Justice : L'ARGASC valide son guide des saisies et des confiscations pour traquer les avoirs illicites
Une étape décisive vient d'être franchie dans la lutte contre l'impunité financière au Mali. Sous la présidence d'Ibrahima Berthé, représentant du Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, l’Hôtel Maeva Palace a accueilli ce jeudi l’ouverture de l’atelier de validation du Guide des saisies et des confiscations.
Cet événement s'est déroulé en présence d'Oumar Traoré, Directeur Général de l’Agence de Recouvrement et de Gestion des Avoirs Saisis ou Confisqués (ARGASC), et d'Olivier Tshibola, représentant du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).
Ce guide technique intègre les nouvelles dispositions du Code pénal malien. Sa principale innovation réside dans la confiscation sans condamnation pénale, un outil puissant pour neutraliser les réseaux criminels. Toutefois, comme l'ont souligné les intervenants, l'efficacité de cette mesure repose sur une compréhension commune et une application harmonisée par tous les acteurs de la chaîne judiciaire.
Pendant deux jours, magistrats, enquêteurs et experts vont s'approprier le contenu du document. L'objectif est double :
-Enrichir le guide à la lumière des réalités du terrain et des "bonnes pratiques".
-Adapter l'outil aux exigences spécifiques du système judiciaire malien pour en faire une véritable "boussole" opérationnelle.
Le Directeur Général de l'ARGASC a insisté sur le fait qu'il était impératif d'associer tous les acteurs à cette élaboration afin de garantir la fluidité de l'exécution des décisions de justice.
Au nom du PNUD, Olivier Tshibola a salué la qualité du partenariat avec le département de la Justice et l'engagement constant de l'ARGASC. Pour le gouvernement, le recouvrement des avoirs illicites n'est pas seulement une sanction : c'est un levier essentiel pour restaurer la confiance des citoyens dans l'action publique.
Rappel des missions de l'ARGASC : Créée en 2022, l'agence joue un rôle central dans la gestion, la valorisation et la restitution à l’État des biens issus d'activités criminelles. En frappant les délinquants au portefeuille, l'État malien réaffirme que "le crime ne paie plus".
A.T.Dansoko/Malijet.com