samedi 21 février 2026
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Entre Nous: A géométrie variable ?

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Entre Nous: A géométrie variable ?

Dans le communiqué de presse n°2 relatif à l’évolution des procédures judiciaires engagées pour l’annulation des textes portant dissolution des partis politiques au Mali et aux poursuites contre deux (2) membres du Conseil national de transition (Cnt), Me Mountaga Tall, au nom du Pool des avocats, a fait le point de la situation.
La procédure devant le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité, selon l’avocat « concerne deux membres du Conseil National de Transition (CNT), mis en cause pour des comportements violents, outrageants et injurieux lors des manifestations des 3 et 9 mai 2025, faits ayant provoqué une forte indignation publique. Conformément à la Constitution du 22 juillet 2023, les intéressés ne bénéficient d’aucune immunité et relèvent de la justice de droit commun.
Le dossier a été transmis au Parquet général, interface institutionnelle entre la justice et les pouvoirs publics. La décision de poursuivre ou non Biton Mamari Coulibaly et Moulaye Keïta relèvera d’une décision politique, qui influencera durablement la crédibilité du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité », précise-t-il.
Si l’on s’en tient aux informations relevées par Me Mountaga Tall, les deux membres du CNT ne peuvent pas être entendus par le Procureur en charge du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité ou par ses unités d’enquête sans une autorisation expresse de l’organe législatif de transition, qui statuera au préalable sur la levée de leur immunité parlementaire.
Comparaison n’est pas raison, dit-on. Dans ce même pays, d’autres membres du CNT n’ont pas bénéficié de ce privilège. Des poursuites à géométries variables ?
Vice-président du Conseil national de transition, Issa Kaou Djim a été interpellé par une unité de police judiciaire. Il a été présenté au Procureur de la République près le Tribunal de grande instance de la Commune IV qui l’a placé sous mandat de dépôt dans le cadre une procédure de « flagrant délit ». Il a fallu l’adoption d’une résolution du CNT pour que l’ancien Coordinateur général de la CMAS quitte sa cellule de la Maison centrale d’arrêt de Bamako où il séjournait pour « atteinte au crédit de l’Etat ».
Le cas du Commandant en chef de ‘’Yèrèwolo débout sur les remparts’’, Adama Diarra dit Ben Le Cerveau, est encore plus frappant. Membre du CNT, il a été interpellé par la Brigade d’investigations judiciaires au sortir d’une cérémonie d’anniversaire du décès d’Amadou Seydou Traoré dit Amadou Djicoroni. Deux ou trois jours auparavant, Ben Le Cerveau a participé à une émission radio au cours de laquelle il avait critiqué la gestion des affaires publiques avant d’appeler à la tenue des élections conformément aux engagements pris par les autorités de la transition.
L’abrogation de son décret de nomination en qualité du membre de l’organe législatif de transition est intervenue pendant sa période de détention.
Les arguments juridiques, qui ont servi de base pour l’arrestation de Issa Kaou Djim et d’Adama Diarra dit Ben Le Cerveau bénéficiant de l’immunité parlementaire, ne peuvent pas être utilisés contre les sieurs Biton Mamari Coulibaly et Moulaye Keïta.

Ainsi, va le Malikura !

Par Chiaka Doumbia

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