement leur responsabilité, comptant davantage sur les traditionnels donateurs que sur les capacités propres à l’Afrique de se prendre en charge.

Concernant le terrorisme et les changements inconstitutionnels, la déclaration très attendue au regard de l’acuité de ces deux préoccupations n’est pas venue. L’ambassadeur équato-guinéen auprès de l’UA, Crisantos Obama Ondo a confié à un organe de presse que cette déclaration a bien été  » adoptée à huis clos » et qu’elle renferme  » une décision importante ». Le sort fait à ce document-s’il existe-et la façon dont le sommet sur ces deux thématiques s’est terminé-en queue de poisson-pourraient s’expliquer par l’absence de consensus entre les chefs d’Etat participants.

Le terrorisme divise non pas dans sa perception-elle est honnie par l’Afrique sous toutes ses latitudes-mais dans la célérité que requiert son traitement. Depuis 2004 l’UA s’est dotée d’une Force africaine en attente (FAA) en charge de faire face aux défis sécuritaires majeurs mais elle peine à être pleinement opérationnelle à ce jour. A cet égard le président de sa Commission, Moussa Faki Mahamat, a interpellé les chefs d’Etat en ces termes:  » La volonté politique fait défaut alors que nous avons les moyens et les hommes; les forces africaines comptent 2, 7 millions d’hommes, en mobiliser 1 à 2% et les doter de moyens nécessaires permettraient de réduire notre dépendance étrangère. » Voilà, en effet, la voie appropriée pour mettre un terme à la compétition entre l’Occident et la Russie dans la lutte contre l’hydre terroriste sur le sol africain.

S’agissant des changements inconstitutionnels de pouvoir, ils sont un autre sujet de division des participants. Le diplomate tchadien de rappeler que « les modifications de Constitutions aux fins de confiscation du pouvoir  » qualifiées de « coups d’Etat rampants « , « débouchant sur des coups d’Etat militaires et des révoltes, souvent avec un soutien manifestement populaire ».

De nombreux chefs d’Etat dans la salle, qui se sont offert un troisième mandat voire plus en révisant la loi fondamentale de leur pays ou s’apprêtent à le faire ne pouvaient signer la déclaration de Malabo attendue. Et donc ont préféré se retirer sur la pointe des pieds sans attendre une cérémonie de clôture devenue sans objet.

Saouti HAIDARA

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Commentaires (4)

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S
Sidibé il y a 3 ans

Merci Saouty

F
Fanga 10020 il y a 3 ans

"On est bien loin du compte et, à l’évidence, les plus hauts dirigeants africains ne sont pas prêts à assumer pleinement leur responsabilité, comptant davantage sur les traditionnels donateurs que sur les capacités propres à l’Afrique de se prendre en charge." "Malabo : un double sommet décevant" ! Titre Saouti qui est peut-être lui aussi déçu que le régime actuellement au pouvoir au Mali n'ait pas été durement condamné et sanctionné au niveau de l'Union africaine. En réalité, les organisations africaines d'intégration comme l'Union africaine et la CEDEAO sont en crise depuis longtemps. Elles le sont non du fait de changements de régime anticonstitutionnels ou de coups d'État principalement. Les Pères fondateurs de ces organisations n'ayant pas été des grands "démocrates" et très respectueux du "constitutionnalisme". Ces organisations africaines sont en crise parce qu'elles n'ont pas réussi à apporter aux peuples africains le développement et la stabilité promis dans les textes fondateurs et dans les discours politiques. Ces organisations africaines sont en crise aussi parce ce qu'elles ont trahi les idéaux politiques africains de lutte contre toutes les formes de néocolonisation du continent, particulièrement par les colons européens, jusqu'à la libération totale de l'Afrique. Les dirigeants africains, sous le couvert de démocratie, d'économie libérale de marché et d'aides publics en provenance de l'extérieur, y compris les aides européennes au budget de fonctionnement de l'UA et de la CEDEAO, ayant vendu leurs pays et leur continent aux étrangers. Les valeurs politiques et économiques typiquement africaines qui constituaient lors de leurs créations l'ADN de ces organisations continentales se sont émoussées. De nos jours, en réalité, c'est le chacun pour soi en Afrique. Chacun pour son intérêt personnel et pour l'intérêt de son pays. Je reste très inquiet de la position du PM Choguel Kokala Maïga et du PT Assimi Goïta qui n'ont pas compris qu'il faut rapatrier au Mali la part de souveraineté nationale qu'on a transférée à la CEDEAO et même à l'UEMOA et que les dirigeants francophones de ces organisations africaines sont malheureusement allées confier l'exercice à Maa-Kolon et aux dirigeants occidentaux. Le rapatriement de la souveraineté du Mali, c'est a minima la sortie de la CEDEAO. Pourra venir ensuite la sortie de l'UEMOA. Le Mali restera dans l'Union africaine qui est une organisation continentale généraliste, ainsi que dans toutes les autres organisations africaines sectorielles. Le Mali régira alors ses autres rapports commerciaux sur la base d'accords bilatéraux, en tenant grandement compte de l'intérêt supérieur du peuple malien. Un peu comme le fait très bien le gouvernement actuel de transition dans le contexte de la guerre économique que livre au pays la France et les chefs de tas ouest-africains. C'est dos au mur, en dehors du corset de la CEDEAO et de l'UEMOA, que chaque citoyen malien et chaque politicien malien sera contraint de donner le meilleur de lui-même.

S
Seydou il y a 3 ans

Depuis 30 ans, quel sommet de O.U.A ou U.A n'a pas été décevant ? Le président de la Guinée équatoriale , un vrai démocrate .Plus de 30 ans au pouvoir , sans partage.L'opposition au cimetière .son fils avec les meilleures voitures du monde en Suisse... Tant que la france et les USA ont du pétrole de ce pays N'guema fait de sont peuple ce qu'il veut. Le sort réservé aux migrants Maliens, Guinéens Sénégalais .....en Guinée équatoriale ....pas vraiment enviable. Et on parle de l'unité africaine?

D
Diawara il y a 3 ans

C'EST TOUJOURS DÉCEVANT LORSQUE DES HOMMES REFUSENT D'ASSUMER LEUR RESPONSABILITÉ CAR COMMENT COMPRENDRE QUE DES CHEFS DE TAS SE VOIENT INTIMER DES ORDRES VENANT DE L’IMPÉRIALISME ET EN CE QUI CONCERNE LEURS AFFAIRES INTÉRIEURES. C'EST L'EXEMPLE QUE ARCHANGE FAUSTIN TOUADERA ET HASSIMI GOITA ONT ADOPTE QU'IL FAUT POUR TOUS LES PAYS AFRICAINS. IL FAUT S'AFFIRMER ET DIRE NON NON ET NON LA OU IL FAUT POINT.