samedi 21 février 2026
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Edito : Quand la crise de carburant alterne avec le manque d’argent

Par L'Alternance 3,070 vues
Edito : Quand la crise de carburant alterne avec le manque d’argent

Il n’y a l’ombre d’aucun doute que de nombreuses stations-service étaient approvisionnées toute la semaine dernière en précieux liquide qu’est le carburant.

Les longues files d’attentes qui avaient pignon sur rue pendant des mois avaient drastiquement diminué pour ne pas dire disparu. En effet, l’honnêteté intellectuelle exige de nous de reconnaitre qu’il n’y avait véritablement pas de files d’attentes devant les stations-service en quête de carburant comme il nous a été donné de constater durant des semaines précédentes, voire des mois. Cette situation, il faut le rappeler, a annihilé les efforts de résilience, de sacrifices, pour se transformer en désespoirs voire en révolte, au fur et à mesure qu’elle perdure sans une once de solution. L’arbre ne devant pas cacher la forêt,  la question qui taraude les esprits est celle de savoir si l’absence de longues files d’attentes étaient plus due au fait que des nombreuses stations- services étaient approvisionnées en carburant ou à l’extrêmes pauvreté des maliens, qui semblent être à bout de souffle financièrement parlant.  L’on pourrait sans doute répondre par les deux hypothèses, car si le manque de files d’attentes devant les stations-services  pourrait s’expliquer par l’approvisionnement de nombreuses stations, il n’en demeure pas moins qu’elle est également due à l’extrême  pauvreté des maliens, qui ont à un moment donné, engagé tous les revenus pour s’approvisionner en carburant,  par peur de ne pas tomber en panne sèche. Ils se sont approvisionnés en quantité largement au dessus de leur moyen et se trouvent en manque des moyens financiers.

Pour rappel la pénurie de carburant a radicalement changé les habitudes des citoyens et a créé une certaine psychose, celle de ne pas tomber totalement  en panne sèche, toute chose   qui a poussé des usagers, qu’ils soient chauffeurs de taxi, de Minibus  ou encore des conducteurs des motos taxis sans oublier les usagers de véhicules des particuliers, à s’approvisionner au prix d’énormes sacrifices financiers. Ils sont presque tous allés  au-delà de leurs capacités financières, en s’approvisionnant en grande quantité et même en stockant du carburant pour pallier un éventuel manque de combustible indispensable pour le bon fonctionnement de la vie socioéconomique. Les stations affichent le plein du carburant, mais les usagers ne se bousculent plus devant elles car ils sont extrêmement pauvres et ne savent plus à quel saint se vouer. Si l’unanimité est faite autour de la disponibilité du carburant dans les stations –services, l’équation financière non résolue chez beaucoup de citoyens risque de remplacer la hantise du carburant à celle du manque d’argent. Donc il est un impératif absolu pour les autorités  de trouver des solutions à cette épineuse question qui pourrait avoir des conséquences incommensurables, car elle pourrait engendrer une crise sociale sans précédent.           

En effet, s’il faut sans nul doute saluer les efforts du gouvernement pour s’être battu afin d’améliorer les conditions  d’approvisionnement en carburant, des usagers, il faut tout de même s’inquiéter pour la paupérisation à grande échelle des maliens due à la crise multidimensionnelle, tant sécuritaire, que socio-économique. Donc, la situation actuelle,  loin de donner lieu à une grande réjouissance des citoyens, semble plutôt émousser les ardeurs et créer une hantise, car le manque de ressources financières fait peser sur les citoyens le lourd    poids de la pauvreté. Donc la desserte en carburant si elle a créé un sentiment de grande satisfaction elle ne semble pas donner les effets escomptés, ceux de voir les citoyens se mouvoir à la recherche de leur pain quotidien, car à côté de la présence du précieux combustible subsiste le manque d’argent. Cela se fait d’ailleurs remarquer sur la fluidité de la circulation. D’habitude quand il y a du carburant les bouchons sont visibles un peu partout au centre-ville comme à la périphérie, mais aujourd’hui, malgré l’approvisionnement des stations en carburant il n y a ni file d’attente, encore moins grande densité en circulation. La seule et unique explication à cette morosité est l’extrême pauvreté des maliens.

Youssouf Sissoko

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Commentaires (7)

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P
Patrice SAPHO il y a 3 semaines

Dieu soit loué! Félicitations à l'Etat! La conjoncture économique est tendue à travers le monde entier; donc, le Mali ne peut pas faire exception! Rappelez-vous M. SISSSOKO, l'Etat vient d'accorder 5 % d'augmentation sur la valeur indiciaire de tous les fonctionnaires de l'Etat, indépendamment du paiement de plus de deux cent milliards de dette publique; ce qui ne peut qu'avoir des répercussions positives sur l'économie nationale! Soyez objectif M. le journaliste!

Anonyme il y a 3 semaines

Ce n'est pas sûr que l'augmentation des salaires,ait un impact sur notre croissance. La plupart des produits de consommation courante sont importés !

A
Anonyme il y a 3 semaines

Obs a tout à fait raison : il que la vérité pour blesser les coupables !

O
Obs il y a 3 semaines

Les pièges des occidentaux et leurs complices internes sont déjoués...

Anonyme il y a 3 semaines

Les occidentaux ont d'autres chats à fouetter,que de s'amuser à enquiquiner de braves maliens. Arrêtez d'être paranoïaques, pensez plutôt à bien bosser !!!