jeudi 16 avril 2026
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La justice à double vitesse, cet autre danger de la démocratie!

Par Le Pélican 225 vues
La justice à double vitesse, cet autre danger de la démocratie!

 

Facteur de déstabilisation de la paix sociale, la justice à double vitesse est le second danger de la démocratie, le premier danger étant l’inobservation des lois par les pouvoirs publics. Les événements de la semaine dernière nous aurons beaucoup appris sur la tension qui règne dans le pays. Autant dire que la semaine fût riche en émotions. Les rapports de force, ou jeux d’intimidation, auxquels se sont livrés les pouvoirs publics et la société civile ont été très troublants.

D’abord, cette interpellation avortée, signe d’aveux de faiblesse ne rassure pas quand à l’existence d’une justice sociale et impartiale. Lorsque le détenteur de la prérogative puissance publique décide d’entendre un citoyen quelconque, la procédure doit être menée à son terme. Il ne s’agit pas de sanction mais de nécessité de maintenir une constance dans les décisions. Lorsque l’on convoque, même à tort, il faut entendre la personne convoquée, quitte à classer le dossier sans suite. Une convocation avortée, sous la pression, est un aveu de faiblesse.

Ensuite, la tentative d’intimidation avortée déstabilise la paix sociale. La démonstration de force a mis à jour la faiblesse de l’État face aux pouvoirs parallèles qui se sont autoproclamés avec la bénédiction des différents régimes qui se sont succédés. Nous venons donc de rater une belle occasion de réaffirmer l’autorité de l’État.

Par ailleurs, les faits reprochés, publiquement constatés, auraient dû motiver au moins une audition et peut être une mise en garde. Les incitations à la violence, aux antipodes d’une soi-disant désobéissance civile, sont des délits majeurs qui ne peuvent être appréciés en fonction de l’humeur de la masse. Une série de questions nous inquiète au plus haut point désormais!

Doit-on craindre cette justice à double vitesse ? Le citoyen se le demande et cela parce que nous n’avons pas tous la capacité de mobiliser des centaines et des milliers de supporteurs pour faire obstacle à notre convocation. Sommes-nous à l’abri du développement des pouvoirs parallèles à ceux reconnus par la Constitution ? La séparation des pouvoirs exécutif et judiciaire a-t-elle encore son sens?

La réflexion continue!

Dr Moussa Dougouné

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Commentaires (1)

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F
Fanga 10020 il y a 6 ans

Il faut effectivement être extrêmement inquiet à la vision de ce devient l'Etat du Mali. Progressivement, la Constitution du Mali et les lois nationales sont détricotées, vidées de leur substance. L'héritage politique des Pères fondateurs du Mali léguant une nation basée sur la citoyenneté et non sur l'ethnie et la religion, l'acquis de la révolution de 1991 dont notre Constitution actuelle et notre devise nationale ("un peuple - un but - une foi" (foi en l'avenir)) sont soigneusement vidés de leur substance. Sur fond de trahison à l'égard de l'héritage politique du Mali moderne, prospèrent des politiciens véreux, des rebelles séparatistes, des terroristes islamistes, des imams pompiers-pyromanes malhonnêtes, une présence de forces armées étrangères sur notre sol et un tissu social très fragilisé. Le Mali et les Maliens ont besoin de revenir à leur héritage politique dans lequel tous les citoyens sont égaux et traités par l'Etat comme tels, peu importe leur appartenance ethnique et religieuse. Les institutions de l'Etat doivent être renforcées considérablement pour les rendre très performantes et au service du peuple malien, particulièrement la justice, l'éducation et l'armée. Dans ce cadre, les imams et les religieux doivent être expulsés de l'espace politique. Ils n'ont pas à instrumentaliser les citoyens maliens d'une quelconque religion pour les utiliser abusivement en faisant du chantage aux hommes politiques au pouvoir. Ils n'ont pas non plus à se croire au dessus des lois de la République. Les gouvernants doivent dissuader et non encourager les religieux à penser que les lois de la République ne leur sont pas applicables.